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Évaluation finale · 12 études de cas

Évaluation transversale — reconstruire le raisonnement économique de zéro à expert

Cette évaluation ne cherche pas à vérifier si vous avez mémorisé des définitions. Elle vérifie si vous savez poser les unités, choisir une formule, effectuer le calcul, contrôler l’ordre de grandeur, interpréter le résultat et annoncer ce que le calcul ne prouve pas. Chaque dossier combine plusieurs cours du parcours. Les corrigés sont volontairement détaillés : ils montrent non seulement la réponse, mais aussi la méthode et les erreurs qui conduisent à une conclusion trompeuse.

Mode d’emploi et barème

Pour chaque mission, commencez sans ouvrir le corrigé. Écrivez les données avec leurs unités, la question exacte, la formule utilisée et les hypothèses. Une réponse numérique sans unité vaut au maximum la moitié des points du calcul. Une réponse qui confond corrélation et causalité, stock et flux, niveau et variation, ou résultat mécanique et prévision comportementale doit être corrigée avant de passer à la mission suivante.

0–39 %Reprendre Module 0 et les fondations.
40–64 %Bases acquises, raisonnement encore fragile.
65–84 %Autonomie solide sur les dossiers publics.
85–100 %Niveau avancé : calcul + critique + incertitude.

Barème conseillé : 10 points par mission, soit 120 points. Les quatre dimensions sont : 2 points pour les unités et conventions, 3 points pour le calcul, 3 points pour l’interprétation, 2 points pour les limites et le test de robustesse.

Mission 1 · 10 points

Énergie, carbone et coût social

Situation

Une installation de 2 MW fonctionne 3 000 heures dans l’année. Son facteur d’émission direct est de 0,40 tonne de CO₂e par MWh. Le coût privé annuel d’exploitation hors carbone est de 420 000 €. On retient, uniquement pour l’exercice, une valeur de 80 € par tonne de CO₂e. Le but n’est pas de décider d’une taxe optimale : il est d’apprendre à passer proprement d’une puissance à une énergie, puis d’une énergie à des émissions et enfin à un coût social simplifié.

Travail demandé

  1. Calculer l’énergie annuelle en MWh et expliquer pourquoi MW et MWh ne sont pas la même unité.
  2. Calculer les émissions annuelles en tonnes de CO₂e.
  3. Valoriser ces émissions à 80 €/tCO₂e.
  4. Calculer le coût social simplifié CS = CP + CE.
  5. Expliquer pourquoi 192 000 € de coût externe ne signifie pas automatiquement qu’une taxe de 192 000 € serait optimale.
Indice méthodologique

Commencez par écrire les unités et la convention. Isolez chaque opération sur une ligne. Faites ensuite un contrôle d’ordre de grandeur avant d’interpréter. Si la question demande une causalité ou une politique optimale, indiquez explicitement ce que le calcul seul ne permet pas d’établir.

Correction intégrale et raisonnement

Étape 1 — puissance vers énergie. La relation est E = P × t. Ici P = 2 MW et t = 3 000 h. Donc E = 2 × 3 000 = 6 000 MWh. Le MW mesure une puissance, c’est-à-dire un débit instantané d’énergie ; le MWh mesure une quantité d’énergie accumulée pendant une durée.

Étape 2 — émissions. Le facteur d’émission vaut 0,40 tCO₂e/MWh. On multiplie 6 000 MWh × 0,40 tCO₂e/MWh. L’unité MWh se simplifie et il reste des tonnes de CO₂e : 2 400 tCO₂e.

Étape 3 — valorisation. 2 400 t × 80 €/t = 192 000 €. Contrôle mental : 24 centaines de tonnes × 8 milliers d’euros par centaine conduit bien à un ordre de grandeur voisin de 200 000 €.

Étape 4 — coût social. CS = CP + CE = 420 000 + 192 000 = 612 000 €.

Limite. La valeur externe utilisée est une hypothèse de valorisation. Une politique réelle doit encore tenir compte des réactions de comportement, des autres polluants, des coûts de mesure, de la possibilité de substitution, des interactions avec les quotas ou normes existants et de la distribution des effets. Le calcul mesure un scénario ; il ne choisit pas à lui seul l’instrument public.

Mission 2 · 10 points

PIB, relance et multiplicateur

Situation

Une économie simplifiée présente, en milliards d’euros, C = 1 120, I = 260, G = 390, X = 310 et M = 360. Le gouvernement envisage d’augmenter G de 40. Un modèle pédagogique retient d’abord une propension marginale à consommer c = 0,75, puis un scénario plus prudent c = 0,55. Vous devez séparer l’identité comptable du PIB et la simulation du multiplicateur.

Travail demandé

  1. Calculer X − M puis Y = C + I + G + (X − M).
  2. Calculer le multiplicateur simple k = 1/(1−c) avec c = 0,75.
  3. Calculer l’effet théorique d’une hausse de G de 40 dans ce modèle.
  4. Recalculer avec c = 0,55.
  5. Expliquer pourquoi ni +160 ni +88,9 ne sont des prévisions certaines.
Indice méthodologique

Commencez par écrire les unités et la convention. Isolez chaque opération sur une ligne. Faites ensuite un contrôle d’ordre de grandeur avant d’interpréter. Si la question demande une causalité ou une politique optimale, indiquez explicitement ce que le calcul seul ne permet pas d’établir.

Correction intégrale et raisonnement

Identité du PIB. X − M = 310 − 360 = −50. Le commerce extérieur retire donc 50 au total dans cette présentation comptable. Y = 1 120 + 260 + 390 − 50 = 1 720 milliards d’euros. Cette égalité est une identité de dépense ; elle ne signifie pas que chaque composante est causalement indépendante des autres.

Multiplicateur avec c = 0,75. k = 1 ÷ (1 − 0,75) = 1 ÷ 0,25 = 4. Dans le modèle le plus simple, ΔY = k × ΔG = 4 × 40 = 160.

Scénario prudent. Avec c = 0,55, k = 1 ÷ 0,45 ≈ 2,22. L’effet calculé devient 2,22 × 40 ≈ 88,9.

Interprétation. Le résultat change fortement parce que l’hypothèse de comportement change. Dans une économie réelle, importations, impôts, capacités de production, réaction monétaire, anticipation des ménages, délais, financement et composition de la dépense réduisent ou modifient le mécanisme. La bonne conclusion n’est pas « la relance crée exactement 160 », mais « sous les hypothèses du modèle simple, l’effet est 160 ; un changement plausible de c le ramène à 88,9 ». C’est précisément le rôle d’un scénario de sensibilité.

Mission 3 · 10 points

Fiscalité : taux, assiette et incidence

Situation

Un prélèvement porte sur une assiette initiale de 2,0 milliards d’euros à un taux de 10 %. On envisage 12 %. Après adaptation des comportements, l’assiette serait 6 % plus faible que dans la situation initiale. Pour une seconde question, on suppose une élasticité d’offre de 0,5 et une élasticité-prix de demande de −1,5 en valeur absolue 1,5.

Travail demandé

  1. Calculer la recette initiale.
  2. Calculer la recette mécanique à 12 % si l’assiette ne bouge pas.
  3. Calculer la recette avec une assiette réduite de 6 %.
  4. Comparer le gain de recette au gain mécanique.
  5. Dans le modèle d’incidence simplifié, déterminer la part de la charge supportée par les demandeurs et les offreurs.
Indice méthodologique

Commencez par écrire les unités et la convention. Isolez chaque opération sur une ligne. Faites ensuite un contrôle d’ordre de grandeur avant d’interpréter. Si la question demande une causalité ou une politique optimale, indiquez explicitement ce que le calcul seul ne permet pas d’établir.

Correction intégrale et raisonnement

Recette initiale. R = t × B = 0,10 × 2 000 000 000 = 200 M€.

Calcul mécanique. Si B restait inchangée, R = 0,12 × 2 Md€ = 240 M€. Ce nombre n’intègre aucun comportement.

Assiette adaptée. Une baisse de 6 % donne B(t) = 2 Md€ × 0,94 = 1,88 Md€. La recette devient 0,12 × 1,88 Md€ = 225,6 M€. Le gain réel du scénario est donc 225,6 − 200 = 25,6 M€, et non 40 M€.

Incidence. Dans la formule pédagogique, la part supportée par la demande est Es/(Es + |Ed|) = 0,5/(0,5+1,5) = 25 %. La part supportée par l’offre est 1,5/2 = 75 %. Il ne faut donc pas confondre le contribuable légal avec celui qui supporte économiquement la charge après ajustement des prix et quantités.

Limites. Ces élasticités sont supposées constantes et le calcul ignore l’horizon temporel, la fraude, les substitutions entre assiettes, les effets de revenu et les interactions avec d’autres prélèvements. Le scénario sert à discipliner le raisonnement, pas à prétendre connaître une recette future au centime.

Mission 4 · 10 points

Emploi, assurance chômage et pauvreté

Situation

Une personne avait un salaire net de référence de 2 000 € par mois. Un exercice simplifié retient un taux de remplacement de 57 %. Cinquante mille personnes reçoivent cette allocation pendant six mois. Dans une région, 2,4 millions de personnes occupent un emploi sur 3,0 millions de personnes retenues dans la population de référence. Le niveau de vie médian de l’exercice vaut 2 000 € par mois et le seuil de pauvreté est fixé à 60 % de cette médiane.

Travail demandé

  1. Calculer l’allocation mensuelle simplifiée.
  2. Calculer le coût brut de six mois pour 50 000 bénéficiaires.
  3. Calculer le taux d’emploi régional.
  4. Calculer le seuil de pauvreté à 60 % de la médiane.
  5. Comparer allocation et seuil sans conclure abusivement sur la pauvreté réelle du ménage.
Indice méthodologique

Commencez par écrire les unités et la convention. Isolez chaque opération sur une ligne. Faites ensuite un contrôle d’ordre de grandeur avant d’interpréter. Si la question demande une causalité ou une politique optimale, indiquez explicitement ce que le calcul seul ne permet pas d’établir.

Correction intégrale et raisonnement

Taux de remplacement. TR = allocation ÷ salaire de référence × 100. En inversant : allocation = 0,57 × 2 000 = 1 140 €/mois.

Coût brut. 1 140 € × 6 mois = 6 840 € par bénéficiaire. Pour 50 000 personnes : 6 840 × 50 000 = 342 M€. Ce n’est pas un coût net pour les finances publiques : il faudrait retrancher ou ajouter cotisations, fiscalité, économies d’autres prestations et effets macroéconomiques éventuels.

Taux d’emploi. TE = 2,4 ÷ 3,0 × 100 = 80 %. Le dénominateur doit toujours être défini : changer de population de référence change le taux.

Seuil relatif. 60 % de 2 000 € = 0,60 × 2 000 = 1 200 €. L’allocation de 1 140 € est inférieure de 60 € à ce seuil individuel simplifié.

Limite distributive. On ne peut pas conclure qu’une personne est réellement « pauvre » à partir de cette seule comparaison. La pauvreté monétaire est généralement appréciée au niveau du ménage après prise en compte de sa composition et de ses ressources disponibles. Le bon réflexe est de distinguer le calcul d’un indicateur et l’état complet de la situation sociale.

Mission 5 · 10 points

Concentration, plateformes et IA

Situation

Un marché comprend quatre acteurs représentant 50 %, 30 %, 15 % et 5 % du marché. Une plateforme réalise 8 milliards d’euros de valeur brute de transactions et prélève une commission moyenne de 15 %. Dans une entreprise utilisatrice, un outil d’IA fait gagner cinq heures de travail par mois à une personne dont le coût horaire complet est estimé à 40 €. L’abonnement et les coûts d’intégration représentent 1 500 € par an.

Travail demandé

  1. Calculer le HHI.
  2. Interpréter le HHI sans le transformer en verdict automatique de concurrence.
  3. Calculer le revenu de plateforme correspondant à la commission.
  4. Calculer le gain économique net annuel de l’outil d’IA.
  5. Expliquer pourquoi le gain de tâches ne signifie pas automatiquement suppression d’un emploi.
Indice méthodologique

Commencez par écrire les unités et la convention. Isolez chaque opération sur une ligne. Faites ensuite un contrôle d’ordre de grandeur avant d’interpréter. Si la question demande une causalité ou une politique optimale, indiquez explicitement ce que le calcul seul ne permet pas d’établir.

Correction intégrale et raisonnement

HHI. On additionne les carrés des parts exprimées en points de pourcentage : 50² + 30² + 15² + 5² = 2 500 + 900 + 225 + 25 = 3 650. Le carré donne davantage de poids aux grandes parts ; c’est ce qui fait du HHI un indicateur de concentration.

Interprétation. Un HHI élevé attire l’attention, mais ne suffit pas à démontrer un abus de position dominante. Il faut définir correctement le marché pertinent, regarder l’entrée, les innovations, les capacités, la concurrence potentielle et les contraintes exercées par des produits substituables.

Plateforme. τ = revenu de plateforme ÷ valeur brute des transactions. Donc revenu = 0,15 × 8 Md€ = 1,2 Md€. Une commission moyenne ne dit pas comment elle est distribuée entre catégories de vendeurs ou de services.

IA. Cinq heures par mois × 40 €/h × 12 mois = 2 400 € de temps valorisé. GN = 2 400 − 1 500 = 900 € par an. Ce résultat suppose que les heures gagnées sont réellement réaffectées à une activité utile et que la qualité ne se dégrade pas.

Emploi. Une technologie agit d’abord sur des tâches. Un métier contient plusieurs tâches, dont certaines sont automatisées, d’autres accélérées, d’autres inchangées ou nouvelles. Passer directement de « cinq heures économisées » à « poste supprimé » confond productivité d’une tâche, organisation du travail et demande totale de production.

Mission 6 · 10 points

Commerce, change et spécialisation territoriale

Situation

Produire une unité de blé demande 2 heures et une unité de tissu 4 heures. Pour un exercice de change, E = 0,92 € par dollar, P* = 120 pour l’indice de prix étranger et P = 110 pour l’indice domestique. Dans une région, 12 % de l’emploi est dans un secteur qui représente 5 % de l’emploi national.

Travail demandé

  1. Calculer le coût d’opportunité d’un tissu en blé.
  2. Calculer le coût d’opportunité d’un blé en tissu.
  3. Calculer q = E × P* / P et rappeler la convention.
  4. Calculer le quotient de localisation.
  5. Expliquer pourquoi avantage comparatif, taux de change réel et spécialisation régionale répondent à trois questions différentes.
Indice méthodologique

Commencez par écrire les unités et la convention. Isolez chaque opération sur une ligne. Faites ensuite un contrôle d’ordre de grandeur avant d’interpréter. Si la question demande une causalité ou une politique optimale, indiquez explicitement ce que le calcul seul ne permet pas d’établir.

Correction intégrale et raisonnement

Coûts d’opportunité. Un tissu consomme 4 heures. En 4 heures, on aurait pu produire 4 ÷ 2 = 2 unités de blé. Donc CO(tissu en blé) = 2 blés. À l’inverse, un blé prend 2 heures, soit 2 ÷ 4 = 0,5 tissu. Cette convention explicite évite précisément l’inversion qui rendait l’ancienne formulation ambiguë.

Taux de change réel. Avec la convention annoncée, q = 0,92 × 120 ÷ 110 ≈ 1,004. L’unité de E et la définition des indices doivent être rappelées avant toute interprétation ; une cotation inverse ferait évoluer le nombre différemment.

Quotient de localisation. QL = 12 % ÷ 5 % = 2,4. Le secteur pèse donc 2,4 fois plus dans l’emploi régional que dans l’emploi national.

Trois questions. Le coût d’opportunité compare des renoncements productifs ; le taux de change réel compare des prix relatifs internationaux sous une convention donnée ; le quotient de localisation décrit la spécialisation relative d’un territoire. Les combiner peut enrichir un diagnostic industriel, mais aucun ne remplace les deux autres.

Mission 7 · 10 points

Finance, obligations, inflation et banque centrale

Situation

Un actif est acheté 100 €, revendu 104 € et verse 3 € de distribution. Un flux de 105 € sera reçu dans un an et le taux d’actualisation est 5 %. Le taux nominal est 4 % et l’inflation anticipée 2,5 %. Une banque centrale présente 500 milliards d’actifs et 480 milliards de passifs hors capitaux propres.

Travail demandé

  1. Calculer le rendement simple de l’actif.
  2. Calculer la valeur actuelle du flux de 105 €.
  3. Approximer le taux réel avec la relation de Fisher simplifiée.
  4. Calculer les capitaux propres par identité de bilan.
  5. Relier ces quatre calculs sans confondre rendement, actualisation, taux réel et bilan.
Indice méthodologique

Commencez par écrire les unités et la convention. Isolez chaque opération sur une ligne. Faites ensuite un contrôle d’ordre de grandeur avant d’interpréter. Si la question demande une causalité ou une politique optimale, indiquez explicitement ce que le calcul seul ne permet pas d’établir.

Correction intégrale et raisonnement

Rendement. R = (Vf − Vi + D) ÷ Vi = (104 − 100 + 3) ÷ 100 = 7 ÷ 100 = 7 %.

Valeur actuelle. VA = 105 ÷ (1 + 0,05) = 105 ÷ 1,05 = 100 €. Un euro futur vaut ici moins qu’un euro présent parce que le taux d’actualisation est positif.

Fisher simplifiée. i ≈ r + πᵉ, donc r ≈ 4 % − 2,5 % = 1,5 %. Pour de grands taux, la relation exacte multiplicative est préférable.

Bilan. Actifs = Passifs + Capitaux propres. Donc capitaux propres = 500 − 480 = 20 Md€. Cette identité comptable ne dit rien à elle seule de la politique monétaire optimale.

Synthèse. Le rendement mesure la performance d’un actif sur une période ; l’actualisation compare un flux futur à aujourd’hui ; le taux réel corrige approximativement le nominal de l’inflation anticipée ; le bilan décrit des stocks à une date donnée. Une analyse financière solide commence par ne pas mélanger ces quatre objets.

Mission 8 · 10 points

Croissance, innovation, démographie et retraites

Situation

Une économie produit 500 milliards d’euros avec 10 milliards d’heures travaillées. Une technologie est adoptée par 30 entreprises sur 50 éligibles. On compte 18 millions de personnes dépendantes au sens de l’exercice pour 30 millions d’actifs de référence. Une caisse simplifiée reçoit 120 milliards de cotisations et verse 135 milliards de pensions.

Travail demandé

  1. Calculer la productivité horaire.
  2. Calculer le taux d’adoption.
  3. Calculer le ratio de dépendance simplifié.
  4. Calculer le solde de la caisse.
  5. Expliquer comment productivité, adoption technologique, démographie et emploi peuvent interagir dans un diagnostic de retraites.
Indice méthodologique

Commencez par écrire les unités et la convention. Isolez chaque opération sur une ligne. Faites ensuite un contrôle d’ordre de grandeur avant d’interpréter. Si la question demande une causalité ou une politique optimale, indiquez explicitement ce que le calcul seul ne permet pas d’établir.

Correction intégrale et raisonnement

Productivité. PH = 500 Md€ ÷ 10 Md h = 50 €/h. Les milliards se simplifient : le résultat est une production par heure.

Adoption. TA = 30 ÷ 50 × 100 = 60 %. Ce taux ne mesure ni la qualité d’usage ni le gain de productivité réellement obtenu.

Dépendance. RD = 18 ÷ 30 × 100 = 60 %. Il faut préciser qui figure au numérateur et au dénominateur ; d’autres conventions démographiques donnent d’autres ratios.

Caisse. S = C − P = 120 − 135 = −15 Md€. C’est un déficit simplifié sur la période.

Raisonnement transversal. Une démographie moins favorable peut augmenter le nombre de pensions relativement aux cotisants. Mais le financement dépend aussi du taux d’emploi, des salaires et donc de la productivité. L’innovation peut relever la productivité, mais seulement si elle est adoptée, correctement intégrée et diffusée. Le bon diagnostic ne consiste donc pas à isoler un seul levier : il reconstruit l’équation de financement et teste plusieurs trajectoires.

Mission 9 · 10 points

Assurance santé et contrat incitatif

Situation

Un dommage de santé couvert coûterait 100 000 € et sa probabilité annuelle est 2 %. Pour un contrat de performance exprimé en milliers d’euros, un effort élevé donne une probabilité de succès de 0,8, un paiement de 120 en cas de succès, 60 sinon, et un coût d’effort de 20. Un effort faible donne une probabilité de succès de 0,6 et un coût d’effort de 5, avec les mêmes paiements.

Travail demandé

  1. Calculer la perte attendue simple.
  2. Calculer l’utilité monétaire simplifiée de l’effort élevé.
  3. Calculer celle de l’effort faible.
  4. Identifier l’effort choisi dans ce modèle.
  5. Proposer qualitativement une modification du contrat sans prétendre qu’elle est optimale dans tous les contextes.
Indice méthodologique

Commencez par écrire les unités et la convention. Isolez chaque opération sur une ligne. Faites ensuite un contrôle d’ordre de grandeur avant d’interpréter. Si la question demande une causalité ou une politique optimale, indiquez explicitement ce que le calcul seul ne permet pas d’établir.

Correction intégrale et raisonnement

Perte attendue. PE = p × L = 0,02 × 100 000 = 2 000 €. Cette espérance ne signifie pas que chaque assuré coûtera 2 000 € : elle représente une moyenne probabiliste sous les hypothèses du modèle.

Effort élevé. U(H) = 0,8 × 120 + 0,2 × 60 − 20 = 96 + 12 − 20 = 88, soit 88 milliers d’euros dans la convention de l’exercice.

Effort faible. U(L) = 0,6 × 120 + 0,4 × 60 − 5 = 72 + 24 − 5 = 91. Le contrat incite donc ici à choisir l’effort faible, puisque 91 > 88.

Interprétation principal-agent. Le paiement en cas de succès n’est pas assez différencié pour compenser le coût supplémentaire de l’effort élevé. Une piste serait d’augmenter l’écart entre rémunération en cas de succès et d’échec, à condition que le résultat soit suffisamment attribuable à l’effort et que le risque supporté par l’agent reste acceptable.

Limite. En santé, les résultats dépendent de caractéristiques des patients, d’aléas et de la qualité de mesure. Une incitation trop forte peut provoquer sélection des patients ou manipulation d’indicateurs. Le contrat doit donc articuler incitation, assurance et qualité.

Mission 10 · 10 points

Logement, transport et coût généralisé

Situation

Un logement est acheté 240 000 € et produit 12 000 € de loyers encaissés sur l’année avant charges. Un trajet A coûte directement 5 € et prend 45 minutes ; un trajet B coûte 8 € et prend 21 minutes. La valeur du temps retenue pour l’exercice est 18 €/h.

Travail demandé

  1. Calculer le rendement locatif brut effectif.
  2. Convertir 45 minutes et 21 minutes en heures.
  3. Calculer le coût généralisé CG = coût monétaire + VOT × temps pour chaque trajet.
  4. Identifier le trajet le moins coûteux dans cette convention.
  5. Expliquer pourquoi un investissement de transport peut modifier les prix du foncier et du logement.
Indice méthodologique

Commencez par écrire les unités et la convention. Isolez chaque opération sur une ligne. Faites ensuite un contrôle d’ordre de grandeur avant d’interpréter. Si la question demande une causalité ou une politique optimale, indiquez explicitement ce que le calcul seul ne permet pas d’établir.

Correction intégrale et raisonnement

Rendement brut. RB = 12 000 ÷ 240 000 × 100 = 5 %. Ce rendement est brut : charges, fiscalité, vacance, travaux et financement ne sont pas encore déduits.

Temps. 45 min = 45/60 = 0,75 h. 21 min = 21/60 = 0,35 h.

Coût généralisé A. CG_A = 5 + 18 × 0,75 = 5 + 13,5 = 18,50 €.

Coût généralisé B. CG_B = 8 + 18 × 0,35 = 8 + 6,3 = 14,30 €. Dans la convention retenue, B est donc moins coûteux malgré un prix monétaire supérieur.

Capitalisation spatiale. Une infrastructure qui réduit durablement le temps d’accès à l’emploi ou aux services peut rendre certaines localisations plus attractives. Une partie du gain peut alors se capitaliser dans les loyers ou prix fonciers. L’évaluation du projet doit donc distinguer gain de temps, distribution du gain, effets d’usage et évolution des valeurs foncières.

Mission 11 · 10 points

Agriculture, énergie et externalité

Situation

Une exploitation réalise une valeur de production de 300 000 € et supporte 210 000 € de coûts variables. Un équipement électrique de 150 kW fonctionne 1 200 heures dans l’année. L’électricité associée est supposée émettre 0,20 tCO₂e/MWh dans le scénario, avec une valeur de carbone de 80 €/tCO₂e.

Travail demandé

  1. Calculer la marge sur coûts variables.
  2. Convertir 150 kW en MW puis calculer l’énergie en MWh.
  3. Calculer les émissions associées.
  4. Valoriser l’externalité carbone.
  5. Expliquer pourquoi la marge agricole et le coût carbone doivent être comparés sans les confondre.
Indice méthodologique

Commencez par écrire les unités et la convention. Isolez chaque opération sur une ligne. Faites ensuite un contrôle d’ordre de grandeur avant d’interpréter. Si la question demande une causalité ou une politique optimale, indiquez explicitement ce que le calcul seul ne permet pas d’établir.

Correction intégrale et raisonnement

Marge sur coûts variables. MCV = 300 000 − 210 000 = 90 000 €. Cette marge doit encore couvrir des coûts fixes, le travail non inclus, le capital, les fermages éventuels et le risque.

Énergie. 150 kW = 0,150 MW. E = 0,150 × 1 200 = 180 MWh. L’erreur classique serait de multiplier 150 directement par 1 200 puis d’étiqueter le résultat MWh sans conversion, ce qui introduirait un facteur mille.

Émissions. 180 MWh × 0,20 tCO₂e/MWh = 36 tCO₂e.

Valorisation. 36 × 80 = 2 880 €.

Interprétation. Les 90 000 € décrivent une marge privée avant certains coûts fixes ; les 2 880 € décrivent une externalité valorisée sous une hypothèse carbone. Ajouter ou retrancher mécaniquement les deux nombres n’est pertinent que si l’on a défini le périmètre de coûts et l’objectif de l’analyse. Un diagnostic agricole doit également considérer volatilité des prix, rendement physique, assurance, contraintes de terre et d’eau et capacité d’investissement.

Mission 12 · 10 points

Évaluation causale et élasticité

Situation

Une politique est appliquée à un groupe traité. Son indicateur passe de 72 à 84. Dans un groupe de contrôle comparable, l’indicateur passe de 70 à 76. Dans une autre partie de l’analyse, une hausse de prix de 10 % est associée à une baisse de quantité de 8 %. Vous devez calculer puis expliquer ce que ces nombres autorisent — et n’autorisent pas — à conclure.

Travail demandé

  1. Calculer l’évolution du groupe traité et celle du contrôle.
  2. Calculer la différence de différences δ.
  3. Calculer l’élasticité-prix approximative.
  4. Énoncer l’hypothèse de tendances parallèles dans vos propres mots.
  5. Expliquer pourquoi une élasticité observée et un DiD ne sont crédibles que si le dessin d’étude et les données sont examinés.
Indice méthodologique

Commencez par écrire les unités et la convention. Isolez chaque opération sur une ligne. Faites ensuite un contrôle d’ordre de grandeur avant d’interpréter. Si la question demande une causalité ou une politique optimale, indiquez explicitement ce que le calcul seul ne permet pas d’établir.

Correction intégrale et raisonnement

Évolutions brutes. Le groupe traité progresse de 84 − 72 = 12 points. Le contrôle progresse de 76 − 70 = 6 points. Attribuer les 12 points à la politique serait ignorer la tendance commune.

Différences de différences. δ = 12 − 6 = 6 points. Le calcul retire l’évolution observée dans le groupe de contrôle. Ce 6 est un estimateur causal seulement sous des hypothèses crédibles.

Élasticité. ε ≈ −8 % ÷ +10 % = −0,8. Une hausse de prix de 1 % est associée, localement et dans cet exercice, à une baisse de quantité d’environ 0,8 %. Le signe négatif correspond au sens habituel d’une demande.

Tendances parallèles. Avant la politique, les deux groupes doivent présenter des trajectoires suffisamment comparables pour rendre plausible que, sans traitement, leur écart aurait continué à évoluer de manière similaire. On ne demande pas qu’ils aient exactement le même niveau, mais que leur dynamique contrefactuelle soit crédible.

Limites. Il faut rechercher anticipation du traitement, composition changeante des groupes, chocs spécifiques, erreurs de mesure, choix opportunistes de dates et variables confondantes. De même, une élasticité calculée à partir de deux variations peut refléter autre chose que le prix si d’autres déterminants de la demande ont changé. Le niveau expert consiste précisément à traiter le calcul comme le début du raisonnement, pas comme sa fin.

Grille finale d’auto-évaluation

Une copie réellement solide ne se reconnaît pas seulement au nombre de résultats justes. Elle doit montrer que vous savez distinguer identité comptable, hypothèse comportementale, relation de définition et estimation causale. Reprenez toute mission dans laquelle vous avez obtenu le bon nombre avec une mauvaise unité ou sans pouvoir expliquer ce que le résultat ne prouve pas.

  • Calcul : chaque opération est reproductible et les unités se simplifient correctement.
  • Interprétation : le résultat est traduit en phrase économique sans changer de concept.
  • Robustesse : au moins une hypothèse est testée ou discutée.
  • Causalité : un chiffre descriptif n’est jamais présenté automatiquement comme un effet.
  • Décision : une recommandation distingue mesure, objectif politique, distribution et incertitude.

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Deux ouvrages pour approfondir le redressement de la France

Pour prolonger « Les finances publiques, du premier euro reçu aux intérêts de la dette », ces deux ouvrages développent le chiffrage, la consolidation des économies, les coûts de transition et la trajectoire complète de redressement des finances publiques.

Couverture — IA : comment transformer la France

IA : comment transformer la France

Comment utiliser l’intelligence artificielle pour simplifier, accélérer et améliorer les services publics.

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