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Mesure 51 / 155

03 — Agences / opérateurs · Mesure 3.18 · 51 / 155

Créer un registre national des organismes publics qui permette enfin de suivre leur histoire

La France publie déjà beaucoup de données. La réforme consiste à les relier, les dater et les historiser pour savoir qui existe, pourquoi, avec quels moyens — et ce que devient chaque organisme après une fusion ou une suppression.

Bible France · chapitre documentaireMise à jour : 12 août 2026Sources primaires prioritaires
Créer un registre national des organismes publics qui permette enfin de suivre leur histoire
Le registre n’est pas une liste de noms : il relie identité, moyens, histoire et sources officielles.

En 30 secondes

Situation actuelleDes données riches existent, notamment pour les opérateurs, mais sont dispersées entre plusieurs référentiels.
PropositionCréer un registre national consolidé, historisé, ouvert et réutilisable.
VéhiculeLoi fixant périmètre et responsabilités + portail, API et standards de données.
Effet financierStructurel : pas d’économie annuelle certifiée par le seul registre.
ValeurÉviter les doubles comptes, suivre les fusions et rendre les audits reproductibles.
DifficultéDéfinir les périmètres sans fabriquer un total trompeur et maintenir les données dans le temps.

Le problème n’est pas l’absence totale de données : c’est leur fragmentation

FAIT OFFICIELL’État publie déjà un rapport détaillé sur ses opérateurs. La loi exige notamment des informations sur les crédits et taxes affectées, les emplois, les dettes, les ressources propres, la masse salariale, la trésorerie et l’immobilier ; elle prévoit une publication dans un standard ouvert et réutilisable. [1] Dire qu’« aucun inventaire n’existe » serait donc faux.

PROBLÈME RÉELLe mot organisme publicExpression de langage courant qui recouvre plusieurs catégories juridiques et budgétaires : établissements publics, autorités, groupements, opérateurs, organismes contrôlés, etc. Elle n’est pas à elle seule un statut juridique unique. recouvre cependant un périmètre plus large que celui des seuls opérateurs de l’État. Les listes sont réparties entre documents budgétaires, répertoires juridiques, données administratives, autorités indépendantes, établissements publics et bases sectorielles. Le même organisme peut changer de nom, fusionner, être transféré ou perdre la qualité d’opérateur sans que le lecteur non spécialiste puisse reconstituer facilement son histoire.

PROPOSITIONLa mesure 3.18 propose donc un registre national consolidé, historisé et lisible, avec une publication formelle et un jeu de données ouvert. Le Journal officiel peut jouer un rôle de publicité juridique pour le dispositif et certaines décisions ; le registre opérationnel, lui, doit être une base versionnée et interrogeable. L’objectif n’est pas d’imprimer chaque année des milliers de lignes dans un PDF figé.

Preuve au point d’usage : Légifrance — dispositions relatives au rapport sur les opérateurs de l’État ↗

Commencer par une nomenclature : que veut-on compter ?

Avant de compter, il faut définir des cercles. Le premier peut reprendre les opérateurs de l’État au sens budgétaire. [3] Un deuxième peut couvrir les établissements publics nationaux non opérateurs. D’autres familles peuvent intégrer les autorités administratives ou publiques indépendantes, groupements d’intérêt public, organismes consultatifs pérennes, sociétés contrôlées lorsqu’elles accomplissent une mission publique spécifique et autres entités nationales répondant à des critères publiés.

Le registre doit éviter deux extrêmes. Si la définition est trop étroite, elle reproduit simplement la liste des opérateurs. Si elle est trop large, elle agrège des personnes morales très différentes, filiales mineures, associations subventionnées et structures locales sans hiérarchie. La solution est une classification multi-critères : nature juridique, niveau territorial, contrôle public, catégorie budgétaire, mission, mode de financement et appartenance éventuelle à un groupe.

Exemple de couches du registre — la qualification doit être documentée, pas automatique.
CoucheQuestionExemples de champs
Identité juridiqueQui est la personne morale ?Dénomination, SIREN/SIRET, statut, texte fondateur, siège.
Rattachement publicPourquoi entre-t-elle dans le registre ?Tutelle, contrôle, niveau de gouvernement, catégorie opérateur.
MissionQue produit-elle ?Compétences légales, bénéficiaires, pouvoirs, activités.
MoyensAvec quoi fonctionne-t-elle ?Budget, taxes, subventions, emplois, masse salariale, immobilier, SI.
HistoireQue lui est-il arrivé ?Création, renommage, fusion, transfert, suppression, successeur.

Preuve au point d’usage : Direction du Budget — Chiffres clés 2026 ↗

Réutiliser ce que le rapport sur les opérateurs sait déjà faire

Le rapport budgétaire sur les opérateurs constitue un socle particulièrement riche. La loi lui demande de présenter les crédits et impositions affectées, les emplois, les dettes et engagements hors bilan, puis des données d’exécution sur plusieurs exercices : ressources propres, masse salariale, trésorerie, immobilier et autres informations. [1] Plutôt que créer une saisie parallèle, le registre devrait importer ces données et documenter leur provenance.

Le budget 2026 indique par ailleurs que 401 389 ETPT sont financés indirectement chez les opérateurs de l’État. [2] Cette donnée donne une idée de l’importance du périmètre budgétaire, mais elle ne répond pas à la question « combien d’organismes publics existe-t-il ? ». Le registre doit justement empêcher les confusions entre nombre d’emplois, nombre de personnes morales, nombre d’unités administratives et nombre de politiques publiques.

Un identifiant stable plutôt qu’un nom

Le nom ne suffit pas. Un organisme peut changer d’appellation sans disparaître ; deux entités peuvent fusionner ; une mission peut passer à un successeur. Le registre doit donc s’appuyer autant que possible sur les identifiants administratifs existants et créer un identifiant de lignée lorsque l’histoire institutionnelle traverse plusieurs personnes morales. Un lecteur doit pouvoir rechercher un ancien nom et tomber sur le successeur actuel.

Preuve au point d’usage : Direction du Budget — Opérateurs et organismes publics ↗

Le noyau de données qui rendrait le registre utile

La première version n’a pas besoin de cent colonnes. Elle doit en revanche choisir les champs qui rendent possible un audit : statut, texte fondateur, ministères de tutelle, mission synthétique, catégorie budgétaire, identifiant, emplois, budget, ressources publiques, masse salariale, principaux actifs immobiliers, systèmes critiques, filiales ou participations, date de création et événement de fin lorsqu’il existe.

Les champs doivent porter une date. Écrire « 1 000 agents » sans préciser l’exercice rend la donnée rapidement trompeuse. Chaque valeur sensible devrait indiquer son millésime, sa source et, si possible, le lien vers le document d’origine. Les données manquantes doivent être affichées comme manquantes ; le registre ne doit jamais inventer un zéro pour obtenir une base complète.

Une couche documentaire peut ensuite rattacher les rapports de la Cour des comptes, les projets et rapports annuels de performance, les contrats d’objectifs, les comptes financiers, les décisions de nomination et les textes de transformation. Ainsi, la fiche d’un organisme devient une porte d’entrée vers son histoire et son contrôle public.

Journal officiel, portail web et API : trois usages différents

Le Journal officiel : garantir le cadre et les événements juridiques

La loi peut créer le registre, définir le périmètre, les responsabilités de mise à jour et les obligations de publication. Les créations, suppressions ou changements majeurs sont déjà souvent liés à des textes publiés ; le registre doit les relier automatiquement plutôt que recopier tout le contenu du Journal officiel. [4]

Le portail public : permettre de comprendre

Le citoyen doit pouvoir rechercher « ADEME », « agence santé », « conseil consultatif » ou le nom d’un ministère et voir immédiatement les entités, leur statut, leur tutelle, leur mission, leur budget et leur historique. Une carte ou un graphe peut montrer les dépendances, mais le cœur reste une fiche lisible et exportable.

L’API et les fichiers ouverts : permettre de contrôler

Journalistes, chercheurs, administrations et citoyens doivent pouvoir télécharger les données dans un format stable. Chaque version doit être horodatée afin de reconstruire l’état du paysage public à une date donnée. C’est cette historisation qui permet ensuite d’affirmer qu’un organisme a vraiment disparu ou qu’il a seulement changé de nom.

Pourquoi cette mesure n’a pas, à elle seule, une économie annuelle

CHIFFRAGELe registre est une infrastructure de transparence. Sa mise en place a un coût : normalisation des données, développement, rapprochement d’identifiants, gouvernance de qualité et maintien de l’historique. Il peut ensuite réduire du travail de collecte redondant et surtout permettre de détecter plus vite les chevauchements, mais ces gains appartiennent aux réformes rendues possibles par le registre, pas au registre lui-même.

Règle anti-double-compte
Économie directe de 3.18 = économies propres de collecte/maintenance démontrées − coût du registre ; économies de suppressions ou fusions = comptées dans les mesures correspondantes
1Budgéter le coût de construction et de maintien du registre.
2Identifier les bases ou rapports qui peuvent être remplacés, et seulement eux.
3Ne pas attribuer à 3.18 l’économie réalisée plus tard par 3.05, 3.06 ou 3.07.
4Mesurer aussi des gains non financiers : délai de réponse, qualité des données, traçabilité et réutilisation.

Le bon libellé financier reste donc « effet structurel — contrôle démocratique ». Ce choix est plus rigoureux que d’inventer un montant spectaculaire. La valeur de 3.18 apparaît lorsqu’elle empêche de compter deux fois la même structure, révèle un organisme oublié ou documente qu’une suppression n’était en réalité qu’une fusion.

Qui garantit que le registre ne devient pas faux en six mois ?

La difficulté principale n’est pas de lancer un portail : c’est d’assurer sa maintenance. Chaque entité doit avoir un producteur de données responsable. Les ministères de tutelle peuvent certifier une partie des informations ; la Direction du Budget peut fournir les données opérateurs [3] ; les référentiels d’entreprises et d’administrations fournissent les identifiants ; les textes de Légifrance fournissent les bases juridiques. Une équipe centrale doit surtout résoudre les incohérences et les changements de périmètre.

Le registre devrait publier des indicateurs de qualité : pourcentage d’entités avec identifiant valide, budget daté, emplois datés, texte fondateur, tutelle, historique de transformation et source de dernière vérification. Une fiche non mise à jour depuis trois ans doit le dire visiblement. La confiance naît autant de l’aveu d’une donnée manquante que de la quantité de colonnes.

Les objections qui permettent d’améliorer le dispositif

« Tout cela existe déjà dans plusieurs bases. »

C’est précisément le point : beaucoup d’informations existent, mais leur jointure demande une expertise et des heures de recherche. Le registre n’est justifié que s’il évite une nouvelle saisie et crée une couche de correspondance entre sources existantes. S’il devient une base de plus, il échoue.

« La notion d’organisme public est trop vague. »

L’objection est exacte si le registre affiche un total unique sans nomenclature. La réponse est de publier des totaux par cercle et de permettre au lecteur de changer de périmètre : opérateurs de l’État, établissements publics nationaux, autorités indépendantes, etc. Le nombre total doit toujours être accompagné de sa définition.

« Centraliser les informations peut créer des risques de sécurité. »

Le registre doit rester sur des données administratives publiables. Les architectures de sécurité, vulnérabilités techniques, informations personnelles ou détails sensibles n’ont aucune raison d’être exposés. La transparence financière et juridique n’exige pas de publier le plan réseau d’un établissement.

Le registre national doit devenir une base vivante, pas un PDF annuel de plus

Le problème est d’abord l’absence d’identifiant et d’historique communs

Le rapport sénatorial de 2025 recense 1 153 organismes publics nationaux dans son périmètre et souligne la difficulté même à définir uniformément agences et opérateurs. Un registre utile doit donc attribuer un identifiant stable à chaque entité, conserver ses changements de nom, fusions, suppressions et tutelles successives, et permettre de reconstituer l’état du paysage administratif à une date donnée.

Le modèle de données doit relier structure, argent et mission

Chaque fiche doit exposer forme juridique, texte de création, tutelle, missions, dirigeants, effectifs, plafond d’emplois, budget, taxes affectées, subventions, crédits d’intervention, principaux achats, immobilier, systèmes critiques et liens avec d’autres organismes. Ces champs rendent ensuite possibles les contrôles automatiques : organisme sans base légale retrouvée, mission dupliquée, budget sans document récent ou structure annoncée supprimée mais encore financée.

La version publique et l’usage administratif peuvent partager la même source

Plutôt que produire un inventaire pour le Parlement, un autre pour le budget et un troisième pour la réforme, la cible devrait être une base canonique avec API, historique et exports. Les rapports et pages web seraient générés à partir de cette source. Le coût initial du registre est donc un investissement de gouvernance ; il ne doit pas être présenté comme une économie immédiate, mais comme l’infrastructure qui permet de prouver les économies futures.

L’API doit permettre des contrôles automatiques externes

Une base ouverte n’est réellement utile que si journalistes, chercheurs et citoyens peuvent la télécharger ou l’interroger sans recopier des tableaux PDF. Une API publique permettrait de détecter automatiquement les organismes sans budget récent, les changements de nom, les tutelles multiples ou les structures dont le texte de création est ancien mais toujours en vigueur.

La documentation de l’API doit inclure version, date de mise à jour, définition de chaque champ et historique des corrections pour que les analyses soient reproductibles.

Faire du registre le référentiel de la loi de finances

Chaque opérateur ou organisme financé par l’État pourrait être relié par identifiant stable aux programmes budgétaires, plafonds d’emplois et taxes affectées. Lorsqu’une loi de finances ajoute ou supprime une structure, la base serait mise à jour au même moment. Cette articulation éviterait les écarts entre inventaire administratif et documents budgétaires.

Le registre devient alors une infrastructure de contrôle permanent, pas une page informative supplémentaire.

Sources de référence

Sénat — 434 opérateurs, 317 organismes consultatifs et 1 153 organismes publics nationaux ↗ · Direction du Budget — opérateurs et organismes publics ↗

Cette mesure dans le système

3.18 est l’infrastructure documentaire de tout le volume Agences. Elle améliore 3.01 en fournissant une identité et un historique, permet de vérifier les fusions de 3.05, les réintégrations de 3.06 et le devenir des organismes visés de 3.07 à 3.14. Elle doit aussi dialoguer avec l’Observatoire et le moteur de recherche France. L’objectif final est qu’un organisme supprimé reste trouvable, avec une mention « supprimé le… ; missions reprises par… ».

Dépend deIdentifiants officiels, budget, Légifrance, ministères de tutelle et gouvernance de données.
Alimente3.01 Audit, 3.05 Fusion, 3.06 Réintégration.
ImpacteTransparence, recherche, contrôle parlementaire, journalisme de données et mémoire institutionnelle.

Plans A / B / C — exécution et solution de repli

Plan A — registre national historisé et interopérable

Créer un registre national des organismes publics fondé sur un identifiant stable qui survive aux changements de nom, de tutelle ou de statut. Chaque fiche contient base juridique, dates de création et transformation, missions, comptes, effectifs, dirigeants, tutelles et liens avec les organismes prédécesseurs ou successeurs. L’alimentation est obligatoire pour les administrations propriétaires de la donnée et automatisée autant que possible depuis les référentiels existants. Le registre publie aussi les suppressions et fusions afin de suivre l’histoire réelle du périmètre public. Ce projet est une infrastructure documentaire : il ne produit aucune économie directe tant qu’une décision de réorganisation distincte n’a pas supprimé un coût.

Plan B — fédération des registres existants

Si un registre central complet est trop long à bâtir, créer d’abord une couche de correspondance entre SIRENE, données budgétaires, répertoires d’opérateurs et autres bases officielles. Un identifiant de rapprochement et un historique de liens permettent de retrouver la même entité entre plusieurs sources. Les champs manquants restent visibles au lieu d’être remplis par hypothèse. Ce repli réduit le coût de construction et teste l’interopérabilité avant d’imposer un nouveau système de saisie.

Plan C — publication annuelle d’un inventaire figé

Si l’interopérabilité en temps réel n’est pas disponible, publier au minimum chaque année un inventaire versionné et archivé, avec changements depuis l’exercice précédent. Les créations, dissolutions et fusions sont explicites. Aucun gain budgétaire n’est revendiqué. Ce minimum donne enfin une série historique stable permettant à un chercheur, un journaliste ou une administration de vérifier si le nombre d’organismes diminue réellement ou si les structures changent seulement de nom.

Notes et sources

  1. Légifrance — dispositions relatives au rapport sur les opérateurs de l’État — données exigées et publication ouverte du rapport sur les opérateurs.
  2. Direction du Budget — Chiffres clés 2026 — 401 389 ETPT relevant des opérateurs financés indirectement par le budget de l’État.
  3. Direction du Budget — Opérateurs et organismes publics — documentation sur les opérateurs, leur pilotage, leur tutelle et les cadres de gestion.
  4. Légifrance — référentiel officiel des textes juridiques à relier aux créations, transformations et suppressions.

Pour approfondir

Ces ouvrages prolongent le portail. Ils sont présentés comme la bibliographie de l’auteur, pas comme des preuves : les preuves restent les sources primaires citées dans le chapitre.

Couverture de IA : comment transformer la France

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Automatiser les tâches administratives sans confondre assistance, décision publique et contrôle humain.

Statut financier de la mesure

Le grand livre des économies et la réalité budgétaire ne sont pas la même chose. Une mesure peut ne revendiquer aucune économie autonome tout en créant une dépense, une perte de recettes, un transfert ou un coût de transition. Le tableau ci-dessous sépare explicitement ces notions.

Économie autonome
aucune économie autonome revendiquée
Type d’impact budgétaire
gouvernance / règle institutionnelle ; impact monétaire à vérifier séparément
Propriétaire budgétaire
À identifier avant fermeture financière
Ligne financière liée
Aucune ligne financière autonome attribuée à ce stade
Mesures liées
Aucune relation anti-double-compte codée à ce stade
Quantification de l’impact
Aucun montant autonome n’est certifié pour cette mesure
Coûts de transition
Non chiffré de manière suffisamment fiable à ce stade
Impact budgétaire net
ouvert — le coût, la recette, les transferts ou les interactions ne sont pas complètement fermés
Statut de consolidation
Hors addition autonome tant que la ligne porteuse, le propriétaire et les interactions ne sont pas fermés.

Classification prudente : aucun effet budgétaire n’est déclaré non applicable par défaut.

Pourquoi cette classification ?

Si un registre central complet est trop long à bâtir, créer d’abord une couche de correspondance entre SIRENE, données budgétaires, répertoires d’opérateurs et autres bases officielles. Un identifiant de rapprochement et un historique de liens permettent de retrouver la même entité entre plusieurs sources. Les champs manquants restent visibles au lieu d’être remplis par hypothèse. Ce repli réduit le coût de construction et teste l’interopérabilité avant d’imposer un nouveau système de saisie.

Données publiques de référence · millésime 2026

Agences et opérateurs : 431 opérateurs de l’État dans le PLF 2026, contre 649 en 2008

Avant de discuter la mesure 3.18, on fixe un ordre de grandeur national provenant d'une source publique. Il ne s'agit ni du coût ni de l'économie annoncée par la mesure : c'est une baseline indépendante à partir de laquelle le lecteur peut contrôler les ordres de grandeur.

Opérateurs de l’État431PLF 2026
Référence 2008649LFI 2008

Calcul de contrôle : 649 − 431 = 218 opérateurs de moins ; 218 ÷ 649 × 100 ≈ 33,6 % de baisse depuis 2008.

Ce que ce chiffre ne permet pas de conclure : Une baisse du nombre d’opérateurs ne prouve pas à elle seule une baisse équivalente des dépenses : missions, personnels, contrats et passifs peuvent être transférés vers une autre structure.

Application à « Créer un registre national des organismes publics qui permette enfin de suivre leur histoire » : utiliser ce repère pour vérifier le dénominateur, le calendrier et l'ordre de grandeur de la proposition. Toute estimation propre à cette mesure doit ensuite être sourcée séparément et ne doit jamais être remplacée par la statistique nationale ci-dessus.

Règle de mise à jour : conserver le millésime et la date de publication. Lorsqu'une nouvelle édition officielle paraît, mettre à jour la donnée sans réécrire rétroactivement ce qui était connu au millésime précédent.

Atelier citoyen de vérification · mesure 3.18

Passer de la proposition à la preuve : comment auditer cette mesure soi-même

La question n'est pas seulement de savoir si « Créer un registre national des organismes publics qui permette enfin de suivre leur histoire » paraît souhaitable. Il faut pouvoir montrer, chiffres et droit à l'appui, ce qui change réellement entre la situation de départ et la situation après mise en œuvre. Cette grille transforme la page en exercice de contrôle : le lecteur doit être capable de retrouver le dénominateur, le calendrier, le coût net, le véhicule juridique et le critère qui permettrait de conclure que la mesure fonctionne réellement.

1. Établir la situation de départ

Domaine : Agences et opérateurs. Relever avant toute réforme les données portant sur missions, doublons, fonctions support, subventions, effectifs et obligations résiduelles. Pour chaque chiffre, noter l'année, l'unité, le périmètre, la source primaire et la fréquence de mise à jour. Un chiffre sans dénominateur ou sans date ne permet pas de mesurer un progrès.

Supprimer ou fusionner un organisme ne supprime pas automatiquement sa mission : il faut suivre où partent les tâches, les agents, les contrats et les passifs.

2. Refaire le calcul ou le test principal

Couverture = enregistrements publiés ÷ enregistrements éligibles ; latence = date de publication − date de production

Publier un portail ne suffit pas : tester exhaustivité, fraîcheur, métadonnées, historique des corrections, formats réutilisables et capacité à retrouver l'origine de chaque chiffre.

Exercice : reprendre le dernier chiffre officiel cité dans cette page, retrouver sa source d'origine et recalculer le résultat avec les mêmes unités. Si le résultat ne peut pas être reproduit, classer l'affirmation « à documenter » plutôt que « acquise ».

3. Séparer promesse, mise en œuvre et résultat

Construire trois lignes distinctes : ce qui est décidé, ce qui est effectivement déployé et ce qui est observé. Pour « Créer un registre national des organismes publics qui permette enfin de suivre leur histoire », une loi votée, un décret publié ou un budget ouvert ne constituent pas encore le résultat final. Ajouter une date cible, un responsable et un indicateur avant/après.

Exiger aussi un scénario d'échec : retard juridique, résistance opérationnelle, coût de transition supérieur aux prévisions, effet de report vers une autre administration ou comportement d'évitement.

4. Prononcer un verdict révisable

  • PASS : mécanisme documenté, données reproductibles, véhicule juridique crédible, financement et responsable identifiés.
  • À RÉVISER : objectif plausible mais hypothèse, calendrier, coût ou indicateur encore insuffisamment démontré.
  • FAIL : double compte, causalité non démontrée, coût déplacé plutôt que supprimé, ou impossibilité juridique/opérationnelle non traitée.

Le verdict doit pouvoir changer avec une nouvelle donnée : une bonne politique publique est auditable, pas seulement défendable.

Question de maîtrise : si un décideur annonçait demain que cette mesure est « réalisée », quelles trois pièces demanderiez-vous pour vérifier qu'il ne confond pas décision, activité et résultat ? Répondre à cette question sans relire la page constitue le niveau attendu.

Plan d'exécution et de contrôle · mesure 3.18

Qui décide, qui applique et comment prouver que « Créer un registre national des organismes publics qui permette enfin de suivre leur histoire » fonctionne réellement ?

Une mesure n'est pas terminée lorsqu'elle est annoncée, votée ou financée. Pour Créer un registre national des organismes publics qui permette enfin de suivre leur histoire, il faut pouvoir suivre une chaîne complète : base juridique → responsable → déploiement → indicateur → contrôle indépendant → réexamen. Le plan ci-dessous constitue une grille d'exécution à adapter au texte juridique final ; il ne remplace pas l'expertise légistique article par article.

1. Acte à préparer

Loi ou décret selon le statut de l'organisme, complétés par des conventions de transfert, actes budgétaires et décisions sur les personnels, contrats et actifs.

2. Responsable identifiable

Ministère de tutelle, direction du Budget, opérateur concerné et administration reprenant éventuellement les missions.

3. Preuve de déploiement

Missions inventoriées, actifs/passifs transférés, contrats et personnels traités, doublons supprimés et comptabilité de transition séparée.

4. Preuve de résultat

Le contrôle doit privilégier coût net consolidé de la mission après réforme, qualité du service et disparition effective des doublons, pas seulement baisse du nombre d'entités. Une activité administrative ou un budget consommé n'est qu'un moyen : le résultat doit être observable sur le périmètre annoncé.

Calendrier de preuve : quatre rendez-vous obligatoires

J0 — référenceArchiver la situation avant réforme : texte applicable, coût, effectifs, volume traité, délai et qualité lorsque ces données existent. Sans état initial, aucun avant/après n'est sérieux.
6 mois — déploiementVérifier que les actes nécessaires sont publiés, que les responsables sont nommés, que les outils et crédits existent réellement et que l'ancien dispositif n'est pas maintenu en doublon sans justification.
18 mois — premiers effetsComparer l'indicateur principal avec la baseline, isoler les coûts de transition et publier les écarts entre la trajectoire annoncée et la réalisation.
36 mois — réexamenDécider de maintenir, corriger, amplifier ou arrêter le dispositif. Une mesure qui ne produit pas l'effet documenté doit pouvoir être révisée sans attendre la fin d'un quinquennat.

Test anti-illusion

Compter une suppression juridique comme une économie alors que missions, agents, locaux ou contrats ont simplement changé de structure. Pour cette mesure, le dossier de contrôle doit donc publier au minimum la donnée de départ, la date d'effet, le coût de transition, le résultat observé et l'explication de l'écart.

Grille d'audit en 8 questions
  1. Quel texte précis autorise ou impose la réforme ?
  2. Quelle autorité est responsable de chaque étape et à quelle date ?
  3. Quelle valeur de référence est figée avant la mise en œuvre ?
  4. Quel indicateur mesure le résultat plutôt que l'activité ?
  5. Quels coûts nouveaux, coûts de transition ou transferts doivent être déduits du gain brut ?
  6. Quelle donnée permet de détecter un effet indésirable ou un contournement ?
  7. Qui vérifie les chiffres indépendamment du service qui met en œuvre la mesure ?
  8. Quelle clause permet de corriger ou d'arrêter la mesure si les résultats ne sont pas au rendez-vous ?

Contrat de mesure · mesure 3.18

Comment savoir objectivement si cette mesure fonctionne ?

Le résultat doit être défini avant l’entrée en vigueur. Le principe est simple : un même indicateur, une même unité, un même périmètre et une même méthode doivent être conservés entre la baseline et les contrôles ultérieurs. Si la méthode change, la rupture de série doit être publiée.

Indicateur principal

Coût net consolidé de la mission

Unité : € constants/an.

Fréquence

trimestrielle puis annuelle.

La périodicité ne doit pas être modifiée simplement parce qu’un résultat devient défavorable.

Producteur / preuve

ministère de tutelle / direction du Budget / opérateur.

Le fichier source, sa date et sa version doivent rester auditables.

Calcul à figer

coût total avant − coût total après, en réintégrant transferts, contrats et transition

Le numérateur, le dénominateur et les exclusions doivent être documentés avant J0. Une série recalculée après coup doit conserver l’ancienne version ou expliciter la rupture.

Objectif vérifiable

À figer avant J0 dans le texte d’application ou la décision de pilotage ; il est interdit de modifier la cible après observation des résultats.

Règle de gouvernance : la cible, la tolérance et le calendrier sont enregistrés avant le lancement. Ils ne sont pas réécrits a posteriori pour transformer un échec en réussite.

Indicateur garde-fou

qualité du service, délai, emploi, coûts de transition, doublons résiduels. Une amélioration du KPI principal ne suffit pas si elle est obtenue au prix d’une dégradation majeure de ce garde-fou.

Règle de verdict PASS / À RÉVISER / FAIL
  • PASS : objectif préenregistré atteint dans le délai prévu et garde-fou respecté.
  • À RÉVISER : progression réelle mais cible non atteinte, coût de transition supérieur à l’hypothèse ou effet indésirable corrigeable.
  • FAIL : absence d’amélioration démontrable, résultat obtenu par déplacement du coût/problème, rupture méthodologique non documentée ou dégradation majeure du garde-fou.

Coûts de transition : non chiffrés à ce stade ; le calcul doit être établi à partir des coûts réels de mise en œuvre.

Avant consolidation, il faut identifier les dépenses nécessaires au passage de l’organisation actuelle à la cible : systèmes d’information, formation, mobilité, accompagnement, indemnités éventuelles, contrats à terminer et fonctionnement temporaire en double.

L’absence de chiffrage n’est pas assimilée à zéro. Tant que ces coûts ne sont pas documentés, l’impact budgétaire net complet reste ouvert.