
Réforme de l’État — Plan de Rupture
Le dossier fondateur : finances publiques, structures, calendrier et mesures.
Voir le livre et la lecture gratuite →Cette évaluation ne cherche pas à vérifier si vous avez mémorisé des définitions. Elle vérifie si vous savez poser les unités, choisir une formule, effectuer le calcul, contrôler l’ordre de grandeur, interpréter le résultat et annoncer ce que le calcul ne prouve pas. Chaque dossier combine plusieurs cours du parcours. Les corrigés sont volontairement détaillés : ils montrent non seulement la réponse, mais aussi la méthode et les erreurs qui conduisent à une conclusion trompeuse.
Pour chaque mission, commencez sans ouvrir le corrigé. Écrivez les données avec leurs unités, la question exacte, la formule utilisée et les hypothèses. Une réponse numérique sans unité vaut au maximum la moitié des points du calcul. Une réponse qui confond corrélation et causalité, stock et flux, niveau et variation, ou résultat mécanique et prévision comportementale doit être corrigée avant de passer à la mission suivante.
Barème conseillé : 10 points par mission, soit 120 points. Les quatre dimensions sont : 2 points pour les unités et conventions, 3 points pour le calcul, 3 points pour l’interprétation, 2 points pour les limites et le test de robustesse.
Une installation de 2 MW fonctionne 3 000 heures dans l’année. Son facteur d’émission direct est de 0,40 tonne de CO₂e par MWh. Le coût privé annuel d’exploitation hors carbone est de 420 000 €. On retient, uniquement pour l’exercice, une valeur de 80 € par tonne de CO₂e. Le but n’est pas de décider d’une taxe optimale : il est d’apprendre à passer proprement d’une puissance à une énergie, puis d’une énergie à des émissions et enfin à un coût social simplifié.
Commencez par écrire les unités et la convention. Isolez chaque opération sur une ligne. Faites ensuite un contrôle d’ordre de grandeur avant d’interpréter. Si la question demande une causalité ou une politique optimale, indiquez explicitement ce que le calcul seul ne permet pas d’établir.
Étape 1 — puissance vers énergie. La relation est E = P × t. Ici P = 2 MW et t = 3 000 h. Donc E = 2 × 3 000 = 6 000 MWh. Le MW mesure une puissance, c’est-à-dire un débit instantané d’énergie ; le MWh mesure une quantité d’énergie accumulée pendant une durée.
Étape 2 — émissions. Le facteur d’émission vaut 0,40 tCO₂e/MWh. On multiplie 6 000 MWh × 0,40 tCO₂e/MWh. L’unité MWh se simplifie et il reste des tonnes de CO₂e : 2 400 tCO₂e.
Étape 3 — valorisation. 2 400 t × 80 €/t = 192 000 €. Contrôle mental : 24 centaines de tonnes × 8 milliers d’euros par centaine conduit bien à un ordre de grandeur voisin de 200 000 €.
Étape 4 — coût social. CS = CP + CE = 420 000 + 192 000 = 612 000 €.
Limite. La valeur externe utilisée est une hypothèse de valorisation. Une politique réelle doit encore tenir compte des réactions de comportement, des autres polluants, des coûts de mesure, de la possibilité de substitution, des interactions avec les quotas ou normes existants et de la distribution des effets. Le calcul mesure un scénario ; il ne choisit pas à lui seul l’instrument public.
Une économie simplifiée présente, en milliards d’euros, C = 1 120, I = 260, G = 390, X = 310 et M = 360. Le gouvernement envisage d’augmenter G de 40. Un modèle pédagogique retient d’abord une propension marginale à consommer c = 0,75, puis un scénario plus prudent c = 0,55. Vous devez séparer l’identité comptable du PIB et la simulation du multiplicateur.
Commencez par écrire les unités et la convention. Isolez chaque opération sur une ligne. Faites ensuite un contrôle d’ordre de grandeur avant d’interpréter. Si la question demande une causalité ou une politique optimale, indiquez explicitement ce que le calcul seul ne permet pas d’établir.
Identité du PIB. X − M = 310 − 360 = −50. Le commerce extérieur retire donc 50 au total dans cette présentation comptable. Y = 1 120 + 260 + 390 − 50 = 1 720 milliards d’euros. Cette égalité est une identité de dépense ; elle ne signifie pas que chaque composante est causalement indépendante des autres.
Multiplicateur avec c = 0,75. k = 1 ÷ (1 − 0,75) = 1 ÷ 0,25 = 4. Dans le modèle le plus simple, ΔY = k × ΔG = 4 × 40 = 160.
Scénario prudent. Avec c = 0,55, k = 1 ÷ 0,45 ≈ 2,22. L’effet calculé devient 2,22 × 40 ≈ 88,9.
Interprétation. Le résultat change fortement parce que l’hypothèse de comportement change. Dans une économie réelle, importations, impôts, capacités de production, réaction monétaire, anticipation des ménages, délais, financement et composition de la dépense réduisent ou modifient le mécanisme. La bonne conclusion n’est pas « la relance crée exactement 160 », mais « sous les hypothèses du modèle simple, l’effet est 160 ; un changement plausible de c le ramène à 88,9 ». C’est précisément le rôle d’un scénario de sensibilité.
Un prélèvement porte sur une assiette initiale de 2,0 milliards d’euros à un taux de 10 %. On envisage 12 %. Après adaptation des comportements, l’assiette serait 6 % plus faible que dans la situation initiale. Pour une seconde question, on suppose une élasticité d’offre de 0,5 et une élasticité-prix de demande de −1,5 en valeur absolue 1,5.
Commencez par écrire les unités et la convention. Isolez chaque opération sur une ligne. Faites ensuite un contrôle d’ordre de grandeur avant d’interpréter. Si la question demande une causalité ou une politique optimale, indiquez explicitement ce que le calcul seul ne permet pas d’établir.
Recette initiale. R = t × B = 0,10 × 2 000 000 000 = 200 M€.
Calcul mécanique. Si B restait inchangée, R = 0,12 × 2 Md€ = 240 M€. Ce nombre n’intègre aucun comportement.
Assiette adaptée. Une baisse de 6 % donne B(t) = 2 Md€ × 0,94 = 1,88 Md€. La recette devient 0,12 × 1,88 Md€ = 225,6 M€. Le gain réel du scénario est donc 225,6 − 200 = 25,6 M€, et non 40 M€.
Incidence. Dans la formule pédagogique, la part supportée par la demande est Es/(Es + |Ed|) = 0,5/(0,5+1,5) = 25 %. La part supportée par l’offre est 1,5/2 = 75 %. Il ne faut donc pas confondre le contribuable légal avec celui qui supporte économiquement la charge après ajustement des prix et quantités.
Limites. Ces élasticités sont supposées constantes et le calcul ignore l’horizon temporel, la fraude, les substitutions entre assiettes, les effets de revenu et les interactions avec d’autres prélèvements. Le scénario sert à discipliner le raisonnement, pas à prétendre connaître une recette future au centime.
Une personne avait un salaire net de référence de 2 000 € par mois. Un exercice simplifié retient un taux de remplacement de 57 %. Cinquante mille personnes reçoivent cette allocation pendant six mois. Dans une région, 2,4 millions de personnes occupent un emploi sur 3,0 millions de personnes retenues dans la population de référence. Le niveau de vie médian de l’exercice vaut 2 000 € par mois et le seuil de pauvreté est fixé à 60 % de cette médiane.
Commencez par écrire les unités et la convention. Isolez chaque opération sur une ligne. Faites ensuite un contrôle d’ordre de grandeur avant d’interpréter. Si la question demande une causalité ou une politique optimale, indiquez explicitement ce que le calcul seul ne permet pas d’établir.
Taux de remplacement. TR = allocation ÷ salaire de référence × 100. En inversant : allocation = 0,57 × 2 000 = 1 140 €/mois.
Coût brut. 1 140 € × 6 mois = 6 840 € par bénéficiaire. Pour 50 000 personnes : 6 840 × 50 000 = 342 M€. Ce n’est pas un coût net pour les finances publiques : il faudrait retrancher ou ajouter cotisations, fiscalité, économies d’autres prestations et effets macroéconomiques éventuels.
Taux d’emploi. TE = 2,4 ÷ 3,0 × 100 = 80 %. Le dénominateur doit toujours être défini : changer de population de référence change le taux.
Seuil relatif. 60 % de 2 000 € = 0,60 × 2 000 = 1 200 €. L’allocation de 1 140 € est inférieure de 60 € à ce seuil individuel simplifié.
Limite distributive. On ne peut pas conclure qu’une personne est réellement « pauvre » à partir de cette seule comparaison. La pauvreté monétaire est généralement appréciée au niveau du ménage après prise en compte de sa composition et de ses ressources disponibles. Le bon réflexe est de distinguer le calcul d’un indicateur et l’état complet de la situation sociale.
Un marché comprend quatre acteurs représentant 50 %, 30 %, 15 % et 5 % du marché. Une plateforme réalise 8 milliards d’euros de valeur brute de transactions et prélève une commission moyenne de 15 %. Dans une entreprise utilisatrice, un outil d’IA fait gagner cinq heures de travail par mois à une personne dont le coût horaire complet est estimé à 40 €. L’abonnement et les coûts d’intégration représentent 1 500 € par an.
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HHI. On additionne les carrés des parts exprimées en points de pourcentage : 50² + 30² + 15² + 5² = 2 500 + 900 + 225 + 25 = 3 650. Le carré donne davantage de poids aux grandes parts ; c’est ce qui fait du HHI un indicateur de concentration.
Interprétation. Un HHI élevé attire l’attention, mais ne suffit pas à démontrer un abus de position dominante. Il faut définir correctement le marché pertinent, regarder l’entrée, les innovations, les capacités, la concurrence potentielle et les contraintes exercées par des produits substituables.
Plateforme. τ = revenu de plateforme ÷ valeur brute des transactions. Donc revenu = 0,15 × 8 Md€ = 1,2 Md€. Une commission moyenne ne dit pas comment elle est distribuée entre catégories de vendeurs ou de services.
IA. Cinq heures par mois × 40 €/h × 12 mois = 2 400 € de temps valorisé. GN = 2 400 − 1 500 = 900 € par an. Ce résultat suppose que les heures gagnées sont réellement réaffectées à une activité utile et que la qualité ne se dégrade pas.
Emploi. Une technologie agit d’abord sur des tâches. Un métier contient plusieurs tâches, dont certaines sont automatisées, d’autres accélérées, d’autres inchangées ou nouvelles. Passer directement de « cinq heures économisées » à « poste supprimé » confond productivité d’une tâche, organisation du travail et demande totale de production.
Produire une unité de blé demande 2 heures et une unité de tissu 4 heures. Pour un exercice de change, E = 0,92 € par dollar, P* = 120 pour l’indice de prix étranger et P = 110 pour l’indice domestique. Dans une région, 12 % de l’emploi est dans un secteur qui représente 5 % de l’emploi national.
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Coûts d’opportunité. Un tissu consomme 4 heures. En 4 heures, on aurait pu produire 4 ÷ 2 = 2 unités de blé. Donc CO(tissu en blé) = 2 blés. À l’inverse, un blé prend 2 heures, soit 2 ÷ 4 = 0,5 tissu. Cette convention explicite évite précisément l’inversion qui rendait l’ancienne formulation ambiguë.
Taux de change réel. Avec la convention annoncée, q = 0,92 × 120 ÷ 110 ≈ 1,004. L’unité de E et la définition des indices doivent être rappelées avant toute interprétation ; une cotation inverse ferait évoluer le nombre différemment.
Quotient de localisation. QL = 12 % ÷ 5 % = 2,4. Le secteur pèse donc 2,4 fois plus dans l’emploi régional que dans l’emploi national.
Trois questions. Le coût d’opportunité compare des renoncements productifs ; le taux de change réel compare des prix relatifs internationaux sous une convention donnée ; le quotient de localisation décrit la spécialisation relative d’un territoire. Les combiner peut enrichir un diagnostic industriel, mais aucun ne remplace les deux autres.
Un actif est acheté 100 €, revendu 104 € et verse 3 € de distribution. Un flux de 105 € sera reçu dans un an et le taux d’actualisation est 5 %. Le taux nominal est 4 % et l’inflation anticipée 2,5 %. Une banque centrale présente 500 milliards d’actifs et 480 milliards de passifs hors capitaux propres.
Commencez par écrire les unités et la convention. Isolez chaque opération sur une ligne. Faites ensuite un contrôle d’ordre de grandeur avant d’interpréter. Si la question demande une causalité ou une politique optimale, indiquez explicitement ce que le calcul seul ne permet pas d’établir.
Rendement. R = (Vf − Vi + D) ÷ Vi = (104 − 100 + 3) ÷ 100 = 7 ÷ 100 = 7 %.
Valeur actuelle. VA = 105 ÷ (1 + 0,05) = 105 ÷ 1,05 = 100 €. Un euro futur vaut ici moins qu’un euro présent parce que le taux d’actualisation est positif.
Fisher simplifiée. i ≈ r + πᵉ, donc r ≈ 4 % − 2,5 % = 1,5 %. Pour de grands taux, la relation exacte multiplicative est préférable.
Bilan. Actifs = Passifs + Capitaux propres. Donc capitaux propres = 500 − 480 = 20 Md€. Cette identité comptable ne dit rien à elle seule de la politique monétaire optimale.
Synthèse. Le rendement mesure la performance d’un actif sur une période ; l’actualisation compare un flux futur à aujourd’hui ; le taux réel corrige approximativement le nominal de l’inflation anticipée ; le bilan décrit des stocks à une date donnée. Une analyse financière solide commence par ne pas mélanger ces quatre objets.
Une économie produit 500 milliards d’euros avec 10 milliards d’heures travaillées. Une technologie est adoptée par 30 entreprises sur 50 éligibles. On compte 18 millions de personnes dépendantes au sens de l’exercice pour 30 millions d’actifs de référence. Une caisse simplifiée reçoit 120 milliards de cotisations et verse 135 milliards de pensions.
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Productivité. PH = 500 Md€ ÷ 10 Md h = 50 €/h. Les milliards se simplifient : le résultat est une production par heure.
Adoption. TA = 30 ÷ 50 × 100 = 60 %. Ce taux ne mesure ni la qualité d’usage ni le gain de productivité réellement obtenu.
Dépendance. RD = 18 ÷ 30 × 100 = 60 %. Il faut préciser qui figure au numérateur et au dénominateur ; d’autres conventions démographiques donnent d’autres ratios.
Caisse. S = C − P = 120 − 135 = −15 Md€. C’est un déficit simplifié sur la période.
Raisonnement transversal. Une démographie moins favorable peut augmenter le nombre de pensions relativement aux cotisants. Mais le financement dépend aussi du taux d’emploi, des salaires et donc de la productivité. L’innovation peut relever la productivité, mais seulement si elle est adoptée, correctement intégrée et diffusée. Le bon diagnostic ne consiste donc pas à isoler un seul levier : il reconstruit l’équation de financement et teste plusieurs trajectoires.
Un dommage de santé couvert coûterait 100 000 € et sa probabilité annuelle est 2 %. Pour un contrat de performance exprimé en milliers d’euros, un effort élevé donne une probabilité de succès de 0,8, un paiement de 120 en cas de succès, 60 sinon, et un coût d’effort de 20. Un effort faible donne une probabilité de succès de 0,6 et un coût d’effort de 5, avec les mêmes paiements.
Commencez par écrire les unités et la convention. Isolez chaque opération sur une ligne. Faites ensuite un contrôle d’ordre de grandeur avant d’interpréter. Si la question demande une causalité ou une politique optimale, indiquez explicitement ce que le calcul seul ne permet pas d’établir.
Perte attendue. PE = p × L = 0,02 × 100 000 = 2 000 €. Cette espérance ne signifie pas que chaque assuré coûtera 2 000 € : elle représente une moyenne probabiliste sous les hypothèses du modèle.
Effort élevé. U(H) = 0,8 × 120 + 0,2 × 60 − 20 = 96 + 12 − 20 = 88, soit 88 milliers d’euros dans la convention de l’exercice.
Effort faible. U(L) = 0,6 × 120 + 0,4 × 60 − 5 = 72 + 24 − 5 = 91. Le contrat incite donc ici à choisir l’effort faible, puisque 91 > 88.
Interprétation principal-agent. Le paiement en cas de succès n’est pas assez différencié pour compenser le coût supplémentaire de l’effort élevé. Une piste serait d’augmenter l’écart entre rémunération en cas de succès et d’échec, à condition que le résultat soit suffisamment attribuable à l’effort et que le risque supporté par l’agent reste acceptable.
Limite. En santé, les résultats dépendent de caractéristiques des patients, d’aléas et de la qualité de mesure. Une incitation trop forte peut provoquer sélection des patients ou manipulation d’indicateurs. Le contrat doit donc articuler incitation, assurance et qualité.
Un logement est acheté 240 000 € et produit 12 000 € de loyers encaissés sur l’année avant charges. Un trajet A coûte directement 5 € et prend 45 minutes ; un trajet B coûte 8 € et prend 21 minutes. La valeur du temps retenue pour l’exercice est 18 €/h.
Commencez par écrire les unités et la convention. Isolez chaque opération sur une ligne. Faites ensuite un contrôle d’ordre de grandeur avant d’interpréter. Si la question demande une causalité ou une politique optimale, indiquez explicitement ce que le calcul seul ne permet pas d’établir.
Rendement brut. RB = 12 000 ÷ 240 000 × 100 = 5 %. Ce rendement est brut : charges, fiscalité, vacance, travaux et financement ne sont pas encore déduits.
Temps. 45 min = 45/60 = 0,75 h. 21 min = 21/60 = 0,35 h.
Coût généralisé A. CG_A = 5 + 18 × 0,75 = 5 + 13,5 = 18,50 €.
Coût généralisé B. CG_B = 8 + 18 × 0,35 = 8 + 6,3 = 14,30 €. Dans la convention retenue, B est donc moins coûteux malgré un prix monétaire supérieur.
Capitalisation spatiale. Une infrastructure qui réduit durablement le temps d’accès à l’emploi ou aux services peut rendre certaines localisations plus attractives. Une partie du gain peut alors se capitaliser dans les loyers ou prix fonciers. L’évaluation du projet doit donc distinguer gain de temps, distribution du gain, effets d’usage et évolution des valeurs foncières.
Une exploitation réalise une valeur de production de 300 000 € et supporte 210 000 € de coûts variables. Un équipement électrique de 150 kW fonctionne 1 200 heures dans l’année. L’électricité associée est supposée émettre 0,20 tCO₂e/MWh dans le scénario, avec une valeur de carbone de 80 €/tCO₂e.
Commencez par écrire les unités et la convention. Isolez chaque opération sur une ligne. Faites ensuite un contrôle d’ordre de grandeur avant d’interpréter. Si la question demande une causalité ou une politique optimale, indiquez explicitement ce que le calcul seul ne permet pas d’établir.
Marge sur coûts variables. MCV = 300 000 − 210 000 = 90 000 €. Cette marge doit encore couvrir des coûts fixes, le travail non inclus, le capital, les fermages éventuels et le risque.
Énergie. 150 kW = 0,150 MW. E = 0,150 × 1 200 = 180 MWh. L’erreur classique serait de multiplier 150 directement par 1 200 puis d’étiqueter le résultat MWh sans conversion, ce qui introduirait un facteur mille.
Émissions. 180 MWh × 0,20 tCO₂e/MWh = 36 tCO₂e.
Valorisation. 36 × 80 = 2 880 €.
Interprétation. Les 90 000 € décrivent une marge privée avant certains coûts fixes ; les 2 880 € décrivent une externalité valorisée sous une hypothèse carbone. Ajouter ou retrancher mécaniquement les deux nombres n’est pertinent que si l’on a défini le périmètre de coûts et l’objectif de l’analyse. Un diagnostic agricole doit également considérer volatilité des prix, rendement physique, assurance, contraintes de terre et d’eau et capacité d’investissement.
Une politique est appliquée à un groupe traité. Son indicateur passe de 72 à 84. Dans un groupe de contrôle comparable, l’indicateur passe de 70 à 76. Dans une autre partie de l’analyse, une hausse de prix de 10 % est associée à une baisse de quantité de 8 %. Vous devez calculer puis expliquer ce que ces nombres autorisent — et n’autorisent pas — à conclure.
Commencez par écrire les unités et la convention. Isolez chaque opération sur une ligne. Faites ensuite un contrôle d’ordre de grandeur avant d’interpréter. Si la question demande une causalité ou une politique optimale, indiquez explicitement ce que le calcul seul ne permet pas d’établir.
Évolutions brutes. Le groupe traité progresse de 84 − 72 = 12 points. Le contrôle progresse de 76 − 70 = 6 points. Attribuer les 12 points à la politique serait ignorer la tendance commune.
Différences de différences. δ = 12 − 6 = 6 points. Le calcul retire l’évolution observée dans le groupe de contrôle. Ce 6 est un estimateur causal seulement sous des hypothèses crédibles.
Élasticité. ε ≈ −8 % ÷ +10 % = −0,8. Une hausse de prix de 1 % est associée, localement et dans cet exercice, à une baisse de quantité d’environ 0,8 %. Le signe négatif correspond au sens habituel d’une demande.
Tendances parallèles. Avant la politique, les deux groupes doivent présenter des trajectoires suffisamment comparables pour rendre plausible que, sans traitement, leur écart aurait continué à évoluer de manière similaire. On ne demande pas qu’ils aient exactement le même niveau, mais que leur dynamique contrefactuelle soit crédible.
Limites. Il faut rechercher anticipation du traitement, composition changeante des groupes, chocs spécifiques, erreurs de mesure, choix opportunistes de dates et variables confondantes. De même, une élasticité calculée à partir de deux variations peut refléter autre chose que le prix si d’autres déterminants de la demande ont changé. Le niveau expert consiste précisément à traiter le calcul comme le début du raisonnement, pas comme sa fin.
Une copie réellement solide ne se reconnaît pas seulement au nombre de résultats justes. Elle doit montrer que vous savez distinguer identité comptable, hypothèse comportementale, relation de définition et estimation causale. Reprenez toute mission dans laquelle vous avez obtenu le bon nombre avec une mauvaise unité ou sans pouvoir expliquer ce que le résultat ne prouve pas.
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