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Mesure 31 / 155

02 — Administration · Mesure 2.11 · 31 / 155

Revaloriser la rupture conventionnelle sans transformer le départ volontaire en chèque automatique

Le dispositif est devenu pérenne en 2026. La proposition d’un mois de salaire par année d’ancienneté est plafonnée et traitée comme un coût de transition : aucun coût national n’est publié sans distribution des anciennetés, taux de recours et population éligible ; aucun départ n’est compté comme économie s’il ne produit pas un bénéfice organisationnel mesurable.

Bible France · chapitre documentaireMise à jour : 12 août 2026Sources primaires prioritaires
Mesure 2.11 — Revaloriser la rupture conventionnelle sans transformer le départ volontaire en chèque automatique
Lecture visuelle spécifique à la mesure 2.11
Agentsituation et volontariatEmployeurbesoin de compétencesTransitionindemnité + accompagnementContrôlecoût net et reclassement
Question : qui décide, qui finance et comment mesurer le coût d’une transition volontaire ? Schéma explicatif — proposition/méthode, non donnée observée sauf source indiquée.

En 30 secondes

Situation actuelleLe dispositif est devenu pérenne en 2026. La proposition d’un mois de salaire par année d’ancienneté est plafonnée et traitée comme un coût de transition : aucun coût national n’est publié sans distribution des anciennetés, taux de recours et population éligible ; aucun départ n’est compté comme économie s’il ne produit pas un bénéfice organisationnel mesurable.
PropositionRevaloriser la rupture conventionnelle sans transformer le départ volontaire en chèque automatique
VéhiculeLoi et décret modifiant le barème d’indemnité spécifique, enveloppes budgétaires et règles d’éligibilité.
Effet financierInvestissement initial ; l’économie dépend du non-remplacement réel et du délai de retour sur investissement par départ.
Statut des donnéesÉlevée sur les bases juridiques et la méthode ; aucun montant budgétaire retenu tant que l’assiette et les coûts de substitution ne sont pas consolidés.
DifficultéUn barème trop généreux peut payer le départ d’agents qu’il faudra ensuite remplacer, détruisant toute économie.

Le droit a changé en 2026

La rupture conventionnelle des fonctionnaires, expérimentée de 2020 à 2025, a été pérennisée par la loi de finances pour 2026. L’administration et le fonctionnaire peuvent convenir d’une cessation définitive des fonctions, avec une indemnité encadrée. [1] La mesure 2.11 ne crée donc plus un outil nouveau : elle propose d’en modifier fortement l’attractivité financière.

Le barème minimal actuellement prévu par le décret de 2019 est progressif : un quart de mois par année jusqu’à dix ans, puis deux cinquièmes, un demi-mois et trois cinquièmes selon les tranches d’ancienneté. [2] Passer à un mois par année constitue un changement considérable ; il doit être présenté comme la proposition du Plan, non comme le droit actuel.

Chiffrer chaque départ par son temps de retour

L’administration doit calculer le coût complet de l’indemnité, des congés ou droits connexes et de l’éventuel accompagnement, puis le comparer au coût salarial futur évité. Si le poste est supprimé et qu’un agent ayant quinze ans d’ancienneté reçoit quinze mois de salaire, le retour brut intervient plus d’un an après son départ ; s’il faut remplacer le poste, il peut ne jamais exister.

La décision doit donc contenir un horizon de retour sur investissement et une règle d’exclusion : pas de rupture financée au titre de cette mesure lorsque le service prévoit de recruter immédiatement un profil équivalent. Les métiers en tension peuvent être temporairement inéligibles. Cette discipline empêche l’outil RH de devenir une simple dépense de confort.

Protéger le caractère réellement volontaire

Le code précise que la rupture est conventionnelle : elle résulte d’un accord entre les parties. [3] L’attractivité du nouveau barème ne doit pas servir à contourner les garanties attachées aux réorganisations. L’agent doit disposer d’un délai de réflexion, d’une information claire sur retraite et chômage, et de la possibilité d’être assisté dans la procédure.

Le suivi doit également regarder le profil des départs. Si les meilleurs experts ou les agents proches de métiers en pénurie utilisent massivement le dispositif, le coût indirect peut dépasser l’économie. Un comité de pilotage compare ancienneté, métier, âge, localisation et besoin de remplacement afin d’ajuster les critères sans remettre en cause le principe du départ volontaire.

Comparer la rupture aux autres outils de transition

La mesure 2.11 ne doit pas être analysée seule. Mobilité interne, retraite progressive, non-remplacement naturel et formation peuvent coûter moins cher ou préserver davantage de compétences selon le cas. Le conseiller RH doit présenter plusieurs scénarios et leur coût net, plutôt que proposer automatiquement la rupture dès qu’un poste est supprimé.

Le bilan public doit publier nombre de ruptures, indemnité moyenne, ancienneté, postes réellement supprimés, recrutements compensatoires et délai de retour sur investissement. Ce sont ces données, et non le seul nombre de départs, qui permettront de juger si la revalorisation accélère réellement la transformation de l’administration.

Comparer le coût d'un départ volontaire au coût de maintien du poste

La rupture conventionnelle dans la fonction publique n'est plus un dispositif expérimental : la loi de finances pour 2026 l'a pérennisée. [1] [4] Le Plan propose de revaloriser fortement l'indemnité jusqu'à un mois de salaire brut par année d'ancienneté ; cette proposition doit être présentée comme un choix politique supplémentaire, distinct du droit actuel et de son barème minimal réglementaire.

Le barème actuel prévu par le décret n°2019-1596 progresse par tranches d'ancienneté et ne correspond pas à un mois par année. [2] Pour décider rationnellement d'une revalorisation, chaque cas doit donc présenter trois montants : indemnité légale minimale, indemnité proposée par le Plan et coût évité si le poste n'est effectivement pas remplacé. Le temps de retour sur investissement devient un indicateur explicite plutôt qu'un slogan sur la réduction des effectifs. [source]

Le caractère volontaire doit rester contrôlable. Le Code général de la fonction publique encadre le dispositif et la convention résulte d'un accord entre l'agent et l'administration. [3] Un tableau de bord public devrait donc suivre ancienneté, métier, montant versé, remplacement ou non du poste, recours ultérieur à un prestataire et délai d'amortissement. Une indemnité généreuse qui conduit à recruter immédiatement le même profil ne constitue pas une économie structurelle.

Rupture conventionnelle : coût de départ et temps de retour
Schéma opérationnel : les étapes sont propres à la mesure 2-11 et doivent être vérifiées avant la bascule.

Mise en œuvre opérationnelle : du principe au dossier exécutable

Le cadre juridique a changé : après l’expérimentation 2020-2025, la rupture conventionnelle des fonctionnaires a été pérennisée en 2026. Delta-Sierra n’a donc pas à créer le mécanisme de zéro ; la question devient le niveau d’indemnisation, les publics visés et le contrôle de rentabilité. Chaque convention doit être volontaire et liée à un projet professionnel ou à une transformation réelle du poste.

Une indemnité plus généreuse ne se justifie que si le poste peut effectivement être éteint ou si elle accélère une transition qui aurait coûté davantage autrement. Le dossier calcule un temps de retour : indemnité, accompagnement et formation éventuelle divisés par la dépense annuelle réellement évitée. Si le poste est recréé ou remplacé par une prestation équivalente, le retour sur coût devient nul et la convention ne doit pas être comptabilisée comme économie.

Plan A, Plan B, Plan C : continuer même si la voie principale bloque

Plan A

Utiliser le cadre pérenne en ciblant les transformations documentées et en publiant un calcul de retour sur coût.

Plan B

Pour un agent qui hésite à quitter définitivement la fonction publique, privilégier disponibilité ou mobilité externe temporaire lorsque le droit le permet.

Plan C

Si le poste reste nécessaire, ne pas financer un départ artificiel : organiser mobilité interne ou maintien en fonction plutôt que produire une fausse économie.

Le repli doit rester fidèle à l’objectif sans prétendre que le véhicule principal a été adopté. Une indemnité plus généreuse n’est rationnelle que si elle évite des coûts futurs supérieurs. Les étapes autonomes juridiquement et budgétairement sont donc exécutées en premier ; le solde est représenté seulement après mesure des effets, avec publication des transferts de coûts et des éventuelles dégradations de service.

Indicateurs, coût net et preuve de réussite

La DGAFP indique que 8 783 fonctionnaires de l’État ont utilisé la rupture conventionnelle durant l’expérimentation 2020-2025. Ce chiffre documente l’existence du dispositif, pas le rendement d’une indemnité revalorisée. Le tableau de bord L’analyse doit suivre coût moyen, postes effectivement éteints, recrutements compensatoires et retour éventuel dans l’emploi public. Le coût de transition est publié avant toute économie nette.

Preuve au point d’usage : DGAFP — rupture conventionnelle pérennisée en 2026 ↗

Règle de chiffrage

Économie nette annuelle= coûts effectivement supprimés − coûts transférés − nouveaux coûts récurrents

Investissement initial ; l’économie dépend du non-remplacement réel et du délai de retour sur investissement par départ.

Le coût de transition — migrations, formation, immobilier, indemnités ou double fonctionnement — est publié séparément et n’est jamais masqué dans l’économie annuelle.

Rupture conventionnelle : exiger un délai de retour financier mesurable

Une indemnité plus généreuse n’est pas automatiquement une économie

La rupture conventionnelle n’a de sens budgétaire que si le poste disparaît durablement ou si son remplacement coûte moins cher. Le dossier doit donc lier chaque départ à une décision d’organisation, sans quoi l’administration paie une indemnité puis recrute sur le même poste.

Le coût initial inclut indemnité, accompagnement et droits associés ; le bénéfice annuel correspond au coût salarial réellement évité après prise en compte d’une éventuelle externalisation.

Calculer le point mort avant d’autoriser le départ

Le délai de retour est : coût ponctuel de départ ÷ économie annuelle nette. Si une indemnité et l’accompagnement représentent 60 000 € et que le poste évite réellement 30 000 € nets par an, le point mort intervient en deux ans. Si le poste doit être remplacé, le calcul peut devenir négatif.

Chaque campagne devrait fixer un délai maximal acceptable selon la stratégie RH et publier le résultat agrégé par ministère.

Prévenir la sélection des agents les plus employables

Un dispositif très attractif peut provoquer le départ des compétences les plus rares plutôt que celui des postes devenus inutiles. L’autorisation doit donc tenir compte de la criticité du métier et de la capacité de remplacement interne.

Le suivi à deux ans doit comparer le nombre de postes réellement supprimés, les recrutements effectués dans les mêmes métiers et les compétences perdues.

Cette mesure dans le système

La mesure 2.11 constitue un parcours de sortie possible dans la transition 2.03, mais elle ne doit jamais être confondue avec l’économie structurelle de 2.09. L’indemnité est un coût de transition ; l’économie n’apparaît que si le poste disparaît durablement ou si sa mission est absorbée à moindre coût. Le registre commun devra donc suivre chaque poste après le départ et détecter les remplacements ou externalisations qui annulent le gain attendu.

Approfondissement : Calculer le point mort d’une rupture conventionnelle revalorisée

Une indemnité plus généreuse n’est rationnelle que si elle évite des coûts futurs supérieurs. Le calcul de point mort compare l’indemnité supplémentaire, les charges et l’accompagnement avec la masse salariale et les dépenses qui auraient été supportées en l’absence de départ. Si un poste doit être immédiatement remplacé, la rupture produit peu ou pas d’économie structurelle.

Si le poste disparaît réellement, le coût initial peut être amorti en plusieurs mois ou années. La formule doit donc publier coût de départ, coût annuel du poste, probabilité de remplacement et horizon de récupération. Les situations sont suivies par cohorte afin de vérifier les hypothèses. Cette transparence évite de comptabiliser simultanément l’indemnité comme investissement et le salaire théorique complet comme économie dès le premier jour.

Rupture conventionnelle : calculer le point mort

La rupture conventionnelle des fonctionnaires a été pérennisée en 2026. La proposition L’analyse doit donc partir de ce droit existant et se concentrer sur les conditions financières et la sélectivité. L’indemnité revalorisée n’est intéressante pour les finances publiques que si elle permet réellement d’éteindre un poste qui n’est ni remplacé ni externalisé.

Pour chaque départ, Le suivi public publie un point mort : indemnité + accompagnement + coûts résiduels, divisés par l’économie annuelle réellement produite. Une indemnité élevée peut être rationnelle si le poste disparaît durablement ; elle est une dépense sèche si le même travail est confié à un prestataire quelques semaines plus tard. Cette règle empêche de transformer une politique de départ en chiffre d’économie automatique.

Approfondissement : une rupture conventionnelle revalorisée doit rester une sortie choisie et financée

Le dispositif doit viser les situations où la mobilité interne n’est pas adaptée

Une indemnité de départ peut faciliter une transformation lorsque le poste disparaît et que l’agent souhaite réellement un autre projet professionnel. Elle ne doit pas devenir le moyen de pousser au départ des personnes difficiles à reclasser ou, à l’inverse, une prime générale versée à des agents qui seraient partis de toute façon. L’éligibilité doit donc être liée à une réorganisation identifiée et à un accord individuel éclairé.

Comparer coût immédiat et économie future

Le délai de retour financier peut être représenté par D = I ÷ Ea. D est le nombre d’années nécessaires pour compenser l’indemnité, I son coût complet et Ea l’économie annuelle nette réellement créée par la disparition du poste. Le symbole ÷ signifie « divisé par ». Si le poste est recréé ou remplacé par un consultant, l’économie annuelle doit être recalculée.

Protéger le consentement

Un délai de réflexion, une information complète et la possibilité d’un conseil extérieur doivent accompagner la décision. Les critères de montant doivent être transparents afin d’éviter des écarts arbitraires. Les agents proches de la retraite, en situation de handicap ou exposés à une forte difficulté de reconversion nécessitent une vigilance particulière.

Mesurer le devenir professionnel

Le tableau de bord suivra coût moyen, taux de remplacement des postes, délai de retour financier, reclassements évités et situation professionnelle à douze mois lorsqu’elle peut être suivie légalement. Une rupture conventionnelle réussie réduit durablement une dépense ou facilite une reconversion, elle ne sert pas uniquement à afficher une baisse d’effectif à court terme.

Notes et sources

  1. DGAFP — pérennisation de la rupture conventionnelle en 2026 — source primaire/institutionnelle utilisée pour le cadre de la mesure.
  2. Décret n°2019-1596 — barème minimal de l’indemnité — source primaire/institutionnelle utilisée pour le cadre de la mesure.
  3. Code général de la fonction publique — rupture conventionnelle — source primaire/institutionnelle utilisée pour le cadre de la mesure.
  4. Loi de finances 2026 — article 173 — source primaire/institutionnelle utilisée pour le cadre de la mesure.

Pour approfondir

Les ouvrages prolongent le programme mais ne remplacent jamais les sources primaires citées dans le chapitre.

Couverture IA : comment transformer la France

IA : comment transformer la France

Cas d’usage, automatisation et contrôle humain dans les services publics.

Repère historique — pourquoi cette question se pose aujourd’hui

La mesure s’inscrit dans une organisation construite par étapes. L’objectif de ce repère n’est pas de fabriquer une date symbolique, mais de rappeler que les règles, structures et dépenses actuelles résultent de décisions successives qui doivent être identifiées dans les sources de la page avant toute comparaison.

La comparaison chronologique retient uniquement les dates documentées par les textes ou rapports cités ; lorsqu’une période n’est pas couverte par une source, cette limite est signalée explicitement.

Risques et objections — ce qui peut faire échouer la réforme

Le risque principal est de confondre une décision juridique avec son résultat opérationnel. Une réforme peut être adoptée mais produire un déplacement de charge, un coût de transition sous-estimé, une perte de qualité de service ou un contournement du dispositif.

Le contrôle doit donc publier les effets inattendus, les coûts transférés et les indicateurs de qualité en même temps que les économies éventuelles. Une objection documentée doit pouvoir conduire à corriger le calendrier ou le mécanisme sans effacer l’objectif initial.

Règle anti-double-compte

Un même poste supprimé, une même recette ou un même achat évité ne peut apparaître que sur une seule ligne de consolidation. Si plusieurs réformes concourent au résultat, l’une porte le montant et les autres enregistrent une interaction non additive.

Cette règle vaut également pour les coûts : un coût de transition mutualisé doit être attribué une seule fois et référencé par les autres lignes concernées.

Statut financier de la mesure

Le grand livre des économies et la réalité budgétaire ne sont pas la même chose. Une mesure peut ne revendiquer aucune économie autonome tout en créant une dépense, une perte de recettes, un transfert ou un coût de transition. Le tableau ci-dessous sépare explicitement ces notions.

Économie autonome
aucune économie autonome revendiquée
Type d’impact budgétaire
dépense ou coût de mise en œuvre
Propriétaire budgétaire
Employeurs publics des trois versants de la fonction publique pour leurs propres effectifs et indemnités.
Ligne financière liée
Aucune ligne financière autonome attribuée à ce stade
Mesures liées
2.03|2.09
Quantification de l’impact
Aucun montant autonome n’est certifié pour cette mesure
Coûts de transition
Non chiffré de manière suffisamment fiable à ce stade
Impact budgétaire net
ouvert — le coût, la recette, les transferts ou les interactions ne sont pas complètement fermés
Statut de consolidation
Hors addition autonome tant que la ligne porteuse, le propriétaire et les interactions ne sont pas fermés.

Classification prudente : aucun effet budgétaire n’est déclaré non applicable par défaut.

Pourquoi cette classification ?

La mesure 2.11 constitue un parcours de sortie possible dans la transition 2.03, mais elle ne doit jamais être confondue avec l’économie structurelle de 2.09. L’indemnité est un coût de transition ; l’économie n’apparaît que si le poste disparaît durablement ou si sa mission est absorbée à moindre coût. Le registre commun devra donc suivre chaque poste après le départ et détecter les remplacements ou externalisations qui annulent le gain attendu.

Le propriétaire budgétaire est désormais identifié au niveau institutionnel ou ventilé par compétence. Cette qualification ferme le critère local de traçabilité ; elle ne ferme pas à elle seule l’impact net ni le coût de transition.

Données publiques de référence · millésime 2024

Administration : 5,85 millions d’agents publics constituent le point de départ, pas une économie potentielle

Avant de discuter la mesure 2.11, on fixe un ordre de grandeur national provenant d'une source publique. Il ne s'agit ni du coût ni de l'économie annoncée par la mesure : c'est une baseline indépendante à partir de laquelle le lecteur peut contrôler les ordres de grandeur.

Fonction publique5,85 millions d’agentsau 31 décembre 2024
Évolution annuelle+37 000 agents, soit +0,6 %par rapport à fin 2023

Calcul de contrôle : 37 000 ÷ 5 850 000 × 100 ≈ 0,63 %, cohérent avec l’ordre de grandeur officiel de +0,6 %.

Ce que ce chiffre ne permet pas de conclure : Ce stock d’agents ne peut jamais être multiplié par un taux générique de « simplification » pour produire une économie. Il faut identifier les missions, les postes, les coûts réellement supprimés et les coûts de transition.

Application à « Revaloriser la rupture conventionnelle sans transformer le départ volontaire en chèque automatique » : utiliser ce repère pour vérifier le dénominateur, le calendrier et l'ordre de grandeur de la proposition. Toute estimation propre à cette mesure doit ensuite être sourcée séparément et ne doit jamais être remplacée par la statistique nationale ci-dessus.

Règle de mise à jour : conserver le millésime et la date de publication. Lorsqu'une nouvelle édition officielle paraît, mettre à jour la donnée sans réécrire rétroactivement ce qui était connu au millésime précédent.

Atelier citoyen de vérification · mesure 2.11

Passer de la proposition à la preuve : comment auditer cette mesure soi-même

La question n'est pas seulement de savoir si « Revaloriser la rupture conventionnelle sans transformer le départ volontaire en chèque automatique » paraît souhaitable. Il faut pouvoir montrer, chiffres et droit à l'appui, ce qui change réellement entre la situation de départ et la situation après mise en œuvre. Cette grille transforme la page en exercice de contrôle : le lecteur doit être capable de retrouver le dénominateur, le calendrier, le coût net, le véhicule juridique et le critère qui permettrait de conclure que la mesure fonctionne réellement.

1. Établir la situation de départ

Domaine : Administration. Relever avant toute réforme les données portant sur délais, volumes traités, effectifs, qualité de service et coût de transition. Pour chaque chiffre, noter l'année, l'unité, le périmètre, la source primaire et la fréquence de mise à jour. Un chiffre sans dénominateur ou sans date ne permet pas de mesurer un progrès.

Une simplification n'est réelle que si une étape, un délai, une formalité ou un coût disparaît effectivement pour l'usager et pour l'administration.

2. Refaire le calcul ou le test principal

Taux d'usage = utilisateurs actifs ÷ personnes formées

Distinguer le nombre de personnes ayant suivi un module du nombre de personnes capables d'utiliser la compétence en situation réelle. Mesurer l'usage à 3, 6 et 12 mois et le coût par capacité réellement acquise.

Exercice : reprendre le dernier chiffre officiel cité dans cette page, retrouver sa source d'origine et recalculer le résultat avec les mêmes unités. Si le résultat ne peut pas être reproduit, classer l'affirmation « à documenter » plutôt que « acquise ».

3. Séparer promesse, mise en œuvre et résultat

Construire trois lignes distinctes : ce qui est décidé, ce qui est effectivement déployé et ce qui est observé. Pour « Revaloriser la rupture conventionnelle sans transformer le départ volontaire en chèque automatique », une loi votée, un décret publié ou un budget ouvert ne constituent pas encore le résultat final. Ajouter une date cible, un responsable et un indicateur avant/après.

Exiger aussi un scénario d'échec : retard juridique, résistance opérationnelle, coût de transition supérieur aux prévisions, effet de report vers une autre administration ou comportement d'évitement.

4. Prononcer un verdict révisable

  • PASS : mécanisme documenté, données reproductibles, véhicule juridique crédible, financement et responsable identifiés.
  • À RÉVISER : objectif plausible mais hypothèse, calendrier, coût ou indicateur encore insuffisamment démontré.
  • FAIL : double compte, causalité non démontrée, coût déplacé plutôt que supprimé, ou impossibilité juridique/opérationnelle non traitée.

Le verdict doit pouvoir changer avec une nouvelle donnée : une bonne politique publique est auditable, pas seulement défendable.

Question de maîtrise : si un décideur annonçait demain que cette mesure est « réalisée », quelles trois pièces demanderiez-vous pour vérifier qu'il ne confond pas décision, activité et résultat ? Répondre à cette question sans relire la page constitue le niveau attendu.

Plan d'exécution et de contrôle · mesure 2.11

Qui décide, qui applique et comment prouver que « Revaloriser la rupture conventionnelle sans transformer le départ volontaire en chèque automatique » fonctionne réellement ?

Une mesure n'est pas terminée lorsqu'elle est annoncée, votée ou financée. Pour Revaloriser la rupture conventionnelle sans transformer le départ volontaire en chèque automatique, il faut pouvoir suivre une chaîne complète : base juridique → responsable → déploiement → indicateur → contrôle indépendant → réexamen. Le plan ci-dessous constitue une grille d'exécution à adapter au texte juridique final ; il ne remplace pas l'expertise légistique article par article.

1. Acte à préparer

Loi si une compétence ou une garantie légale change ; décret et arrêtés pour l'organisation ; circulaires seulement pour l'exécution interne. La hiérarchie des normes doit être explicitée.

2. Responsable identifiable

Premier ministre, ministères concernés, préfets et administrations gestionnaires selon le périmètre de la mesure.

3. Preuve de déploiement

Processus cible documenté, services responsables désignés, systèmes d'information adaptés et ancien processus effectivement retiré lorsqu'il doit disparaître.

4. Preuve de résultat

Le contrôle doit privilégier taux de réussite, compétence réellement acquise et usage observé après formation. Une activité administrative ou un budget consommé n'est qu'un moyen : le résultat doit être observable sur le périmètre annoncé.

Calendrier de preuve : quatre rendez-vous obligatoires

J0 — référenceArchiver la situation avant réforme : texte applicable, coût, effectifs, volume traité, délai et qualité lorsque ces données existent. Sans état initial, aucun avant/après n'est sérieux.
6 mois — déploiementVérifier que les actes nécessaires sont publiés, que les responsables sont nommés, que les outils et crédits existent réellement et que l'ancien dispositif n'est pas maintenu en doublon sans justification.
18 mois — premiers effetsComparer l'indicateur principal avec la baseline, isoler les coûts de transition et publier les écarts entre la trajectoire annoncée et la réalisation.
36 mois — réexamenDécider de maintenir, corriger, amplifier ou arrêter le dispositif. Une mesure qui ne produit pas l'effet documenté doit pouvoir être révisée sans attendre la fin d'un quinquennat.

Test anti-illusion

Ajouter un guichet, un logiciel ou une couche de coordination sans supprimer l'ancienne procédure et présenter l'activité nouvelle comme une simplification. Pour cette mesure, le dossier de contrôle doit donc publier au minimum la donnée de départ, la date d'effet, le coût de transition, le résultat observé et l'explication de l'écart.

Grille d'audit en 8 questions
  1. Quel texte précis autorise ou impose la réforme ?
  2. Quelle autorité est responsable de chaque étape et à quelle date ?
  3. Quelle valeur de référence est figée avant la mise en œuvre ?
  4. Quel indicateur mesure le résultat plutôt que l'activité ?
  5. Quels coûts nouveaux, coûts de transition ou transferts doivent être déduits du gain brut ?
  6. Quelle donnée permet de détecter un effet indésirable ou un contournement ?
  7. Qui vérifie les chiffres indépendamment du service qui met en œuvre la mesure ?
  8. Quelle clause permet de corriger ou d'arrêter la mesure si les résultats ne sont pas au rendez-vous ?

Contrat de mesure · mesure 2.11

Comment savoir objectivement si cette mesure fonctionne ?

Le résultat doit être défini avant l’entrée en vigueur. Le principe est simple : un même indicateur, une même unité, un même périmètre et une même méthode doivent être conservés entre la baseline et les contrôles ultérieurs. Si la méthode change, la rupture de série doit être publiée.

Indicateur principal

Coût complet par unité de service délivrée

Unité : € constants/unité.

Fréquence

trimestrielle.

La périodicité ne doit pas être modifiée simplement parce qu’un résultat devient défavorable.

Producteur / preuve

DGAFP + ministères employeurs.

Le fichier source, sa date et sa version doivent rester auditables.

Calcul à figer

coût complet du service ÷ volume de service comparable

Le numérateur, le dénominateur et les exclusions doivent être documentés avant J0. Une série recalculée après coup doit conserver l’ancienne version ou expliciter la rupture.

Objectif vérifiable

À figer avant J0 dans le texte d’application ou la décision de pilotage ; il est interdit de modifier la cible après observation des résultats.

Règle de gouvernance : la cible, la tolérance et le calendrier sont enregistrés avant le lancement. Ils ne sont pas réécrits a posteriori pour transformer un échec en réussite.

Indicateur garde-fou

délais, qualité, absentéisme, charge de travail, continuité. Une amélioration du KPI principal ne suffit pas si elle est obtenue au prix d’une dégradation majeure de ce garde-fou.

Règle de verdict PASS / À RÉVISER / FAIL
  • PASS : objectif préenregistré atteint dans le délai prévu et garde-fou respecté.
  • À RÉVISER : progression réelle mais cible non atteinte, coût de transition supérieur à l’hypothèse ou effet indésirable corrigeable.
  • FAIL : absence d’amélioration démontrable, résultat obtenu par déplacement du coût/problème, rupture méthodologique non documentée ou dégradation majeure du garde-fou.

Une indemnité plus élevée n’est rationnelle que si elle évite un coût durable supérieur

Revaloriser une rupture conventionnelle peut sembler contradictoire avec un objectif d’économie. Le calcul doit donc comparer un coût ponctuel — indemnité, accompagnement, éventuelle formation — au coût futur réellement évité lorsque le poste disparaît ou n’est pas remplacé.

Si le poste doit être recréé quelques mois plus tard, l’indemnité devient une dépense supplémentaire. Chaque dossier devrait donc être rattaché à une décision organisationnelle : suppression de mission, mutualisation, automatisation ou transformation durable du besoin. La seule volonté de départ de l’agent ne suffit pas à démontrer une économie.

Temps de retour

Le dossier peut publier un délai de retour sur coût : indemnité totale divisée par économie mensuelle nette. Si ce délai dépasse la durée pendant laquelle le poste est réellement supprimé, le dispositif n’a pas de rendement budgétaire.