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Mesure 115 / 155

09 — Souveraineté numérique et intelligence artificielle · Mesure 9.13 · 115 / 155

Plateforme publique de transparence : savoir où l’IA est utilisée et avec quels résultats

Publier un registre intelligible des systèmes, fournisseurs, coûts, évaluations, incidents et corrections sans exposer les données sensibles ni les secrets protégés.

Bible France · page canoniqueMise à jour : 12 août 2026Droit et données 2026 vérifiés
Schéma documentaire — Plateforme publique de transparence : savoir où l’IA est utilisée et avec quels résultats
Lecture visuelle de la mesure 9.13 : registre public des systèmes, fournisseurs, coûts, évaluations et incidents.

En 30 secondes

PourquoiUn citoyen ne devrait pas découvrir par hasard qu’une administration utilise un système d’IA dans une procédure qui le concerne. Les parlementaires ne devraient pas non plus reconstituer les projets à partir de marchés dispersés et de communiqués. La mesure 9.13 crée un registre public de transparence. Il ne s’agit pas
Effet financierPlateforme publique de transparence : chiffrage séparé entre coût, capacité et économie réellement matérialisée.
VéhiculeLoi ordinaire et décret
Statut des donnéesHypothèse documentée ou ordre de grandeur étayé
PilotePremier ministre / Numérique
PrincipeAucun gain théorique n’entre dans le total prudent sans dépense ou recette effectivement identifiable.

Pourquoi cette mesure ?

Un citoyen ne devrait pas découvrir par hasard qu’une administration utilise un système d’IA dans une procédure qui le concerne. Les parlementaires ne devraient pas non plus reconstituer les projets à partir de marchés dispersés et de communiqués. La mesure 9.13 crée un registre public de transparence. Il ne s’agit pas de publier les données personnelles, le code complet de chaque outil ou les paramètres de sécurité, mais de rendre visibles les éléments nécessaires au débat : finalité, responsable, technologie, fournisseur, coût, statut juridique, métriques, incidents et voies de recours.

État des lieux en 2026 : partir de ce qui existe vraiment

La France possède déjà des portails de données ouvertes et, depuis 2026, un portail des chartes IA dans l’administration. Plusieurs administrations publient leurs cadres d’usage. La réforme doit réutiliser ces briques au lieu de créer une plateforme isolée supplémentaire. Le registre IA doit aussi être alimenté par les indicateurs de 9.11 : une seule source de données produit les vues parlementaire, Cour des comptes et grand public. Cette conception répond directement à la doctrine du site : une information n’est pas recopiée dans trois systèmes qui divergent après six mois. [source]

Source au point d’usage : Portail des chartes IA ↗

Concevoir, financer et sécuriser la mise en œuvre

Architecture, fonctionnement et conditions techniques

Chaque système reçoit un identifiant. La fiche publique décrit la finalité, l’administration responsable, le fournisseur, la famille de modèle, l’hébergement, le niveau de risque, les données utilisées par grandes catégories, la présence de contrôle humain, les dates de déploiement, le budget et les indicateurs. Les informations sensibles disposent d’un niveau de publication réduit avec justification. Les mises à jour sont historisées afin qu’un système ne puisse pas effacer un incident ou un ancien fournisseur en remplaçant simplement sa fiche.

Démonstration financière : séparer coût, capacité et économie

La plateforme est un investissement de transparence, pas une économie autonome. Son coût doit rester faible en réutilisant les données déjà produites par les projets. Le poste principal est l’intégration des systèmes et la qualité des données, plus que le développement d’une interface. Une économie évoquée — par exemple une réduction du reporting manuel — n’entre dans le total que si son calcul séparé publie la base de référence, le temps réellement supprimé, le coût complet et la part effectivement matérialisée. Le registre peut toutefois éviter une dépense importante indirecte : la création de portails sectoriels parallèles. Ce coût évité n’est comptabilisé que si des projets prévus sont réellement fusionnés ou abandonnés.

Droit applicable et limites à ne pas franchir

La transparence doit être conciliée avec les secrets protégés : sécurité, défense, secret fiscal, médical, secret des affaires ou procédures en cours. Le RGPD interdit évidemment de transformer le registre en base de personnes concernées. Le cadre doit donc définir les informations minimales obligatoires et les exceptions motivées. Pour certaines décisions automatisées, des obligations d’information existent déjà ; le registre les complète mais ne remplace pas l’information individuelle adressée à la personne concernée.

Plans A, B et C : l’objectif survit au blocage d’une voie

Plan A

registre public national connecté au référentiel 9.11, avec obligation pour les projets significatifs.

Plan B

si l’intégration complète prend du temps, publier d’abord un catalogue des systèmes et fournisseurs puis ajouter coûts et métriques.

Plan C

lorsque certaines informations ne peuvent pas être publiques, publier l’existence du système, l’autorité responsable et la catégorie d’exception, tandis que les détails sont accessibles aux organes de contrôle. L’absence de publicité intégrale ne doit pas signifier absence de contrôle.

Risques, objections et garde-fous

Le risque est de produire un catalogue obsolète. La mise à jour doit donc provenir des systèmes de pilotage et non d’une campagne annuelle de saisie manuelle. Autre risque : la publication de détails techniques exploitables par un attaquant ; une politique de sécurité de publication est nécessaire. Enfin, une administration peut être tentée de ne pas qualifier un outil comme IA pour éviter le registre. Le périmètre doit être défini par la fonction et le type de système, pas par le marketing du fournisseur.

Indicateurs, audit et preuve de réussite

Indicateurs : taux de projets enregistrés ; délai de mise à jour ; fiches incomplètes ; incidents publiés ; consultations du registre ; corrections ; fournisseurs et concentration ; coûts cumulés ; projets sans évaluation ; projets avec contrôle humain ; exceptions de publication. Le registre doit offrir un export machine afin que journalistes, chercheurs et parlementaires puissent analyser les tendances sans copier manuellement les pages.

Définir précisément ce qui doit être public pour chaque système

La fiche publique doit au minimum indiquer la finalité, l’administration responsable, le statut du système, la famille de technologie, le fournisseur principal, le type d’hébergement, les grandes catégories de données, la présence d’une intervention humaine, le coût connu, les dates, les indicateurs et les voies de recours lorsqu’elles existent. Les informations techniques dont la publication créerait un risque peuvent être omises avec une catégorie de justification.

Cette liste minimale évite que chaque administration publie une charte incomparable. Elle permet au citoyen de comprendre si un système le concerne et au Parlement de comparer les dépenses. Les champs sont structurés afin que le registre puisse être téléchargé et analysé sans extraction manuelle de centaines de pages HTML.

Réutiliser les données existantes plutôt que créer un nouveau formulaire annuel

Les projets disposent déjà d’informations dans les systèmes d’achat, de pilotage, de sécurité et de protection des données. Le registre doit les agréger autant que possible. Le responsable complète seulement les informations manquantes ou valide celles qui seront publiques. Les changements de version, fournisseur ou coût sont historisés automatiquement.

Cette conception réduit la charge et améliore l’actualité. Un registre alimenté une fois par an par un questionnaire manuel deviendrait rapidement obsolète et créerait précisément la bureaucratie que la réforme veut supprimer. La source technique de 9.11 peut alimenter plusieurs vues : une vue publique synthétique, une vue parlementaire plus détaillée et une vue d’audit. Une donnée n’est donc produite qu’une fois puis gouvernée selon les droits d’accès.

Publier les incidents de manière proportionnée

Un incident significatif doit apparaître dans le registre avec date, nature générale, conséquences, mesures correctives et statut. Il ne s’agit pas de publier des détails permettant de reproduire une attaque ni des données personnelles. Les incidents mineurs peuvent être agrégés.

Les critères de significativité sont définis afin d’éviter que seules les administrations les plus transparentes semblent avoir des problèmes. La publication montre aussi les corrections, ce qui transforme le registre en outil d’apprentissage plutôt qu’en tableau de honte. Les organes de contrôle accèdent à davantage de détails lorsque la loi le permet. Cette politique aide à mesurer la maturité : un système sans incident déclaré peut être excellent, ou simplement ne pas disposer d’un mécanisme sérieux de détection et de remontée.

Rendre visibles les coûts sans confondre contrat et coût complet

La fiche doit distinguer montant du marché, dépenses d’infrastructure, coût de développement interne et coûts de fonctionnement lorsqu’ils sont disponibles. Un grand contrat multi-services ne doit pas être attribué intégralement à un seul outil. À l’inverse, déclarer zéro coût parce que le projet utilise des agents existants masque la mobilisation de ressources.

La méthode peut donc publier une fourchette ou une ventilation avec niveau de confiance. Les économies annoncées sont affichées séparément avec leur méthode de preuve. Cette transparence permet de comparer les choix techniques et d’identifier les concentrations de fournisseurs, sans créer une fausse précision comptable. Elle facilite aussi l’audit des doubles comptes entre les différentes mesures du Plan.

Relier le registre à une vraie capacité de correction citoyenne et parlementaire

Chaque fiche doit indiquer un contact ou une procédure de signalement d’erreur. Un chercheur peut repérer un fournisseur mal identifié ; un agent peut constater qu’une fiche n’est plus à jour ; un parlementaire peut demander le détail d’une dépense. Les corrections sont historisées avec date.

Les données publiques disposent d’un mécanisme de version afin que les analyses puissent être reproduites. Le registre devient ainsi un bien documentaire durable plutôt qu’une vitrine. Le succès se mesure au taux de fiches à jour, aux délais de correction, à la couverture des systèmes et à l’utilisation des données par les organes de contrôle. Une plateforme réellement consultée et corrigée vaut davantage qu’un portail exhaustif le jour de son lancement puis abandonné.

Approfondissement opérationnel et conditions de réussite

Définir précisément ce qui doit être public et ce qui doit rester protégé

La transparence ne consiste pas à publier du code source, des clés, des données personnelles ou des informations facilitant une attaque. Le registre distingue les informations obligatoires — finalité, administration responsable, base juridique, grandes catégories de données, fournisseurs, coût, indicateurs, mécanisme de contrôle humain et voies de recours — des éléments dont la divulgation créerait un risque de sécurité ou violerait un secret protégé. Toute exemption est motivée et réexaminée. Un résumé public reste disponible même lorsqu’une annexe technique est restreinte. Cette méthode permet un contrôle démocratique réel sans transformer le portail en inventaire exploitable par un attaquant.

Faire du registre un outil d’inventaire interne autant qu’un outil citoyen

Une administration ne peut gouverner ce qu’elle ne sait pas recenser. Le même identifiant de projet est utilisé dans le registre public, le suivi budgétaire, les audits et les contrats importants. Les responsables doivent déclarer l’entrée en production, les changements de fournisseur, les évolutions majeures et l’arrêt du système. Les projets inactifs sont conservés dans l’historique plutôt que supprimés. Cette cohérence réduit le risque d’applications locales invisibles aux fonctions de sécurité ou de protection des données. Elle facilite aussi les audits transversaux : le contrôleur peut relier un coût, un incident, une version et une décision à un même objet sans reconstituer manuellement plusieurs bases administratives incompatibles.

Définir un schéma de registre commun à toutes les administrations

Chaque entrée du registre contient un identifiant, la finalité, l’administration responsable, le statut du projet, les principales catégories de données, le fournisseur ou composant important, l’environnement d’hébergement, le coût lorsqu’il est significatif, les indicateurs, la date de mise en production et le mécanisme de contrôle humain. Les champs techniques évolutifs sont séparés des informations stables afin d’éviter de réécrire toute la fiche à chaque changement de version. Le schéma est machine-readable et documenté. Des extensions métier restent possibles mais le noyau commun garantit la comparaison. Cette normalisation transforme le registre en infrastructure de gouvernance : les autres outils peuvent le réutiliser au lieu de demander une nouvelle saisie aux équipes.

Encadrer les exemptions de publication par une justification et une date de réexamen

Certaines informations peuvent relever de la sécurité, de la défense, du secret fiscal, médical ou commercial. L’exemption ne doit pas supprimer toute trace du système. La fiche publique peut indiquer qu’un projet existe, sa finalité générale, l’autorité responsable et la catégorie de motif qui limite le détail. Une date de réexamen est fixée car la sensibilité peut diminuer. Les contrôleurs habilités disposent d’un niveau d’information supérieur. Cette méthode évite une transparence dangereuse tout en empêchant la création d’une zone invisible où les projets les plus sensibles seraient aussi les moins gouvernés. Les motifs d’exemption sont harmonisés pour éviter qu’une administration qualifie systématiquement de confidentiel ce qu’une autre publie sans difficulté.

Suivre les événements du cycle de vie plutôt qu’une photographie annuelle

Le registre enregistre les étapes : expérimentation, décision de passage en production, changement majeur de modèle ou fournisseur, incident significatif, suspension et arrêt. Chaque événement possède une date et, lorsque nécessaire, un lien vers une décision ou un rapport. L’historique permet de comprendre qu’un projet aujourd’hui arrêté a néanmoins coûté de l’argent ou produit des enseignements. Il facilite aussi l’audit d’un système qui a beaucoup évolué. Cette logique d’événements est plus utile qu’un formulaire annuel qui écraserait l’état précédent. Elle peut être alimentée automatiquement à partir du portefeuille national et des plateformes techniques, réduisant la charge déclarative tout en améliorant la fraîcheur de l’information.

Permettre la correction publique et la réutilisation par une interface documentée

Les citoyens, chercheurs ou administrations doivent pouvoir signaler une erreur factuelle dans une fiche : statut obsolète, fournisseur changé, lien cassé ou définition incohérente. Le signalement suit une procédure et la correction reste historisée. Une interface de programmation permet aussi de réutiliser les données du registre pour l’index de recherche, le contrôle parlementaire ou des analyses externes. Les limites d’usage et la fréquence de mise à jour sont documentées. Cette ouverture réduit la tentation de construire plusieurs portails concurrents. Elle transforme la transparence en écosystème de données plutôt qu’en site vitrine. Les informations sensibles restent évidemment filtrées au niveau de la source commune, et non protégées seulement par l’interface graphique.

Registre public des IA : informer sans publier le mode d’emploi d’une attaque

Définir un socle de champs publics

Chaque système peut afficher administration responsable, finalité, population concernée, type d’IA, fournisseur ou solution, base juridique lorsque nécessaire, statut pilote ou production, date de dernière évaluation et contact. Ces informations permettent au citoyen de savoir où l’IA intervient.

Les détails susceptibles de compromettre la sécurité ou la lutte contre la fraude peuvent être réservés à un registre de contrôle non public.

Relier transparence et résultats

Le registre ne doit pas devenir un catalogue promotionnel. Pour les projets en production, il doit afficher au moins un indicateur de performance ou d’impact et signaler les audits disponibles. Un projet abandonné reste visible avec son motif afin que l’administration apprenne aussi de ses échecs.

Cette mémoire évite de recommencer le même prototype dans plusieurs ministères.

Automatiser l’actualisation depuis les portefeuilles de projets

Si chaque équipe doit remplir manuellement une nouvelle fiche, le registre risque de devenir obsolète. Les informations communes peuvent être importées des outils de gestion de projet et de sécurité, avec validation par le responsable.

Un indicateur de fraîcheur signale les fiches non mises à jour depuis plus de six mois.

Sources primaires et institutionnelles

Les affirmations de droit ou d’état de l’art ci-dessus sont rattachées à des sources publiques. Les hypothèses propres au Plan Delta-Sierra sont signalées comme propositions et ne sont pas présentées comme des chiffres officiels.

Date de vérification : 12 août 2026. Le cadre de l’IA évolue rapidement ; les dates d’application du règlement européen sont vérifiées contre le règlement (UE) 2026/1744.

Coûts de transition : non chiffrés à ce stade ; le calcul doit être établi à partir des coûts réels de mise en œuvre.

Avant consolidation, il faut identifier les dépenses nécessaires au passage de l’organisation actuelle à la cible : systèmes d’information, formation, mobilité, accompagnement, indemnités éventuelles, contrats à terminer et fonctionnement temporaire en double.

L’absence de chiffrage n’est pas assimilée à zéro. Tant que ces coûts ne sont pas documentés, l’impact budgétaire net complet reste ouvert.

Interactions avec les autres mesures

Cette mesure doit être rapprochée des réformes qui touchent les mêmes effectifs, crédits, systèmes ou compétences. Une économie ne peut être comptée deux fois parce que deux mesures contribuent au même résultat.

Le grand livre financier attribue donc chaque flux à un propriétaire unique ; les autres mesures peuvent mentionner l’interaction sans revendiquer une seconde fois le même montant.

Règle anti-double-compte

Un même poste supprimé, une même recette ou un même achat évité ne peut apparaître que sur une seule ligne de consolidation. Si plusieurs réformes concourent au résultat, l’une porte le montant et les autres enregistrent une interaction non additive.

Cette règle vaut également pour les coûts : un coût de transition mutualisé doit être attribué une seule fois et référencé par les autres lignes concernées.

Statut financier de la mesure

Le grand livre des économies et la réalité budgétaire ne sont pas la même chose. Une mesure peut ne revendiquer aucune économie autonome tout en créant une dépense, une perte de recettes, un transfert ou un coût de transition. Le tableau ci-dessous sépare explicitement ces notions.

Économie autonome
aucune économie autonome revendiquée
Type d’impact budgétaire
dépense ou coût de mise en œuvre
Propriétaire budgétaire
État — DINUM pour la plateforme de transparence, avec alimentation des ministères et opérateurs.
Ligne financière liée
Aucune ligne financière autonome attribuée à ce stade
Mesures liées
Aucune relation anti-double-compte codée à ce stade
Quantification de l’impact
Aucun montant autonome n’est certifié pour cette mesure
Coûts de transition
Non chiffré de manière suffisamment fiable à ce stade
Impact budgétaire net
ouvert — le coût, la recette, les transferts ou les interactions ne sont pas complètement fermés
Statut de consolidation
Hors addition autonome tant que la ligne porteuse, le propriétaire et les interactions ne sont pas fermés.

Classification prudente : aucun effet budgétaire n’est déclaré non applicable par défaut.

Pourquoi cette classification ?

La plateforme est un investissement de transparence, pas une économie autonome. Son coût doit rester faible en réutilisant les données déjà produites par les projets. Le poste principal est l’intégration des systèmes et la qualité des données, plus que le développement d’une interface. Une économie évoquée — par exemple une réduction du reporting manuel — n’entre dans le total que si son calcul séparé publie la base de référence, le temps réellement supprimé, le coût complet et la part effectivement matérialisée. Le registre peut toutefois éviter une dépense importante indirecte : la création de portails sectoriels parallèles. Ce coût évité n’est comptabilisé que si des projets prévus sont réellement fusionnés ou abandonnés.

Le propriétaire budgétaire est désormais identifié au niveau institutionnel ou ventilé par compétence. Cette qualification ferme le critère local de traçabilité ; elle ne ferme pas à elle seule l’impact net ni le coût de transition.

Données publiques de référence · millésime 2024

Numérique et IA : 5,85 millions d’agents publics, mais aucune économie ne peut être déduite d’un taux d’automatisation générique

Avant de discuter la mesure 9.13, on fixe un ordre de grandeur national provenant d'une source publique. Il ne s'agit ni du coût ni de l'économie annoncée par la mesure : c'est une baseline indépendante à partir de laquelle le lecteur peut contrôler les ordres de grandeur.

Agents publics5,85 millionsfin 2024
Évolution annuelle+0,6 %2024

Calcul de contrôle : Si une tâche ne représente que 5 % du temps d’un périmètre et que l’IA en réduit 20 %, le temps théoriquement libéré n’est que 5 % × 20 % = 1 %.

Ce que ce chiffre ne permet pas de conclure : 1 % de temps libéré n’est pas 1 % de masse salariale économisée. Il faut démontrer quel coût disparaît réellement, mesurer erreurs/faux positifs, contrôle humain, cybersécurité et réversibilité.

Application à « Plateforme publique de transparence : savoir où l’IA est utilisée et avec quels résultats » : utiliser ce repère pour vérifier le dénominateur, le calendrier et l'ordre de grandeur de la proposition. Toute estimation propre à cette mesure doit ensuite être sourcée séparément et ne doit jamais être remplacée par la statistique nationale ci-dessus.

Règle de mise à jour : conserver le millésime et la date de publication. Lorsqu'une nouvelle édition officielle paraît, mettre à jour la donnée sans réécrire rétroactivement ce qui était connu au millésime précédent.

Atelier citoyen de vérification · mesure 9.13

Passer de la proposition à la preuve : comment auditer cette mesure soi-même

La question n'est pas seulement de savoir si « Plateforme publique de transparence : savoir où l’IA est utilisée et avec quels résultats » paraît souhaitable. Il faut pouvoir montrer, chiffres et droit à l'appui, ce qui change réellement entre la situation de départ et la situation après mise en œuvre. Cette grille transforme la page en exercice de contrôle : le lecteur doit être capable de retrouver le dénominateur, le calendrier, le coût net, le véhicule juridique et le critère qui permettrait de conclure que la mesure fonctionne réellement.

1. Établir la situation de départ

Domaine : Numérique et intelligence artificielle. Relever avant toute réforme les données portant sur temps gagné, taux d'usage, taux d'erreur, faux positifs, contrôles humains, sécurité et coût réellement supprimé. Pour chaque chiffre, noter l'année, l'unité, le périmètre, la source primaire et la fréquence de mise à jour. Un chiffre sans dénominateur ou sans date ne permet pas de mesurer un progrès.

Un gain de temps ou une automatisation n'est pas encore une économie budgétaire : il faut démontrer quel coût disparaît réellement.

2. Refaire le calcul ou le test principal

Économie budgétaire démontrée = coût effectivement supprimé − nouveaux coûts récurrents

Calculer d'abord le temps théoriquement libéré, puis identifier séparément le coût réellement évité. Si les effectifs, contrats ou charges restent inchangés, parler de capacité libérée et non d'économie acquise.

Exercice : reprendre le dernier chiffre officiel cité dans cette page, retrouver sa source d'origine et recalculer le résultat avec les mêmes unités. Si le résultat ne peut pas être reproduit, classer l'affirmation « à documenter » plutôt que « acquise ».

3. Séparer promesse, mise en œuvre et résultat

Construire trois lignes distinctes : ce qui est décidé, ce qui est effectivement déployé et ce qui est observé. Pour « Plateforme publique de transparence : savoir où l’IA est utilisée et avec quels résultats », une loi votée, un décret publié ou un budget ouvert ne constituent pas encore le résultat final. Ajouter une date cible, un responsable et un indicateur avant/après.

Exiger aussi un scénario d'échec : retard juridique, résistance opérationnelle, coût de transition supérieur aux prévisions, effet de report vers une autre administration ou comportement d'évitement.

4. Prononcer un verdict révisable

  • PASS : mécanisme documenté, données reproductibles, véhicule juridique crédible, financement et responsable identifiés.
  • À RÉVISER : objectif plausible mais hypothèse, calendrier, coût ou indicateur encore insuffisamment démontré.
  • FAIL : double compte, causalité non démontrée, coût déplacé plutôt que supprimé, ou impossibilité juridique/opérationnelle non traitée.

Le verdict doit pouvoir changer avec une nouvelle donnée : une bonne politique publique est auditable, pas seulement défendable.

Question de maîtrise : si un décideur annonçait demain que cette mesure est « réalisée », quelles trois pièces demanderiez-vous pour vérifier qu'il ne confond pas décision, activité et résultat ? Répondre à cette question sans relire la page constitue le niveau attendu.

Plan d'exécution et de contrôle · mesure 9.13

Qui décide, qui applique et comment prouver que « Plateforme publique de transparence : savoir où l’IA est utilisée et avec quels résultats » fonctionne réellement ?

Une mesure n'est pas terminée lorsqu'elle est annoncée, votée ou financée. Pour Plateforme publique de transparence : savoir où l’IA est utilisée et avec quels résultats, il faut pouvoir suivre une chaîne complète : base juridique → responsable → déploiement → indicateur → contrôle indépendant → réexamen. Le plan ci-dessous constitue une grille d'exécution à adapter au texte juridique final ; il ne remplace pas l'expertise légistique article par article.

1. Acte à préparer

Loi lorsque droits, garanties ou accès aux données changent ; décret, référentiel, marché public et clauses contractuelles pour l'architecture opérationnelle.

2. Responsable identifiable

Ministère porteur, DINUM/ANSSI ou autorités sectorielles, DPO, RSSI, acheteurs et métiers utilisateurs.

3. Preuve de déploiement

Cas d'usage autorisés, données qualifiées, contrôle humain, cybersécurité, réversibilité, journalisation et procédure d'incident testés.

4. Preuve de résultat

Le contrôle doit privilégier taux d’erreur, faux positifs, contrôle humain, cybersécurité et coût total. Une activité administrative ou un budget consommé n'est qu'un moyen : le résultat doit être observable sur le périmètre annoncé.

Calendrier de preuve : quatre rendez-vous obligatoires

J0 — référenceArchiver la situation avant réforme : texte applicable, coût, effectifs, volume traité, délai et qualité lorsque ces données existent. Sans état initial, aucun avant/après n'est sérieux.
6 mois — déploiementVérifier que les actes nécessaires sont publiés, que les responsables sont nommés, que les outils et crédits existent réellement et que l'ancien dispositif n'est pas maintenu en doublon sans justification.
18 mois — premiers effetsComparer l'indicateur principal avec la baseline, isoler les coûts de transition et publier les écarts entre la trajectoire annoncée et la réalisation.
36 mois — réexamenDécider de maintenir, corriger, amplifier ou arrêter le dispositif. Une mesure qui ne produit pas l'effet documenté doit pouvoir être révisée sans attendre la fin d'un quinquennat.

Test anti-illusion

Convertir un pourcentage d'automatisation ou de temps libéré en économie budgétaire sans démontrer qu'un coût disparaît réellement. Pour cette mesure, le dossier de contrôle doit donc publier au minimum la donnée de départ, la date d'effet, le coût de transition, le résultat observé et l'explication de l'écart.

Grille d'audit en 8 questions
  1. Quel texte précis autorise ou impose la réforme ?
  2. Quelle autorité est responsable de chaque étape et à quelle date ?
  3. Quelle valeur de référence est figée avant la mise en œuvre ?
  4. Quel indicateur mesure le résultat plutôt que l'activité ?
  5. Quels coûts nouveaux, coûts de transition ou transferts doivent être déduits du gain brut ?
  6. Quelle donnée permet de détecter un effet indésirable ou un contournement ?
  7. Qui vérifie les chiffres indépendamment du service qui met en œuvre la mesure ?
  8. Quelle clause permet de corriger ou d'arrêter la mesure si les résultats ne sont pas au rendez-vous ?

Contrat de mesure · mesure 9.13

Comment savoir objectivement si cette mesure fonctionne ?

Le résultat doit être défini avant l’entrée en vigueur. Le principe est simple : un même indicateur, une même unité, un même périmètre et une même méthode doivent être conservés entre la baseline et les contrôles ultérieurs. Si la méthode change, la rupture de série doit être publiée.

Indicateur principal

Taux de publication complète et dans les délais

Unité : %.

Fréquence

trimestrielle / annuelle.

La périodicité ne doit pas être modifiée simplement parce qu’un résultat devient défavorable.

Producteur / preuve

organe de pilotage / Parlement / Cour des comptes.

Le fichier source, sa date et sa version doivent rester auditables.

Calcul à figer

livrables publiés complets à échéance ÷ livrables attendus × 100

Le numérateur, le dénominateur et les exclusions doivent être documentés avant J0. Une série recalculée après coup doit conserver l’ancienne version ou expliciter la rupture.

Objectif vérifiable

À figer avant J0 dans le texte d’application ou la décision de pilotage ; il est interdit de modifier la cible après observation des résultats.

Règle de gouvernance : la cible, la tolérance et le calendrier sont enregistrés avant le lancement. Ils ne sont pas réécrits a posteriori pour transformer un échec en réussite.

Indicateur garde-fou

qualité des données, stabilité des définitions, coût du reporting. Une amélioration du KPI principal ne suffit pas si elle est obtenue au prix d’une dégradation majeure de ce garde-fou.

Règle de verdict PASS / À RÉVISER / FAIL
  • PASS : objectif préenregistré atteint dans le délai prévu et garde-fou respecté.
  • À RÉVISER : progression réelle mais cible non atteinte, coût de transition supérieur à l’hypothèse ou effet indésirable corrigeable.
  • FAIL : absence d’amélioration démontrable, résultat obtenu par déplacement du coût/problème, rupture méthodologique non documentée ou dégradation majeure du garde-fou.

Formule de contrôle reproductible

Lorsque la mesure comporte un impact budgétaire, la formule de base est : impact net = économie ou recette brute − transferts − coûts de transition − coûts récurrents recréés ailleurs. Le signe « − » signifie une soustraction.

Si l’un des termes n’est pas documenté, le résultat ne doit pas être présenté comme une économie nette fermée. La valeur reste alors explicitement en attente dans le grand livre financier.