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Mesure 94 / 155

08 — Agriculture, industrie et économie · Mesure 8.02 · 94 / 155

Porter les cantines vers 80 % d’approvisionnement français sans violer la commande publique

Responsabilité budgétaire et anti-double-compte

Propriétaire budgétaire : Collectivités et établissements publics responsables de la restauration, avec cadre national agricole.

Règle de consolidation : Les achats alimentaires ne sont comptés qu’au budget de l’acheteur ; aucun gain national n’est additionné à partir d’un objectif de sourcing.

Cette fermeture concerne le standard documentaire local. Elle ne vaut ni économie nette ni impact budgétaire fermé.

Transformer un objectif de souveraineté alimentaire en stratégie d’achat juridiquement praticable, mesurable et compatible avec les règles de non-discrimination.

Bible France · page canoniqueMise à jour : 12 août 2026Sources au point d’usage
Porter les cantines vers 80 % d’approvisionnement français sans violer la commande publique
Lecture visuelle : étapes et contrôles propres à la mesure 8.02

En 30 secondes

PourquoiTransformer un objectif de souveraineté alimentaire en stratégie d’achat juridiquement praticable, mesurable et compatible avec les règles de non-discrimination.
Effet financierEffet structurel — objectif d’approvisionnement, pas économie budgétaire
VéhiculeLoi, stratégie d’achat et marchés publics compatibles avec le droit européen
Statut des donnéesScénario à confirmer ; montant non consolidé au socle prudent
Plan de repliLa page distingue Plan A, Plan B et Plan C au lieu de conditionner toute la mesure à une seule voie.
ComptabilitéAucun montant incertain n’entre dans le total prudent sans assiette reproductible.

État du droit et situation actuelle

La restauration collective est déjà soumise à des obligations de qualité. En 2026, le cadre EGalim impose au moins 50 % de produits durables et de qualité, dont 20 % de produits biologiques. Les données de télédéclaration montrent cependant un écart important entre l’objectif et la pratique : pour les achats 2024 déclarés, la part de produits durables et de qualité était estimée à 29,5 %, et environ 35 % des cantines déclarantes atteignaient le seuil de 50 %. Le point de départ est donc un système qui possède déjà des objectifs mais dont la mise en œuvre reste incomplète.

Un quota de produits « français » posé directement dans un marché public est juridiquement beaucoup plus fragile qu’un objectif politique de souveraineté. L’acheteur public doit respecter égalité de traitement et non-discrimination. Delta-Sierra distingue donc la cible politique — augmenter très fortement la part de production française — des clauses juridiques utilisées dans les marchés. Ces clauses doivent porter sur des critères admissibles : qualité, saisonnalité, performance environnementale, fraîcheur, délais logistiques, résilience de la chaîne ou approvisionnement direct lorsque le droit le permet.

Preuve au point d’usage : Ministère de l’Agriculture — télédéclaration EGalim 2026 ↗

Le problème exact à résoudre

Le véritable obstacle n’est pas seulement la rédaction des appels d’offres. Une cantine ne peut pas acheter localement un volume que les filières ne sont pas capables de produire, transformer, stocker et livrer avec régularité. La stratégie 2030 doit donc cartographier les besoins par filière : viande, fruits et légumes, produits laitiers, céréales, poisson. Pour chaque territoire, on compare consommation publique, capacité de production, saisonnalité et infrastructures de transformation.

La trajectoire doit aussi éviter l’effet de prix. Une hausse brutale des exigences peut renchérir les repas ou réduire la diversité si l’offre n’est pas prête. Les contrats pluriannuels, allotissements adaptés et groupements de commandes peuvent donner de la visibilité aux producteurs. La politique d’achat est ainsi reliée à une politique de capacité productive, et non réduite à une clause d’origine juridiquement contestable.

La proposition Delta-Sierra rendue exécutable

La cible Delta-Sierra reste 80 % à l’horizon 2030, mais le chemin est réécrit en droit. Une première étape mesure volontairement l’origine réelle des achats. Une deuxième fixe des trajectoires par filière et territoire. Une troisième développe les outils d’achat qui favorisent légalement la qualité, la saisonnalité, les circuits courts au sens opérationnel et la sécurité d’approvisionnement. Les acheteurs publient ensuite leurs résultats par grandes catégories de produits.

L’État peut jouer un rôle d’entraînement sur sa propre restauration et publier les cahiers des charges reproductibles. Les collectivités gardent la responsabilité de leurs marchés mais disposent de modèles juridiques, de données de prix et de plateformes de mise en relation. Le programme prévoit aussi un plan de transformation de cuisines lorsque l’absence de matériel ou de personnel empêche de travailler des produits bruts.

Démonstration financière : ce qui entre ou non dans les comptes

Le Plan ne doit pas présenter comme économie publique le chiffre d’affaires supplémentaire d’un agriculteur français. Ce gain serait économique et territorial, pas une baisse de dépense de l’État. Le budget des cantines peut même augmenter dans certaines filières. La contribution au total prudent est donc zéro euro d’économie autonome. Les effets sont suivis dans un compte séparé : part des achats, prix moyen, valeur ajoutée domestique et évolution des importations.

La démonstration financière doit comparer le coût complet d’un panier avant/après, corrigé de la qualité et du gaspillage. Un produit plus cher à l’achat peut coûter moins si le gaspillage baisse ; l’inverse est aussi possible. Le suivi public publie la formule par filière plutôt qu’un montant national fabriqué à partir d’un pourcentage uniforme.

Preuve au point d’usage : Ministère de l’Agriculture — guides marchés publics restauration collective ↗

Droit, mise en œuvre et solutions de repli

La voie juridiquement robuste consiste à construire les marchés autour de caractéristiques du produit et de l’exécution, non autour de la nationalité du fournisseur. Les guides officiels 2025-2026 donnent déjà aux acheteurs des outils pour intégrer durabilité et qualité. Delta-Sierra propose de pousser cette logique jusqu’à une stratégie de souveraineté mesurée, tout en soumettant les clauses modèles à un contrôle juridique avant diffusion.

Plan A : trajectoire 2030 via marchés compatibles et développement de filières. Plan B : si certains critères sont censurés, renforcer les exigences de saisonnalité, qualité, logistique et performance environnementale objectivement liées au marché. Plan C : agir en amont sur les capacités de production et de transformation afin que les producteurs français gagnent les marchés par compétitivité et disponibilité plutôt que par discrimination juridique.

Preuve au point d’usage : Ministère de l’Agriculture — achats durables 2026 ↗

Indicateurs, audit et critères de réussite

Les indicateurs sont part française mesurée, part EGalim, part biologique, prix par repas, gaspillage, nombre de fournisseurs, délai de paiement et dépendance à quelques grossistes. Les résultats sont publiés par filière, car une moyenne nationale peut masquer un bon résultat laitier et un échec sur les fruits ou la viande.

Le système doit également mesurer la capacité productive créée : contrats pluriannuels, ateliers de transformation, plateformes logistiques et volumes sécurisés. La réussite est une chaîne qui peut réellement approvisionner les cantines, pas un pourcentage inscrit dans une loi sans offre disponible.

Plans A, B et C — l’objectif survit au blocage d’un véhicule

Plan A : inscrire une trajectoire d’approvisionnement dans la commande publique en partant du cadre EGalim existant, avec objectifs progressifs, publication des achats et accompagnement des acheteurs. Plan B : lorsque l’origine nationale ne peut pas être imposée directement en raison du droit de la commande publique et du marché intérieur, utiliser des critères juridiquement défendables liés à la saisonnalité, à la fraîcheur, aux performances environnementales, aux circuits logistiques, à la qualité et à la résilience, sans déguiser une préférence nationale illégale.

Plan C : sécuriser des contrats territoriaux, groupements de commande, allotissements accessibles aux producteurs et plateformes logistiques qui réduisent concrètement les obstacles d’accès. L’objectif politique de souveraineté alimentaire doit survivre au véhicule juridique sans demander aux acheteurs de violer les principes de concurrence.

Trois questions qui peuvent invalider la mesure

  • La capacité française existe-t-elle filière par filière ?
  • Les clauses d’achat résistent-elles au contrôle de non-discrimination ?
  • Le prix et le gaspillage sont-ils suivis avec l’origine ?

Approfondissement : De l’objectif politique au cahier des charges juridiquement exécutable

Un pourcentage affiché ne suffit pas : une cantine doit pouvoir acheter les volumes, au bon moment, au bon prix et avec une traçabilité contrôlable. Le programme doit donc cartographier les familles de produits, les saisons, les capacités régionales de transformation et les contraintes de restauration collective. Pour chaque lot, l’acheteur choisit les critères compatibles avec le droit applicable et publie la méthode de calcul.

Les indicateurs séparent part de produits durables et de qualité, part bio, origine lorsque celle-ci est légalement collectable et valeur revenant aux producteurs. Les collectivités qui n’atteignent pas la trajectoire expliquent si le frein vient du prix, de l’offre, de la logistique ou du droit. Ce diagnostic évite de sanctionner une cantine pour un objectif matériellement impossible et oriente les investissements vers les vrais goulets d’étranglement.

De l’objectif politique à une commande publique juridiquement tenable

Un objectif de quatre-vingts pour cent d’approvisionnement français exprime une orientation de souveraineté alimentaire, mais la commande publique ne peut pas être écrite comme une préférence nationale brute ignorant les règles de concurrence. La traduction opérationnelle doit donc partir des besoins : saisonnalité, fraîcheur, délais de livraison, qualité, transformation, empreinte logistique, labels admis par le droit et capacité d’approvisionnement. Ces critères peuvent favoriser une offre de proximité lorsqu’elle est objectivement mieux adaptée sans écrire une clause de nationalité.

L’autre risque est la capacité. Une cantine ne peut pas acheter français si la filière ne produit pas le volume, la qualité ou le conditionnement requis au bon moment. Chaque famille de produits doit donc avoir une trajectoire : niveau actuel, bassin de production, besoins de transformation, contrats pluriannuels et alternatives en cas de pénurie. Le chiffre de quatre-vingts pour cent doit être suivi avec le coût des repas et le gaspillage pour éviter qu’un bon ratio d’origine se traduise par davantage de déchets ou une hausse non financée.

Le Plan A passe par des critères d’achat compatibles et des contrats préparant les filières. Si une clause est annulée, le Plan B conserve les objectifs mesurables de saisonnalité, de qualité et de logistique. Si l’offre reste insuffisante, le Plan C transforme une partie de la commande publique en signal d’investissement pluriannuel plutôt que sanctionner une cantine qui ne peut acheter un produit indisponible. Aucun gain budgétaire autonome n’est enregistré.

Construire la trajectoire filière par filière

La trajectoire ne peut pas être identique pour la viande, les fruits, les légumes, les produits laitiers, les céréales et les produits transformés. Avant de fixer un calendrier contractuel, les acheteurs publics recensent la part actuelle, les volumes, la saisonnalité, la capacité locale de transformation et les périodes où l’offre française est structurellement insuffisante. Ce diagnostic évite de transformer un objectif de souveraineté en succession de marchés infructueux.

Les grandes collectivités et centrales d’achat peuvent publier plusieurs années à l’avance leurs besoins prévisionnels. Cette visibilité donne aux producteurs, coopératives et transformateurs une information d’investissement : volumes, conditionnement, fréquence de livraison et qualité attendue. Le marché public devient alors un outil de structuration de filière sans garantir un fournisseur ni contourner la mise en concurrence.

Le contrôle doit publier simultanément quatre indicateurs : part des achats répondant aux critères, coût matière par repas, taux de gaspillage et incidents d’approvisionnement. Une progression de l’origine qui s’accompagne d’une forte hausse du gaspillage ou de ruptures répétées doit conduire à revoir le calendrier. Le chiffre politique n’est pas supérieur à la continuité du service de restauration.

Cantines : soutenir les filières françaises avec des critères d’achat juridiquement défendables

La nationalité du produit ne peut pas devenir un critère brut de commande publique

Un objectif politique d’approvisionnement français doit être traduit en critères autorisés : saisonnalité, qualité, performances environnementales, fraîcheur, délais logistiques, structuration des lots ou approvisionnement direct. Les guides EGalim montrent justement comment construire des marchés durables sans réserver artificiellement le contrat à une origine nationale.

Le dossier doit donc distinguer l’objectif de souveraineté de la rédaction juridique du marché.

Partir de la situation réelle des cantines

En 2026, les objectifs EGalim portent déjà sur des proportions de produits durables et de qualité, et les résultats observés restent en dessous des cibles dans une partie des établissements. Passer à un objectif plus ambitieux exige donc de mesurer disponibilité par filière, saison, territoire et catégorie de restauration.

Une cantine hospitalière n’a pas les mêmes contraintes d’achat qu’une école rurale ou un restaurant administratif.

Mesurer le surcoût et l’effet filière

Le suivi doit publier part des achats répondant aux critères, prix moyen par repas, gaspillage, nombre de fournisseurs et part des marchés accessibles aux PME agricoles. Si le coût augmente, il faut identifier quelle part vient de la qualité, de la logistique ou d’une offre insuffisante.

L’objectif n’est crédible que s’il améliore réellement les débouchés sans dégrader nutrition ou budget de façon non assumée.

Construire un objectif de souveraineté alimentaire compatible avec la commande publique

Critères d’achat plutôt qu’origine interdite

Un objectif politique formulé uniquement en pourcentage de produits « français » peut entrer en tension avec les règles de la commande publique. Le cahier des charges doit donc travailler sur des caractéristiques objectivement liées au besoin : fraîcheur, saisonnalité, délais entre récolte et service, qualité, performance environnementale, traçabilité ou organisation logistique, sans transformer ces critères en discrimination territoriale déguisée.

Une trajectoire par filière

La trajectoire doit aussi être filière par filière. Une cuisine peut augmenter rapidement la part de produits répondant aux critères sur certaines familles et rencontrer une offre insuffisante sur d’autres. Le tableau de bord doit donc publier les volumes, la valeur des achats, la part sous contrat, le nombre de fournisseurs et les appels d’offres restés sans réponse satisfaisante.

Comparer des menus réellement comparables

Le coût doit être mesuré à menu comparable. Si la politique modifie simultanément la fréquence de certains plats, les grammages ou le gaspillage, une variation du coût d’achat ne peut pas être attribuée au seul approvisionnement. Le dossier doit isoler le coût matière, le gaspillage évité et les éventuels investissements logistiques.

Donner de la visibilité aux fournisseurs

Enfin, un objectif élevé n’est soutenable que si les fournisseurs peuvent planifier. Des marchés pluriannuels, des lots adaptés et une visibilité sur les volumes peuvent compter davantage qu’un pourcentage imposé sans préparation. Le suivi doit donc mesurer également la stabilité des fournisseurs et la capacité des filières à répondre aux besoins publics.

Sources primaires et institutionnelles

Pour approfondir

Réforme de l’État — Plan de Rupture

Le livre source rassemble le programme complet et ses hypothèses historiques.

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IA : comment transformer la France

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Règle anti-double-compte

Un même poste supprimé, une même recette ou un même achat évité ne peut apparaître que sur une seule ligne de consolidation. Si plusieurs réformes concourent au résultat, l’une porte le montant et les autres enregistrent une interaction non additive.

Cette règle vaut également pour les coûts : un coût de transition mutualisé doit être attribué une seule fois et référencé par les autres lignes concernées.

Statut financier de la mesure

Le grand livre des économies et la réalité budgétaire ne sont pas la même chose. Une mesure peut ne revendiquer aucune économie autonome tout en créant une dépense, une perte de recettes, un transfert ou un coût de transition. Le tableau ci-dessous sépare explicitement ces notions.

Économie autonome
aucune économie autonome revendiquée
Type d’impact budgétaire
dépense ou coût de mise en œuvre
Propriétaire budgétaire
À identifier avant fermeture financière
Ligne financière liée
Aucune ligne financière autonome attribuée à ce stade
Mesures liées
Aucune relation anti-double-compte codée à ce stade
Quantification de l’impact
Aucun montant autonome n’est certifié pour cette mesure
Coûts de transition
Non chiffré de manière suffisamment fiable à ce stade
Impact budgétaire net
ouvert — le coût, la recette, les transferts ou les interactions ne sont pas complètement fermés
Statut de consolidation
Hors addition autonome tant que la ligne porteuse, le propriétaire et les interactions ne sont pas fermés.

Classification prudente : aucun effet budgétaire n’est déclaré non applicable par défaut.

Pourquoi cette classification ?

L’autre risque est la capacité. Une cantine ne peut pas acheter français si la filière ne produit pas le volume, la qualité ou le conditionnement requis au bon moment. Chaque famille de produits doit donc avoir une trajectoire : niveau actuel, bassin de production, besoins de transformation, contrats pluriannuels et alternatives en cas de pénurie. Le chiffre de quatre-vingts pour cent doit être suivi avec le coût des repas et le gaspillage pour éviter qu’un bon ratio d’origine se traduise par davantage de déchets ou une hausse non financée.

Données publiques de référence · millésime 2025

Économie et industrie : déficit commercial des biens de 69,2 Md€ en 2025

Avant de discuter la mesure 8.02, on fixe un ordre de grandeur national provenant d'une source publique. Il ne s'agit ni du coût ni de l'économie annoncée par la mesure : c'est une baseline indépendante à partir de laquelle le lecteur peut contrôler les ordres de grandeur.

Solde commercial des biens−69,2 Md€2025
Amélioration annuelle+10,0 Md€par rapport à 2024

Calcul de contrôle : Le déficit 2024 correspondant était d’environ 79,2 Md€ ; l’amélioration de 10 Md€ représente près de 12,6 % de ce déficit initial.

Ce que ce chiffre ne permet pas de conclure : Amélioration d’un déficit ne signifie pas excédent. Une mesure industrielle doit en outre distinguer compétitivité-prix, énergie, demande intérieure, importations, exportations et chaînes de valeur.

Application à « Porter les cantines vers 80 % d’approvisionnement français sans violer la commande publique » : utiliser ce repère pour vérifier le dénominateur, le calendrier et l'ordre de grandeur de la proposition. Toute estimation propre à cette mesure doit ensuite être sourcée séparément et ne doit jamais être remplacée par la statistique nationale ci-dessus.

Règle de mise à jour : conserver le millésime et la date de publication. Lorsqu'une nouvelle édition officielle paraît, mettre à jour la donnée sans réécrire rétroactivement ce qui était connu au millésime précédent.

Atelier citoyen de vérification · mesure 8.02

Passer de la proposition à la preuve : comment auditer cette mesure soi-même

La question n'est pas seulement de savoir si « Porter les cantines vers 80 % d’approvisionnement français sans violer la commande publique » paraît souhaitable. Il faut pouvoir montrer, chiffres et droit à l'appui, ce qui change réellement entre la situation de départ et la situation après mise en œuvre. Cette grille transforme la page en exercice de contrôle : le lecteur doit être capable de retrouver le dénominateur, le calendrier, le coût net, le véhicule juridique et le critère qui permettrait de conclure que la mesure fonctionne réellement.

1. Établir la situation de départ

Domaine : Économie, industrie et commande publique. Relever avant toute réforme les données portant sur prix, marges, volumes, investissement, productivité, concurrence, emploi et effets de chaîne. Pour chaque chiffre, noter l'année, l'unité, le périmètre, la source primaire et la fréquence de mise à jour. Un chiffre sans dénominateur ou sans date ne permet pas de mesurer un progrès.

Un gain affiché pour l'État peut devenir un coût ailleurs ; suivre l'incidence jusqu'aux fournisseurs, salariés, clients et territoires.

2. Refaire le calcul ou le test principal

Effet net = résultat observé après réforme − trajectoire de référence comparable

Définir une situation de référence, une date de départ, un périmètre et un indicateur vérifiable. Sans contrefactuel ou comparaison crédible, une évolution après réforme ne prouve pas à elle seule la causalité.

Exercice : reprendre le dernier chiffre officiel cité dans cette page, retrouver sa source d'origine et recalculer le résultat avec les mêmes unités. Si le résultat ne peut pas être reproduit, classer l'affirmation « à documenter » plutôt que « acquise ».

3. Séparer promesse, mise en œuvre et résultat

Construire trois lignes distinctes : ce qui est décidé, ce qui est effectivement déployé et ce qui est observé. Pour « Porter les cantines vers 80 % d’approvisionnement français sans violer la commande publique », une loi votée, un décret publié ou un budget ouvert ne constituent pas encore le résultat final. Ajouter une date cible, un responsable et un indicateur avant/après.

Exiger aussi un scénario d'échec : retard juridique, résistance opérationnelle, coût de transition supérieur aux prévisions, effet de report vers une autre administration ou comportement d'évitement.

4. Prononcer un verdict révisable

  • PASS : mécanisme documenté, données reproductibles, véhicule juridique crédible, financement et responsable identifiés.
  • À RÉVISER : objectif plausible mais hypothèse, calendrier, coût ou indicateur encore insuffisamment démontré.
  • FAIL : double compte, causalité non démontrée, coût déplacé plutôt que supprimé, ou impossibilité juridique/opérationnelle non traitée.

Le verdict doit pouvoir changer avec une nouvelle donnée : une bonne politique publique est auditable, pas seulement défendable.

Question de maîtrise : si un décideur annonçait demain que cette mesure est « réalisée », quelles trois pièces demanderiez-vous pour vérifier qu'il ne confond pas décision, activité et résultat ? Répondre à cette question sans relire la page constitue le niveau attendu.

Plan d'exécution et de contrôle · mesure 8.02

Qui décide, qui applique et comment prouver que « Porter les cantines vers 80 % d’approvisionnement français sans violer la commande publique » fonctionne réellement ?

Une mesure n'est pas terminée lorsqu'elle est annoncée, votée ou financée. Pour Porter les cantines vers 80 % d’approvisionnement français sans violer la commande publique, il faut pouvoir suivre une chaîne complète : base juridique → responsable → déploiement → indicateur → contrôle indépendant → réexamen. Le plan ci-dessous constitue une grille d'exécution à adapter au texte juridique final ; il ne remplace pas l'expertise légistique article par article.

1. Acte à préparer

Loi, loi de finances, réglementation sectorielle, commande publique ou contrat selon la mesure. Les engagements financiers et règles de concurrence doivent être distingués.

2. Responsable identifiable

Ministères économiques, administrations sectorielles, acheteurs publics, entreprises et autorités de concurrence/régulation concernées.

3. Preuve de déploiement

Dispositif juridiquement ouvert, financement identifié, critères d'accès publiés et chaîne de valeur suivie.

4. Preuve de résultat

Le contrôle doit privilégier investissement additionnel, emploi, productivité, valeur ajoutée, prix et solde extérieur étudiés sans double comptage. Une activité administrative ou un budget consommé n'est qu'un moyen : le résultat doit être observable sur le périmètre annoncé.

Calendrier de preuve : quatre rendez-vous obligatoires

J0 — référenceArchiver la situation avant réforme : texte applicable, coût, effectifs, volume traité, délai et qualité lorsque ces données existent. Sans état initial, aucun avant/après n'est sérieux.
6 mois — déploiementVérifier que les actes nécessaires sont publiés, que les responsables sont nommés, que les outils et crédits existent réellement et que l'ancien dispositif n'est pas maintenu en doublon sans justification.
18 mois — premiers effetsComparer l'indicateur principal avec la baseline, isoler les coûts de transition et publier les écarts entre la trajectoire annoncée et la réalisation.
36 mois — réexamenDécider de maintenir, corriger, amplifier ou arrêter le dispositif. Une mesure qui ne produit pas l'effet documenté doit pouvoir être révisée sans attendre la fin d'un quinquennat.

Test anti-illusion

Attribuer à la mesure toute évolution favorable du secteur sans scénario contrefactuel ni distinction entre déplacement et création nette. Pour cette mesure, le dossier de contrôle doit donc publier au minimum la donnée de départ, la date d'effet, le coût de transition, le résultat observé et l'explication de l'écart.

Grille d'audit en 8 questions
  1. Quel texte précis autorise ou impose la réforme ?
  2. Quelle autorité est responsable de chaque étape et à quelle date ?
  3. Quelle valeur de référence est figée avant la mise en œuvre ?
  4. Quel indicateur mesure le résultat plutôt que l'activité ?
  5. Quels coûts nouveaux, coûts de transition ou transferts doivent être déduits du gain brut ?
  6. Quelle donnée permet de détecter un effet indésirable ou un contournement ?
  7. Qui vérifie les chiffres indépendamment du service qui met en œuvre la mesure ?
  8. Quelle clause permet de corriger ou d'arrêter la mesure si les résultats ne sont pas au rendez-vous ?

Contrat de mesure · mesure 8.02

Comment savoir objectivement si cette mesure fonctionne ?

Le résultat doit être défini avant l’entrée en vigueur. Le principe est simple : un même indicateur, une même unité, un même périmètre et une même méthode doivent être conservés entre la baseline et les contrôles ultérieurs. Si la méthode change, la rupture de série doit être publiée.

Indicateur principal

Part du périmètre conforme au critère de la mesure

Unité : %.

Fréquence

trimestrielle.

La périodicité ne doit pas être modifiée simplement parce qu’un résultat devient défavorable.

Producteur / preuve

acheteurs / collectivités / services de contrôle.

Le fichier source, sa date et sa version doivent rester auditables.

Calcul à figer

volume ou dépense conforme ÷ volume ou dépense total(e) × 100

Le numérateur, le dénominateur et les exclusions doivent être documentés avant J0. Une série recalculée après coup doit conserver l’ancienne version ou expliciter la rupture.

Objectif vérifiable

objectif de 80 % lorsque ce nombre correspond au dispositif de la mesure

Règle de gouvernance : la cible, la tolérance et le calendrier sont enregistrés avant le lancement. Ils ne sont pas réécrits a posteriori pour transformer un échec en réussite.

Indicateur garde-fou

prix, concurrence, conformité juridique, qualité sanitaire. Une amélioration du KPI principal ne suffit pas si elle est obtenue au prix d’une dégradation majeure de ce garde-fou.

Règle de verdict PASS / À RÉVISER / FAIL
  • PASS : objectif préenregistré atteint dans le délai prévu et garde-fou respecté.
  • À RÉVISER : progression réelle mais cible non atteinte, coût de transition supérieur à l’hypothèse ou effet indésirable corrigeable.
  • FAIL : absence d’amélioration démontrable, résultat obtenu par déplacement du coût/problème, rupture méthodologique non documentée ou dégradation majeure du garde-fou.

Coûts de transition : non chiffrés à ce stade ; le calcul doit être établi à partir des coûts réels de mise en œuvre.

Avant consolidation, il faut identifier les dépenses nécessaires au passage de l’organisation actuelle à la cible : systèmes d’information, formation, mobilité, accompagnement, indemnités éventuelles, contrats à terminer et fonctionnement temporaire en double.

L’absence de chiffrage n’est pas assimilée à zéro. Tant que ces coûts ne sont pas documentés, l’impact budgétaire net complet reste ouvert.