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Mesure 7.04 · Énergie

07 — Énergie · Mesure 7.04 · chapitre canonique

Cartographier le sous-sol français avant de promettre une exploitation

Évaluer les ressources avant de promettre des recettes : exploration d’abord, décision industrielle ensuite.

Une mesure = un chapitre completMise à jour : 12 août 2026Sources primaires au point d’usage

Mesure 7.04 · synthèse absolue

En trois paragraphes : pourquoi, ce que cela apporte, et comment on le fait

Pourquoi. Une exploration géologique publique peut être utile même si la France ne rouvre aucune exploitation d’hydrocarbures. Le sous-sol intéresse aussi l’eau, la géothermie, le stockage, les risques et les ressources minérales ; il faut donc séparer la politique de connaissance de la décision commerciale.

Effet concret. Le BRGM gère déjà plus de 800 000 descriptions d’ouvrages et plus de 2 millions de pages techniques. Delta-Sierra classe la mesure comme investissement de connaissance : zéro euro d’économie autonome est ajouté au total prudent, mais les données peuvent réduire l’incertitude de nombreux projets futurs.

Exécution et repli. Plan A : atlas national multi-usage avec acquisitions ciblées. Plan B : si les hydrocarbures restent fermés, poursuivre les usages géothermiques, hydrogéologiques et minéraux. Plan C : en contrainte budgétaire, retraiter d’abord les données existantes et réserver les forages aux incertitudes réellement critiques.

Une campagne d’exploration doit être gouvernée comme un programme de connaissance avec jalons d’arrêt. À chaque étape — données historiques, sismique, forage éventuel — une décision go/no-go doit être publiée. Le coût déjà engagé ne doit jamais justifier automatiquement l’étape suivante : c’est le principe de non-escalade des coûts irrécupérables.

Schéma de construction d’un atlas géologique national
Les données existantes sont consolidées avant de financer de nouvelles acquisitions.

1 — Pourquoi une mesure d’exploration distincte de la mesure d’exploitation

Une politique sérieuse distingue la connaissance du sous-sol de la décision d’exploiter une ressource. L’exploration publique peut améliorer la géologie nationale sans conduire automatiquement à délivrer des concessions d’hydrocarbures. Cette séparation est particulièrement importante sous le droit actuel : les nouveaux titres commerciaux d’hydrocarbures sont verrouillés, mais la France conserve un intérêt évident à mieux connaître son sous-sol pour la géothermie, l’eau, le stockage, les risques naturels, les ressources minérales et l’aménagement.

Delta-Sierra transforme donc la mesure 7.04 en programme national de connaissance géologique approfondie. Si la mesure 7.03 obtient ensuite un changement législatif, les données pourront éclairer des décisions commerciales. Si elle échoue politiquement, les données resteront utiles à d’autres politiques. Cette modularité évite qu’un programme scientifique soit jugé uniquement à l’aune du nombre de puits de pétrole qu’il permettrait de produire.

Le bénéfice immédiat d’une exploration n’est pas une recette fiscale mais une réduction d’incertitude. L’analyse sépare donc valeur de l’information, dépenses de prospection et recettes éventuelles d’une exploitation future. Cette distinction protège le dossier contre les milliards fictifs fondés sur une ressource qui n’a pas été démontrée.

Preuve au point d’usage : Ministère de la Transition écologique — hydrocarbures en France ↗

2 — La France ne part pas de zéro : la Banque du Sous-Sol contient déjà une masse documentaire considérable

Le BRGM gère la Banque du Sous-Sol, qui recense plus de 800 000 ouvrages souterrains et plus de 2 millions de pages de documents techniques. Ce patrimoine informationnel change totalement l’approche. Avant de financer des campagnes nouvelles, l’État doit consolider, normaliser et exploiter les données déjà disponibles : forages, sondages, logs géologiques, cartes, informations hydrogéologiques et documents historiques.

Le premier investissement n’est donc pas nécessairement un forage. Il peut s’agir de numériser des archives, harmoniser les formats, géoréférencer les documents, corriger les doublons et produire des modèles tridimensionnels. Une politique de souveraineté commence par ne pas perdre l’information que le pays possède déjà. Cela réduit le risque de refaire une campagne coûteuse dans une zone déjà bien documentée.

Les données doivent être réutilisables pour d’autres politiques du sous-sol. Un jeu de données géophysiques peut éclairer géothermie profonde, stockage, hydrogène ou risques géologiques. Cette mutualisation augmente la valeur publique du programme même lorsque le résultat pétrolier ou gazier est négatif.

3 — Le programme proposé : un atlas 3D du sous-sol utile à plusieurs politiques publiques

Le programme serait piloté autour de bassins prioritaires, choisis selon la qualité des données existantes et plusieurs usages possibles. Chaque bassin recevrait une fiche synthétique : connaissances actuelles, incertitudes, besoins de données, risques, potentiel géothermique, minéral, hydrogéologique et, lorsqu’il est pertinent juridiquement, potentiel en hydrocarbures conventionnels. Les nouvelles acquisitions seraient conçues pour servir le maximum de politiques et non un seul opérateur.

Les techniques peuvent combiner retraitement de données sismiques anciennes, géophysique, campagnes gravimétriques ou magnétiques, mesures géochimiques, modélisation et forages scientifiques ciblés. Le programme doit privilégier la donnée réutilisable et imposer des standards d’archivage dès la commande publique. Le résultat attendu est un atlas national progressivement enrichi, avec un niveau d’incertitude affiché plutôt qu’une carte binaire « gisement / pas de gisement ».

Dans « 3 — Le programme proposé : un atlas 3D du sous-sol utile à plusieurs politiques publiques », ce point s’applique directement : une campagne d’exploration doit être gouvernée comme un programme de connaissance avec jalons d’arrêt. À chaque étape — données historiques, sismique, forage éventuel — une décision go/no-go doit être publiée. Le coût déjà engagé ne doit jamais justifier automatiquement l’étape suivante : c’est le principe de non-escalade des coûts irrécupérables.

4 — Chiffrage : la mesure est un investissement de connaissance, pas une économie

Delta-Sierra ne lui attribue aucune économie budgétaire autonome. Une campagne géologique coûte de l’argent aujourd’hui et peut créer de la valeur plus tard en réduisant l’incertitude de projets de géothermie, d’eau, de stockage, de mines ou d’énergie. Sans cahier des charges national chiffré et sans choix des bassins, afficher une enveloppe précise serait artificiel. La règle retenue est donc : 0 euro d’économie dans le total prudent ; dépense classée comme investissement à programmer par tranches.

La programmation financière doit être modulaire. Chaque tranche doit préciser le coût des données, les marchés, les forages éventuels, l’analyse, la publication et le stockage. Le Parlement peut alors arrêter ou redimensionner la campagne sans perdre les données déjà acquises. Cette organisation est supérieure à un grand programme unique dont la valeur ne serait évaluée qu’à la fin.

Classement budgétaire : investissement de connaissance. Économie autonome comptabilisée : 0 euro.

Dans « 4 — Chiffrage : la mesure est un investissement de connaissance, pas une économie », ce point s’applique directement : le bénéfice immédiat d’une exploration n’est pas une recette fiscale mais une réduction d’incertitude. L’analyse sépare donc valeur de l’information, dépenses de prospection et recettes éventuelles d’une exploitation future. Cette distinction protège le dossier contre les milliards fictifs fondés sur une ressource qui n’a pas été démontrée.

Preuve au point d’usage : BRGM — données et connaissance du sous-sol ↗

Schéma des usages multiples d’une campagne géologique
Une même connaissance du sous-sol peut servir l’énergie, l’eau, les ressources et les risques.

5 — Droit : exploration scientifique, titre minier et exploitation commerciale ne sont pas la même chose

Le mot « exploration » recouvre des actes juridiquement différents. Une analyse de données publiques, un relevé géophysique, un forage scientifique et un permis exclusif de recherches destiné à préparer une exploitation ne relèvent pas nécessairement du même régime. La méthode retient donc éviter d’écrire que « l’exploration est interdite » sans préciser l’acte. Le verrou du code minier vise notamment l’octroi de nouveaux permis exclusifs de recherches d’hydrocarbures et certaines autorisations de prospection associées.

Le programme 7.04 est conçu pour pouvoir vivre même si la politique commerciale reste inchangée. Lorsque des travaux nécessitent un titre, une déclaration ou une autorisation, le véhicule juridique doit être identifié avant le lancement. Si une future campagne vise explicitement un nouveau projet commercial d’hydrocarbures, elle dépendra du changement législatif prévu par 7.03.

Dans « 5 — Droit : exploration scientifique, titre minier et exploitation commerciale ne sont pas la même chose », ce point s’applique directement : les données doivent être réutilisables pour d’autres politiques du sous-sol. Un jeu de données géophysiques peut éclairer géothermie profonde, stockage, hydrogène ou risques géologiques. Cette mutualisation augmente la valeur publique du programme même lorsque le résultat pétrolier ou gazier est négatif.

6 — Données ouvertes : la souveraineté consiste aussi à rendre la connaissance réutilisable

Une campagne financée par l’argent public doit produire un patrimoine public exploitable. Les données brutes, métadonnées, méthodes de traitement et cartes de synthèse doivent être publiées après les délais de protection justifiés. Les secrets industriels éventuels peuvent être limités dans le temps et au strict nécessaire. Sans cette règle, l’État risque de payer plusieurs fois la même information parce qu’un prestataire différent ne peut pas réutiliser les acquisitions précédentes.

Le portail doit proposer plusieurs niveaux : cartes grand public, jeux de données pour chercheurs, documents techniques et API pour acteurs économiques. Chaque donnée doit porter sa date, son origine, sa résolution et son niveau d’incertitude. Une carte séduisante mais non traçable serait insuffisante pour décider d’un investissement industriel.

Cette politique de données ouvertes doit aussi conserver les versions historiques : une réinterprétation future doit pouvoir retrouver la donnée brute utilisée lors de la décision initiale.

Dans « 6 — Données ouvertes : la souveraineté consiste aussi à rendre la connaissance réutilisable », ce point s’applique directement : une campagne d’exploration doit être gouvernée comme un programme de connaissance avec jalons d’arrêt. À chaque étape — données historiques, sismique, forage éventuel — une décision go/no-go doit être publiée. Le coût déjà engagé ne doit jamais justifier automatiquement l’étape suivante : c’est le principe de non-escalade des coûts irrécupérables.

7 — Plans A, B et C : une mesure qui reste utile même si l’objectif pétrolier disparaît

Cette mesure possède précisément l’avantage de survivre à plusieurs scénarios politiques. Le Plan A vise un atlas multi-usage et, si le droit change, fournit aussi une base aux projets conventionnels. Le Plan B conserve l’atlas mais exclut l’usage commercial fossile. Le Plan C recentre les moyens sur les bassins dont le bénéfice est le plus immédiat pour l’eau, la géothermie, les risques ou les ressources minérales.

Plan ALancer un programme national multi-usage avec acquisitions nouvelles dans les bassins prioritaires et publication standardisée des résultats.
Plan BSi la réouverture des hydrocarbures est refusée, maintenir les campagnes utiles à la géothermie, l’eau, le stockage, les risques et les ressources minérales.
Plan CSi les crédits sont contraints, prioriser la numérisation et le retraitement des données existantes, moins coûteux qu’une campagne de forages, puis ne forer que lorsque l’incertitude restante le justifie.

Dans « 7 — Plans A, B et C : une mesure qui reste utile même si l’objectif pétrolier disparaît », ce point s’applique directement : le bénéfice immédiat d’une exploration n’est pas une recette fiscale mais une réduction d’incertitude. L’analyse sépare donc valeur de l’information, dépenses de prospection et recettes éventuelles d’une exploitation future. Cette distinction protège le dossier contre les milliards fictifs fondés sur une ressource qui n’a pas été démontrée.

8 — Risques : programme scientifique permanent, données inutilisées et capture par un seul secteur

Un programme de connaissance peut lui aussi dériver. Le premier risque est institutionnel : créer une structure permanente qui multiplie les études sans critère d’arrêt. Le deuxième est technique : collecter des données que personne ne peut réutiliser parce qu’elles sont mal documentées. Le troisième est économique : laisser un seul secteur orienter les zones étudiées et socialiser le coût de données dont il capte ensuite l’essentiel de la valeur.

Les garde-fous sont donc des jalons d’arrêt, un comité scientifique pluraliste, des critères multi-usages, des formats ouverts et une évaluation de réutilisation. Une campagne doit pouvoir être jugée réussie même si elle conclut à une faible ressource, à condition qu’elle réduise réellement l’incertitude et évite des investissements futurs mal orientés.

Un contrôle quinquennal doit comparer le coût cumulé des campagnes, le nombre de jeux de données réellement réutilisés par d’autres politiques publiques et les décisions rendues possibles par ces informations. Si la connaissance nouvelle devient marginale, le programme réduit les acquisitions nouvelles et réoriente le budget vers la numérisation, la qualité et l’ouverture des données existantes.

9 — Indicateurs : mesurer la connaissance produite, pas seulement les mètres forés

Le tableau de bord suivra les archives numérisées, les jeux de données harmonisés, les kilomètres de profils retraités, les zones modélisées en 3D, les forages scientifiques, les données publiées, le nombre de réutilisations documentées et la réduction de l’incertitude sur les bassins. Le nombre de mètres forés n’est pas un objectif en soi : un retraitement intelligent de données anciennes peut parfois apporter davantage pour un coût inférieur.

Un indicateur de valeur transversale complétera le dispositif : combien de projets de géothermie, eau, stockage, mines ou aménagement ont utilisé les nouvelles données ? Cela permet de sortir la mesure du seul débat pétrolier et d’en faire un véritable investissement dans la connaissance du territoire français.

Le coût par donnée réellement réutilisée pourra compléter le suivi afin de comparer une campagne coûteuse mais féconde à une acquisition volumineuse restée sans usage.

Dans « 9 — Indicateurs : mesurer la connaissance produite, pas seulement les mètres forés », ce point s’applique directement : les données doivent être réutilisables pour d’autres politiques du sous-sol. Un jeu de données géophysiques peut éclairer géothermie profonde, stockage, hydrogène ou risques géologiques. Cette mutualisation augmente la valeur publique du programme même lorsque le résultat pétrolier ou gazier est négatif.

Référence au Plan de Rupture et règle de consolidation

La mesure 7.04 est consolidée comme investissement de connaissance du sous-sol. Son intérêt ne dépend donc pas d’une future décision d’exploiter du pétrole ou du gaz : les données peuvent servir à la géothermie, au stockage, à la sécurité des ouvrages et à d’autres politiques publiques. Le coût du programme doit être présenté comme dépense d’acquisition et de mise à disposition de données, avec jalons et livrables, plutôt que compensé artificiellement par une valeur hypothétique de ressources encore inconnues. Le Plan de Rupture fournit l’ambition de souveraineté géologique ; cette fiche impose une séparation nette entre exploration scientifique, titre minier et exploitation commerciale. Le succès se mesure par la qualité, l’ouverture et la réutilisation des données produites, pas par le nombre de forages réalisés.

Dans « Référence au Plan de Rupture et règle de consolidation », ce point s’applique directement : une campagne d’exploration doit être gouvernée comme un programme de connaissance avec jalons d’arrêt. À chaque étape — données historiques, sismique, forage éventuel — une décision go/no-go doit être publiée. Le coût déjà engagé ne doit jamais justifier automatiquement l’étape suivante : c’est le principe de non-escalade des coûts irrécupérables.

Une infrastructure de connaissance permanente

La Banque du Sous-Sol du BRGM montre que la France possède déjà un patrimoine considérable de données de forages et de sondages. La mesure 7.04 doit donc éviter de créer une structure parallèle : elle vise à enrichir, numériser et standardiser et exploiter scientifiquement ce patrimoine. Les campagnes nouvelles sont priorisées là où la connaissance est insuffisante ou stratégique : géothermie, stockage, ressources minérales, eau, cavités et éventuellement hydrocarbures.

La valeur publique vient de la réutilisation. Chaque euro consacré à une campagne doit produire des données ouvertes après protection des secrets légitimes, avec métadonnées, coordonnées, profondeur, méthode et qualité. Le programme doit pouvoir servir plusieurs politiques à la fois afin d’éviter qu’une campagne pétrolière, minière ou géothermique refasse séparément le même travail.

Risque et sortie.

Le principal risque n’est pas seulement le coût d’un forage improductif ; c’est de collecter des données qui restent dans un format inutilisable ou captif d’un prestataire. Le marché public doit donc prévoir propriété ou droit d’usage public des données, formats pérennes et dépôt dans la base nationale. Si un programme sectoriel n’apporte plus d’information marginale suffisante, il est arrêté. Le Plan B recentre alors les moyens sur la géothermie, l’eau ou les minerais critiques, sans perdre l’infrastructure de connaissance créée.

Approfondissement : un atlas 3D du sous-sol est une infrastructure de connaissance

La cartographie du sous-sol ne doit pas être réduite au pétrole et au gaz. Les mêmes données peuvent servir à la géothermie, au stockage, aux ressources minérales, aux risques naturels, à l’eau souterraine et aux grands travaux. Cette polyvalence change le calcul : même si aucune exploitation d’hydrocarbures n’est décidée, une campagne de connaissance peut conserver une valeur publique.

Assembler les données avant de forer

La première phase doit inventorier les données déjà acquises : forages historiques, profils géophysiques, cartes, carottes, rapports et bases du BRGM. La deuxième identifie les zones où l’incertitude reste forte. La troisième seulement finance de nouvelles acquisitions. Cette séquence évite de payer deux fois une information déjà disponible.

Évaluer le coût marginal de connaissance

Le coût du programme peut être décrit par C = D + N + F + O. D représente la numérisation et l’harmonisation des données existantes, N les nouvelles acquisitions géophysiques, F les forages scientifiques éventuels et O l’exploitation des données ouvertes et leur maintenance. Le signe + signifie « additionner ». Cette décomposition permet de prioriser les étapes les moins coûteuses avant les campagnes lourdes.

Créer des données ouvertes avec niveaux de sensibilité

La connaissance financée par le public doit être réutilisable, sauf lorsque des contraintes de sécurité, de propriété ou de confidentialité imposent une restriction. Il faut donc définir plusieurs niveaux : données ouvertes, données accessibles sous licence et données protégées. L’objectif est de maximiser la recherche et l’innovation sans publier des informations qui ne doivent pas l’être.

Décider à la fin de la connaissance, pas au début

Le programme doit séparer l’exploration scientifique de la décision d’exploiter. Une carte n’est pas une autorisation. Après la phase de connaissance viennent l’évaluation économique, l’évaluation environnementale et le débat juridique. Cette séparation protège le programme contre l’accusation de décision prise d’avance.

Les indicateurs sont donc : proportion des archives numérisées, kilomètres de données harmonisées, zones d’incertitude réduites, jeux de données réutilisés par d’autres politiques publiques et coût par unité d’information nouvelle. La mesure est utile si elle améliore la connaissance, même si sa conclusion est qu’aucun projet d’hydrocarbures n’est justifié.

Exploration pétrolière et gazière : bâtir d’abord un programme national de connaissance du sous-sol

La donnée géologique doit être réunie avant toute décision industrielle

La France dispose de données dispersées issues d’anciens permis, de campagnes géophysiques et de travaux scientifiques. Le premier chantier consiste à les inventorier, numériser et classer par qualité afin d’identifier les zones où une connaissance supplémentaire aurait une vraie valeur.

Une nouvelle campagne sismique ou un forage exploratoire doit répondre à une question précise que les données existantes ne permettent pas de trancher.

Budgéter chaque porte de décision

Le programme peut être divisé en étapes : compilation documentaire, modélisation géologique, acquisition géophysique, forage éventuel, puis étude de développement. Chaque porte dispose d’un budget plafond et de critères techniques. La dépense suivante n’est engagée que si les résultats justifient l’étape.

Cette logique limite le risque de transformer un programme scientifique en projet industriel lancé par inertie.

Publier aussi les résultats négatifs

Une exploration qui conclut à l’absence de ressource exploitable produit malgré tout une information utile. Les données financées par l’argent public doivent donc rejoindre une base accessible, sous réserve des secrets légitimes, afin d’éviter de payer plusieurs fois pour la même incertitude.

Le succès du programme se mesure d’abord à la réduction de l’incertitude géologique, non au nombre de permis délivrés.

Interactions avec les autres mesures

Cette mesure doit être rapprochée des réformes qui touchent les mêmes effectifs, crédits, systèmes ou compétences. Une économie ne peut être comptée deux fois parce que deux mesures contribuent au même résultat.

Le grand livre financier attribue donc chaque flux à un propriétaire unique ; les autres mesures peuvent mentionner l’interaction sans revendiquer une seconde fois le même montant.

Règle anti-double-compte

Un même poste supprimé, une même recette ou un même achat évité ne peut apparaître que sur une seule ligne de consolidation. Si plusieurs réformes concourent au résultat, l’une porte le montant et les autres enregistrent une interaction non additive.

Cette règle vaut également pour les coûts : un coût de transition mutualisé doit être attribué une seule fois et référencé par les autres lignes concernées.

Statut financier de la mesure

Le grand livre des économies et la réalité budgétaire ne sont pas la même chose. Une mesure peut ne revendiquer aucune économie autonome tout en créant une dépense, une perte de recettes, un transfert ou un coût de transition. Le tableau ci-dessous sépare explicitement ces notions.

Économie autonome
aucune économie autonome revendiquée
Type d’impact budgétaire
effet budgétaire non chiffré de manière suffisamment fiable à ce stade
Propriétaire budgétaire
À identifier avant fermeture financière
Ligne financière liée
Aucune ligne financière autonome attribuée à ce stade
Mesures liées
Aucune relation anti-double-compte codée à ce stade
Quantification de l’impact
Aucun montant autonome n’est certifié pour cette mesure
Coûts de transition
Non chiffré de manière suffisamment fiable à ce stade
Impact budgétaire net
ouvert — le coût, la recette, les transferts ou les interactions ne sont pas complètement fermés
Statut de consolidation
Hors addition autonome tant que la ligne porteuse, le propriétaire et les interactions ne sont pas fermés.

Classification prudente : aucun effet budgétaire n’est déclaré non applicable par défaut.

Pourquoi cette classification ?

Delta-Sierra ne lui attribue aucune économie budgétaire autonome. Une campagne géologique coûte de l’argent aujourd’hui et peut créer de la valeur plus tard en réduisant l’incertitude de projets de géothermie, d’eau, de stockage, de mines ou d’énergie. Sans cahier des charges national chiffré et sans choix des bassins, afficher une enveloppe précise serait artificiel. La règle retenue est donc : 0 euro d’économie dans le total prudent ; dépense classée comme investissement à programmer par tranches.

Données publiques de référence · millésime 2025

Énergie : 547,5 TWh produits en 2025, dont plus de 95 % bas-carbone

Avant de discuter la mesure 7.04, on fixe un ordre de grandeur national provenant d'une source publique. Il ne s'agit ni du coût ni de l'économie annoncée par la mesure : c'est une baseline indépendante à partir de laquelle le lecteur peut contrôler les ordres de grandeur.

Production d’électricité547,5 TWhFrance métropolitaine, 2025
Production nucléaire373,0 TWh2025
Part bas-carbone>95 %2025

Calcul de contrôle : 373,0 ÷ 547,5 × 100 ≈ 68,1 % : le nucléaire représente environ les deux tiers de la production 2025.

Ce que ce chiffre ne permet pas de conclure : Le coût moyen de production ne suffit pas à comparer deux filières. Réseau, disponibilité, pointe, flexibilité, stockage, combustible, durée de vie et sécurité d’approvisionnement doivent être intégrés.

Application à « Cartographier le sous-sol français avant de promettre une exploitation » : utiliser ce repère pour vérifier le dénominateur, le calendrier et l'ordre de grandeur de la proposition. Toute estimation propre à cette mesure doit ensuite être sourcée séparément et ne doit jamais être remplacée par la statistique nationale ci-dessus.

Règle de mise à jour : conserver le millésime et la date de publication. Lorsqu'une nouvelle édition officielle paraît, mettre à jour la donnée sans réécrire rétroactivement ce qui était connu au millésime précédent.

Atelier citoyen de vérification · mesure 7.04

Passer de la proposition à la preuve : comment auditer cette mesure soi-même

La question n'est pas seulement de savoir si « Cartographier le sous-sol français avant de promettre une exploitation » paraît souhaitable. Il faut pouvoir montrer, chiffres et droit à l'appui, ce qui change réellement entre la situation de départ et la situation après mise en œuvre. Cette grille transforme la page en exercice de contrôle : le lecteur doit être capable de retrouver le dénominateur, le calendrier, le coût net, le véhicule juridique et le critère qui permettrait de conclure que la mesure fonctionne réellement.

1. Établir la situation de départ

Domaine : Énergie. Relever avant toute réforme les données portant sur capacité, production, disponibilité, coûts système, réseau, stockage, sécurité d'approvisionnement et émissions. Pour chaque chiffre, noter l'année, l'unité, le périmètre, la source primaire et la fréquence de mise à jour. Un chiffre sans dénominateur ou sans date ne permet pas de mesurer un progrès.

Comparer des €/MWh ne suffit pas si les technologies ne rendent pas le même service au système électrique.

2. Refaire le calcul ou le test principal

Effet net = résultat observé après réforme − trajectoire de référence comparable

Définir une situation de référence, une date de départ, un périmètre et un indicateur vérifiable. Sans contrefactuel ou comparaison crédible, une évolution après réforme ne prouve pas à elle seule la causalité.

Exercice : reprendre le dernier chiffre officiel cité dans cette page, retrouver sa source d'origine et recalculer le résultat avec les mêmes unités. Si le résultat ne peut pas être reproduit, classer l'affirmation « à documenter » plutôt que « acquise ».

3. Séparer promesse, mise en œuvre et résultat

Construire trois lignes distinctes : ce qui est décidé, ce qui est effectivement déployé et ce qui est observé. Pour « Cartographier le sous-sol français avant de promettre une exploitation », une loi votée, un décret publié ou un budget ouvert ne constituent pas encore le résultat final. Ajouter une date cible, un responsable et un indicateur avant/après.

Exiger aussi un scénario d'échec : retard juridique, résistance opérationnelle, coût de transition supérieur aux prévisions, effet de report vers une autre administration ou comportement d'évitement.

4. Prononcer un verdict révisable

  • PASS : mécanisme documenté, données reproductibles, véhicule juridique crédible, financement et responsable identifiés.
  • À RÉVISER : objectif plausible mais hypothèse, calendrier, coût ou indicateur encore insuffisamment démontré.
  • FAIL : double compte, causalité non démontrée, coût déplacé plutôt que supprimé, ou impossibilité juridique/opérationnelle non traitée.

Le verdict doit pouvoir changer avec une nouvelle donnée : une bonne politique publique est auditable, pas seulement défendable.

Question de maîtrise : si un décideur annonçait demain que cette mesure est « réalisée », quelles trois pièces demanderiez-vous pour vérifier qu'il ne confond pas décision, activité et résultat ? Répondre à cette question sans relire la page constitue le niveau attendu.

Plan d'exécution et de contrôle · mesure 7.04

Qui décide, qui applique et comment prouver que « Cartographier le sous-sol français avant de promettre une exploitation » fonctionne réellement ?

Une mesure n'est pas terminée lorsqu'elle est annoncée, votée ou financée. Pour Cartographier le sous-sol français avant de promettre une exploitation, il faut pouvoir suivre une chaîne complète : base juridique → responsable → déploiement → indicateur → contrôle indépendant → réexamen. Le plan ci-dessous constitue une grille d'exécution à adapter au texte juridique final ; il ne remplace pas l'expertise légistique article par article.

1. Acte à préparer

Loi, décret, programmation énergétique, tarifs/régulation ou contrats selon la mesure ; les autorisations et responsabilités de réseau doivent être identifiées.

2. Responsable identifiable

État, CRE, RTE, gestionnaires de réseaux, producteurs et collectivités selon le périmètre.

3. Preuve de déploiement

Capacité, raccordement, contrats, autorisations, approvisionnements et calendrier industriel effectivement sécurisés.

4. Preuve de résultat

Le contrôle doit privilégier coût système, disponibilité, émissions, sécurité d'approvisionnement, délais de raccordement et exposition aux importations mesurés ensemble. Une activité administrative ou un budget consommé n'est qu'un moyen : le résultat doit être observable sur le périmètre annoncé.

Calendrier de preuve : quatre rendez-vous obligatoires

J0 — référenceArchiver la situation avant réforme : texte applicable, coût, effectifs, volume traité, délai et qualité lorsque ces données existent. Sans état initial, aucun avant/après n'est sérieux.
6 mois — déploiementVérifier que les actes nécessaires sont publiés, que les responsables sont nommés, que les outils et crédits existent réellement et que l'ancien dispositif n'est pas maintenu en doublon sans justification.
18 mois — premiers effetsComparer l'indicateur principal avec la baseline, isoler les coûts de transition et publier les écarts entre la trajectoire annoncée et la réalisation.
36 mois — réexamenDécider de maintenir, corriger, amplifier ou arrêter le dispositif. Une mesure qui ne produit pas l'effet documenté doit pouvoir être révisée sans attendre la fin d'un quinquennat.

Test anti-illusion

Comparer deux solutions sur leur seul coût moyen de production et oublier réseau, pointe, stockage, flexibilité, durée de vie et sécurité. Pour cette mesure, le dossier de contrôle doit donc publier au minimum la donnée de départ, la date d'effet, le coût de transition, le résultat observé et l'explication de l'écart.

Grille d'audit en 8 questions
  1. Quel texte précis autorise ou impose la réforme ?
  2. Quelle autorité est responsable de chaque étape et à quelle date ?
  3. Quelle valeur de référence est figée avant la mise en œuvre ?
  4. Quel indicateur mesure le résultat plutôt que l'activité ?
  5. Quels coûts nouveaux, coûts de transition ou transferts doivent être déduits du gain brut ?
  6. Quelle donnée permet de détecter un effet indésirable ou un contournement ?
  7. Qui vérifie les chiffres indépendamment du service qui met en œuvre la mesure ?
  8. Quelle clause permet de corriger ou d'arrêter la mesure si les résultats ne sont pas au rendez-vous ?

Contrat de mesure · mesure 7.04

Comment savoir objectivement si cette mesure fonctionne ?

Le résultat doit être défini avant l’entrée en vigueur. Le principe est simple : un même indicateur, une même unité, un même périmètre et une même méthode doivent être conservés entre la baseline et les contrôles ultérieurs. Si la méthode change, la rupture de série doit être publiée.

Indicateur principal

Coût système et sécurité d’approvisionnement

Unité : €/MWh + indicateurs de disponibilité.

Fréquence

mensuelle / annuelle.

La périodicité ne doit pas être modifiée simplement parce qu’un résultat devient défavorable.

Producteur / preuve

RTE / CRE / ministère.

Le fichier source, sa date et sa version doivent rester auditables.

Calcul à figer

coûts directs + réseau + flexibilité + transition

Le numérateur, le dénominateur et les exclusions doivent être documentés avant J0. Une série recalculée après coup doit conserver l’ancienne version ou expliciter la rupture.

Objectif vérifiable

À figer avant J0 dans le texte d’application ou la décision de pilotage ; il est interdit de modifier la cible après observation des résultats.

Règle de gouvernance : la cible, la tolérance et le calendrier sont enregistrés avant le lancement. Ils ne sont pas réécrits a posteriori pour transformer un échec en réussite.

Indicateur garde-fou

émissions, disponibilité, importations, investissement. Une amélioration du KPI principal ne suffit pas si elle est obtenue au prix d’une dégradation majeure de ce garde-fou.

Règle de verdict PASS / À RÉVISER / FAIL
  • PASS : objectif préenregistré atteint dans le délai prévu et garde-fou respecté.
  • À RÉVISER : progression réelle mais cible non atteinte, coût de transition supérieur à l’hypothèse ou effet indésirable corrigeable.
  • FAIL : absence d’amélioration démontrable, résultat obtenu par déplacement du coût/problème, rupture méthodologique non documentée ou dégradation majeure du garde-fou.

En clair — ce que change la mesure

Cette mesure se lit en trois questions simples : quel problème concret « Cartographier le sous-sol français avant de promettre une exploitation » cherche-t-elle à corriger, quelle règle ou organisation doit changer, et comment vérifier ensuite que le résultat annoncé est réellement obtenu ?

Le lecteur doit distinguer l’objectif politique du mécanisme d’exécution : une réforme peut être pertinente dans son intention tout en nécessitant un calendrier, des responsables et des garde-fous précis pour produire l’effet attendu.