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Institutions · Mesure 1.19

Mesure 1.19 — Supprimer les avantages en nature publics sans utilité fonctionnelle

Les avantages en nature et moyens liés aux fonctions publiques ne forment pas une ligne budgétaire nationale unique. Le chapitre reconstruit la mesure sans confondre cible politique et économie nette démontrée.

Un mot qui recouvre des réalités incomparables

Les avantages en nature et moyens liés aux fonctions publiques ne forment pas une ligne budgétaire nationale unique. Véhicules, logements, téléphonie, repas, chauffeurs, déplacements ou mise à disposition de biens relèvent d’employeurs et de régimes différents. Certains sont des éléments de rémunération ; d’autres répondent à une contrainte de sécurité ou de service. [1][2][3]

Statut du chiffrage. Le Plan associe historiquement à cette mesure 180 millions d’euros par an. Ce montant est conservé comme cible à auditer, jamais comme économie acquise.

Définir l’avantage personnel avant de le supprimer

La réforme doit d’abord définir l’objet visé : l’avantage personnel non nécessaire à l’exercice de la fonction, et non le moyen de travail justifié. Pour chaque catégorie, la règle doit préciser autorité d’attribution, plafond, déclaration, traitement fiscal, contrôle et conditions de restitution. [2]

Avantages en nature : quatre questions avant toute suppression
Nécessité de service ?maintien possible
Contrainte compensée ?justification écrite obligatoire
Avantage personnel ?suppression ou valorisation
Coût recréé ?taxi, prime, contrat, remboursement

Créer un registre commun à tous les employeurs publics

Un registre consolidé par employeur public permet de classer les avantages en quatre groupes : sécurité impérative ; nécessité opérationnelle ; compensation statutaire explicitement assumée ; avantage discrétionnaire à supprimer ou facturer. Cette classification crée une base commune aux trois fonctions publiques et aux opérateurs. [1][2]

Les 180 millions dépendent du coût évitable

L’objectif de 180 millions d’euros ne peut être certifié avant cet inventaire. La valeur fiscale d’un avantage n’est pas nécessairement son coût évitable pour l’administration ; inversement, un coût budgétaire important peut être indispensable au service. L’économie est calculée sur le coût marginal évitable, net des solutions de remplacement. [1][3]

Économie nette récurrente = coûts réellement supprimés − coûts recréés − charges transférées − coût annuel résiduel Le coût de transition de l’année 1 est publié séparément.

Sécurité et nécessité de service comme exceptions contrôlées

Une suppression indifférenciée peut compromettre la sécurité ou renchérir le service par des remboursements de frais. Le risque opposé est de qualifier artificiellement de « nécessité » tout avantage existant. Des critères nationaux, une justification écrite et des audits par échantillonnage sont donc nécessaires. [2][3]

Ce qu’il faut démontrer avant de retenir la cible de 180 millions d’euros par an

1.19 — Suppression des avantages en nature non justifiés par la sécurité : comparaison visuelle du point de départ et de la cible
Repère visuel — Suppression des avantages en nature non justifiés par la sécurité. Les nombres et règles sont détaillés et sourcés dans le chapitre.

Classer les avantages en nature avant de vouloir les supprimer

Un avantage en nature peut recouvrir des réalités très différentes : logement imposé par la fonction, véhicule nécessaire à des déplacements professionnels, repas, téléphone, protection, usage d’un bien ou avantage sans lien direct avec le service. La première étape consiste donc à construire une taxonomie commune aux administrations et opérateurs. Les règles de rémunération publique et les rapports de la DGAFP permettent de rattacher ces éléments au coût employeur et à la politique de rémunération. [1] [2] Une suppression globale serait juridiquement et opérationnellement trop grossière. [source]

Chaque avantage doit recevoir un statut : nécessité de service, compensation d’une contrainte, élément de rémunération, ou avantage sans justification fonctionnelle suffisante. Cette qualification détermine la réforme. Un logement de fonction indispensable à une astreinte peut être maintenu et valorisé ; un véhicule attribué sans usage professionnel démontré peut être supprimé ; une prestation devenue inutile peut être remplacée par rien. Le registre doit publier la règle et le coût agrégé par catégorie, avec des contrôles sur les exceptions plutôt qu’une liste nominative de bénéficiaires. [source]

Le chiffrage doit surveiller les substitutions. Supprimer un véhicule peut conduire à davantage de taxis ou d’indemnités kilométriques ; supprimer un logement peut nécessiter une prime ; supprimer un service peut conduire à un marché externe. Les audits de la Cour des comptes, notamment lorsqu’ils examinent les moyens d’une institution, montrent l’intérêt de raisonner en coût complet. [3] Le gain n’est validé qu’après comparaison des dépenses avant/après et des nouveaux remboursements. La mesure devient ainsi une politique de sobriété fonctionnelle, pas une chasse symbolique à tout avantage visible. [source]

Distinguer l’outil de service de l’avantage personnel

Un logement, un véhicule, un repas ou un équipement peut être soit un avantage en nature, soit un moyen nécessaire à l’exercice d’une fonction. La réforme doit donc commencer par une nomenclature qui explique le motif d’attribution et la part d’usage personnel autorisée. Un véhicule d’astreinte utilisé uniquement pour une mission n’a pas le même statut qu’un véhicule disponible librement ; un logement imposé par une permanence de sécurité n’est pas équivalent à un logement de convenance. Pour chaque catégorie, la réforme devrait publier le nombre d’attributions, la méthode de valorisation, les règles fiscales applicables et le coût de remplacement si le bien était supprimé. Cette distinction empêche une politique uniforme de créer des dépenses supplémentaires au nom d’une économie théorique.

Le contrôle doit également rechercher les contournements. La suppression d’un avantage peut être compensée par une prime, un remboursement de frais ou un contrat de location payé par un autre service. Un registre interne de décision, relié à la paie et aux immobilisations, peut suivre le coût complet avant et après réforme. Les données publiques restent agrégées par catégorie et organisme afin de protéger la vie privée. L’économie nette correspond uniquement aux avantages réellement supprimés sans compensation équivalente ; les transformations de forme doivent être neutralisées. Ce mécanisme donne aussi un moyen de vérifier les exceptions : toute attribution maintenue doit être rattachée à une nécessité de service documentée et réexaminée périodiquement.

Rendre visibles les avantages en nature sans confondre usage professionnel et bénéfice personnel

Une réforme des avantages en nature doit commencer par une nomenclature : logement, véhicule, repas, outils numériques, abonnements, protection particulière, mise à disposition d’un bien ou autre avantage. Le même objet peut être un outil de travail indispensable dans un cas et un avantage personnel dans un autre. La réforme devrait donc définir des critères d’usage professionnel, de disponibilité privée et de valorisation. Une voiture affectée à une fonction avec contraintes permanentes ne se traite pas comme un véhicule utilisable librement ; un logement imposé par nécessité de service ne se compare pas à un logement de convenance.

La transparence doit porter d’abord sur les règles et les montants agrégés, puis devenir plus détaillée lorsque la responsabilité ou le montant le justifie. Le contrôle fiscal et social doit rester cohérent avec la présentation budgétaire afin qu’un même avantage ne soit déclaré différemment selon l’administration. L’analyse d’impact teste les risques de substitution : supprimer un avantage peut conduire à verser une indemnité compensatrice ou à acheter davantage de prestations. Le gain net doit donc suivre la dépense totale après réforme et non la seule disparition d’une catégorie visible.

Conclusion de la mesure 1.19. La cible historique de 180 millions d’euros par an reste un objectif à auditer. La réforme ne doit être créditée que de l’économie nette réellement constatée après transition, charges transférées et éventuels coûts recréés. La décision politique peut être tranchée avant que tous les montants soient connus ; le site, lui, ne doit jamais présenter une hypothèse comme un compte exécuté.
Ouvrir l’annexe technique : données à exiger avant de valider le chiffrage

Comment juger la réforme dans les faits

Les avantages en nature publics recouvrent des réalités très différentes : logement de fonction nécessité par le service, véhicule lié aux astreintes, téléphone professionnel, ou avantage qui n'a plus de justification opérationnelle. Une suppression uniforme serait donc aussi fragile qu'un maintien sans contrôle. Le suivi doit classer chaque avantage selon sa nécessité fonctionnelle et sa valorisation.

Le bilan doit indiquer le nombre de bénéficiaires, la valeur fiscale ou économique des avantages, les suppressions et les coûts recréés lorsqu'un avantage était en réalité un outil de travail. La réforme est réussie lorsque les avantages de convenance diminuent sans obliger l'administration à racheter plus cher des prestations nécessaires à l'exercice des missions.

La revue doit être conduite avec une définition stable de l'utilité fonctionnelle. Un véhicule affecté à une astreinte, un logement imposé par la sécurité ou un équipement numérique nécessaire au service ne sont pas des privilèges comparables à un avantage de convenance. Documenter cette distinction protège à la fois le contribuable et l'administration : elle permet de supprimer ce qui n'est plus justifié sans créer ensuite des remboursements de frais ou des contrats de location plus coûteux.

Indicateurs publics spécifiques à la mesure 1.19
IndicateurCe qu’il permet de vérifierUnité / lecture
Avantages recensésNombre par catégorie : logement, véhicule, téléphonie, autresunités
Valeur annuelleValorisation économique ou fiscale des avantageseuros/an
Nécessité de servicePart justifiée par astreinte, sécurité ou fonction%
Avantages supprimésÉléments de convenance retirés après revuenombre et euros
Coûts recréésDépenses nécessaires apparues après suppressioneuros/an

Plans A / B / C — voie principale, repli et minimum exécutable

Les trois scénarios ci-dessous ne sont pas trois slogans : chacun fixe une voie juridiquement et opérationnellement distincte, avec un rendement recalculé selon ce qui est réellement adopté.

Plan A — voie principale

Créer un inventaire juridique et comptable des avantages en nature avant toute suppression : logement, véhicule, repas, outils numériques, protection et autres moyens sont classés selon leur nécessité de service. Les avantages personnels sans justification fonctionnelle sont supprimés par le véhicule adapté à leur régime — loi, décret, décision de l’employeur public ou modification contractuelle — avec transition pour les droits en cours lorsque nécessaire. Les outils de service restent exclus. Le gain est calculé au coût évitable réel, diminué des indemnités ou équipements de remplacement. Une même dépense ne peut pas être comptée ici puis à nouveau dans une réforme de rémunération.

Plan B — repli exécutable

Si l’inventaire montre que les régimes sont trop hétérogènes pour une suppression générale, cibler les avantages les plus faciles à normaliser dans l’État et ses opérateurs : véhicules non justifiés, logements sans nécessité absolue et prises en charge personnelles manifestes. Les autres catégories sont soumises à une doctrine commune d’autorisation et de réexamen. Le rendement est limité aux avantages effectivement supprimés, avec publication par catégorie et non par personne lorsqu’une donnée individuelle serait disproportionnée. Un contrôle spécifique vérifie que l’avantage supprimé ne réapparaît pas sous la forme d’une prime compensatrice ou d’un remboursement forfaitaire sans justificatif.

Plan C — minimum ou statu quo contrôlé

Si aucune suppression n’est décidée, harmoniser au minimum la valorisation fiscale et comptable, la déclaration et la justification des avantages en nature dans les employeurs publics concernés. Le coût est publié par grande catégorie et les exceptions sont documentées. Aucune économie n’est retenue. Ce plan C transforme un sujet diffus en base auditable et permet d’identifier ultérieurement les avantages qui relèvent réellement d’un bénéfice personnel plutôt que d’une condition de travail ou de sécurité. Les données sont rapprochées des règles fiscales et sociales applicables afin que la valorisation soit homogène entre employeurs et comparable dans le temps.

Approfondissement : distinguer l’outil de travail de l’avantage personnel

Chaque avantage en nature doit passer un test de nécessité fonctionnelle

Logement, véhicule, téléphone, repas, chauffeur, abonnement ou équipement peuvent être indispensables à certaines fonctions publiques. La réforme ne doit pas les supprimer par principe ; elle doit demander pour chacun : la mission pourrait-elle être exercée normalement sans cet avantage ? Si oui, l’avantage doit être supprimé, remboursé ou traité comme une composante de rémunération. Si non, il reste un outil de travail dont l’usage privé doit être encadré.

Valoriser l’avantage lorsque l’usage privé existe

La valeur publique annuelle peut être présentée comme V = Cpublic × Uprivé. V désigne la valeur de l’avantage imputable à l’usage privé, Cpublic le coût complet supporté par la collectivité et Uprivé la proportion d’usage privé retenue selon une méthode documentée. Le symbole × signifie « multiplié par ». Cette méthode permet de distinguer un véhicule utilisé exclusivement pour une mission de sécurité d’un véhicule également disponible pour des déplacements personnels.

Créer un registre par fonction, pas une liste de privilèges historiques

Le droit à un avantage doit être attaché à une fonction et à une justification, avec date de début et de fin. Lorsqu’une personne quitte la fonction, l’avantage cesse automatiquement. Les avantages hérités d’usages anciens sans texte ni justification doivent être réexaminés. Un registre central peut recenser la catégorie d’avantage, l’autorité qui l’a accordé, sa valeur et sa nécessité fonctionnelle.

Prévenir les substitutions salariales

Supprimer un avantage puis augmenter discrètement une prime du même montant ne produit aucune économie. La consolidation doit donc suivre la rémunération totale avant et après réforme. De même, remplacer un logement de fonction par des remboursements d’hôtel récurrents peut coûter davantage. Chaque mesure doit être évaluée sur le coût complet de la solution de remplacement.

Rendre la règle compréhensible

Le tableau de bord doit distinguer avantages nécessaires, avantages avec usage mixte, avantages supprimés et valeur des compensations éventuelles. L’objectif est de faire disparaître les bénéfices sans utilité publique tout en conservant les moyens indispensables aux missions. Une règle claire protège aussi les agents : l’outil de travail légitime n’est plus assimilé à un privilège parce que sa justification et son coût sont documentés.

Analyse opérationnelle : Un avantage doit avoir une justification de service identifiable

Supprimer les avantages qui ne répondent plus à une nécessité de service tout en conservant ceux qui sont indispensables à l’exercice de certaines fonctions. Logement, véhicule, restauration, téléphonie ou protection peuvent relever de régimes différents ; chaque avantage doit être rattaché à un fondement et à une nécessité de service.

Calculer le coût net après compensations éventuelles

Un inventaire par catégorie doit préciser bénéficiaires, coût complet, justification, fiscalisation éventuelle et possibilité de remplacement par un remboursement au réel.

Une suppression indistincte peut transformer un outil de service en charge personnelle ou créer des compensations plus coûteuses et moins transparentes.

L’objectif n’est pas de considérer tout avantage comme privilège, mais d’exiger un lien démontrable avec la fonction et un coût proportionné.

Enfin, un véhicule nécessaire à des astreintes opérationnelles n’est pas comparable à un véhicule attribué sans contrainte de service identifiable.

Séparer outils professionnels et privilèges sans fonction

L’économie correspond au coût évité net des compensations salariales ou remboursements nécessaires ; elle doit exclure les outils strictement professionnels.

Le registre doit publier le nombre d’avantages par type, coût annuel, justification et décision de maintien ou suppression.

L’inventaire peut être lancé rapidement, puis les avantages contractuels ou statutaires doivent être traités selon leur base juridique et leur échéance.

Décision de fond — L’objectif n’est pas de considérer tout avantage comme privilège, mais d’exiger un lien démontrable avec la fonction et un coût proportionné.

Contrôle après entrée en vigueur — Le registre doit publier le nombre d’avantages par type, coût annuel, justification et décision de maintien ou suppression.

Scénario de repli — Une suppression indistincte peut transformer un outil de service en charge personnelle ou créer des compensations plus coûteuses et moins transparentes.

Notes et sources

  1. DGAFP — rapport annuel 2025.
  2. Code général de la fonction publique, article L.716-1.
  3. Cour des comptes — Présidence, exercice 2024.

En clair — ce que change la mesure

Cette mesure se lit en trois questions simples : quel problème concret « Mesure 1.19 — Supprimer les avantages en nature publics sans utilité fonctionnelle » cherche-t-elle à corriger, quelle règle ou organisation doit changer, et comment vérifier ensuite que le résultat annoncé est réellement obtenu ?

Le lecteur doit distinguer l’objectif politique du mécanisme d’exécution : une réforme peut être pertinente dans son intention tout en nécessitant un calendrier, des responsables et des garde-fous précis pour produire l’effet attendu.