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Institutions · Mesure 1.16

Mesure 1.16 — Réexaminer la protection des anciens présidents selon le risque

Le décret n°2016-1302 encadre des moyens matériels accordés aux anciens Présidents : collaborateurs, locaux, déplacements et soutien logistique, avec une réduction des effectifs après cinq ans. Le chapitre reconstruit la mesure sans confondre cible politique et économie nette démontrée. [source]

Distinguer privilège matériel et sécurité

Le décret n°2016-1302 encadre des moyens matériels accordés aux anciens Présidents : collaborateurs, locaux, déplacements et soutien logistique, avec une réduction des effectifs après cinq ans. La protection policière répond à un autre objectif : la sécurité doit être proportionnée à la menace et ne peut pas être traitée comme un simple avantage honorifique. [1]

Statut du chiffrage. Le Plan associe historiquement à cette mesure 5 millions d’euros par an. Ce montant est conservé comme cible à auditer, jamais comme économie acquise.

Ce que le décret de 2016 organise réellement

La mesure doit donc abandonner l’idée imprécise d’une « protection à vie » automatiquement supprimable. Un dispositif crédible impose une réévaluation périodique par l’autorité de sécurité, des niveaux de protection gradués et une information budgétaire agrégée compatible avec le secret nécessaire aux opérations. [1][2]

Protection des anciens présidents : une décision fondée sur le risque
  1. Séparer sécurité, moyens administratifs et avantages de statut
  2. Évaluer le risque par l’autorité compétente
  3. Maintenir ce qui est nécessaire, réduire ce qui ne l’est plus
  4. Réexaminer périodiquement sans publier les détails opérationnels

Passer d’un statut à une évaluation de menace

Le principe proposé est simple : aucun niveau de protection ne doit être maintenu uniquement en raison du prestige d’une ancienne fonction ; inversement, aucune protection ne doit être supprimée lorsqu’une menace documentée la justifie. Un réexamen au moins annuel, et après tout changement majeur de menace, doit être tracé. [1][2]

Pourquoi les 5 millions ne sont pas retenus comme économie démontrée

Le montant de 5 millions d’euros demeure une cible historique non retenue comme économie démontrée : la base publique consolidée disponible ne permet pas d’identifier exhaustivement bénéficiaires, effectifs mobilisés et coûts détaillés. Une question parlementaire de juillet 2026 demande précisément le nombre de bénéficiaires, les effectifs mobilisés et les coûts détaillés, ce qui montre que la base publique consolidée est insuffisante. L’économie ne peut être calculée qu’après réponse officielle ou audit interne anonymisé. [2] [source]

Économie nette récurrente = coûts réellement supprimés − coûts recréés − charges transférées − coût annuel résiduel Le coût de transition de l’année 1 est publié séparément.

La sécurité comme ligne rouge absolue

Le risque principal est sécuritaire : une règle budgétaire ne doit jamais dicter une réduction face à une menace réelle. Le risque inverse est le maintien indéfini d’un dispositif maximal sans réexamen. La gouvernance doit séparer évaluation de menace, décision opérationnelle et contrôle budgétaire. [2]

Ce qu’il faut démontrer avant de retenir la cible de 5 millions d’euros par an

1.16 — Suppression de la protection rapprochée à vie des anciens présidents : comparaison visuelle du point de départ et de la cible

Une protection de sécurité doit être pilotée par le risque, pas par un forfait politique

Le dispositif applicable aux anciens présidents organise des moyens liés à leur statut après la fin du mandat. [1] La réforme doit distinguer au moins trois catégories : protection de sécurité décidée sur analyse de menace, moyens administratifs nécessaires à certaines obligations publiques résiduelles et avantages qui relèvent uniquement du statut. Ces catégories ne doivent pas être financées ni réévaluées de la même manière. Une protection de sécurité ne peut pas être supprimée parce qu’un plafond budgétaire est atteint ; un avantage de confort ne doit pas être maintenu au seul motif qu’un risque existe.

Le mécanisme proposé peut être une réévaluation périodique et contradictoire du risque par l’autorité compétente, avec une partie publique limitée aux principes et aux coûts agrégés. Les détails opérationnels — agents, horaires, itinéraires, lieux sécurisés — n’ont pas vocation à être diffusés. Le Parlement peut néanmoins recevoir une information permettant de savoir quelle part du coût relève de la sécurité et quelle part correspond à d’autres moyens. La question parlementaire citée dans le dossier montre précisément l’intérêt d’obtenir un périmètre consolidé plutôt qu’une succession de chiffres partiels. [2]

La cible historique de 5 millions d’euros doit donc être testée contre les dépenses exécutées et le coût des mesures qui resteraient obligatoires après réforme. Une baisse peut provenir de moyens administratifs supprimés, de bureaux réduits ou d’une protection rédimensionnée lorsque le risque diminue ; elle ne doit jamais être précomptée sur des missions de sécurité encore nécessaires. Le tableau de bord doit publier le gain net par catégorie et indiquer les années où le niveau de risque rend l’économie nulle. Cette variabilité est plus réaliste qu’un forfait annuel présenté comme garanti.

Protéger un ancien président selon le risque, pas par automatisme de statut

Les moyens accordés aux anciens présidents recouvrent des objets différents : sécurité, locaux, personnel, déplacements ou assistance liée à certaines activités. Une réforme crédible doit les séparer. La sécurité ne peut pas être plafonnée par une règle purement budgétaire si l’évaluation de menace justifie un niveau de protection ; en revanche, les moyens administratifs et matériels peuvent faire l’objet de barèmes, de durées et de réexamens publics. La réforme devrait donc présenter une matrice de décision : nature du moyen, motif, autorité qui décide, fréquence du réexamen et possibilité de réduction. Les éléments opérationnels sensibles restent confidentiels, mais la règle et le coût agrégé peuvent être contrôlés.

L’intérêt d’un réexamen périodique est d’éviter deux automatismes contraires : maintenir indéfiniment un dispositif devenu sans rapport avec le risque, ou réduire arbitrairement une protection pour atteindre une cible d’économie. La décision devrait être traçable et reposer sur des critères stables. Le chiffrage distingue alors les dépenses de sécurité, potentiellement incompressibles, des moyens de statut réellement révisables. Cette séparation rend possible une économie ciblée sans présenter la protection comme un privilège homogène. Elle améliore aussi la comparaison dans le temps : le public peut savoir si les moyens non sécuritaires diminuent réellement, sans exiger la publication de détails qui affaibliraient la protection de la personne.

Protéger les anciens présidents selon le risque, pas selon un forfait implicite

Les moyens accordés aux anciens présidents doivent être séparés par finalité : sécurité, secrétariat, locaux, déplacements liés à des missions officielles et avantages de convenance. La sécurité mérite un traitement spécifique, car son niveau peut dépendre d’une évaluation de menace et ne doit pas être réduit par une règle purement budgétaire. La réforme doit donc construire un socle de droits publics et un module de protection révisable, fondé sur une appréciation compétente du risque. Les éléments de sécurité peuvent rester confidentiels tandis que leur coût agrégé et leur doctrine générale sont contrôlés. Une réponse gouvernementale publiée en décembre 2025 montre en outre que le dispositif de 2016 peut être adapté en pratique à une situation particulière, tandis qu’un amendement sénatorial au PLF 2026 chiffre à 2,8 millions d’euros les moyens alloués aux anciens présidents dans l’argumentaire présenté par ses auteurs. Ces deux documents doivent être lus pour ce qu’ils sont : une réponse administrative sur l’application du décret et une estimation portée dans un amendement parlementaire, non un compte consolidé unique. [3] [4] [source]

La transition doit aussi éviter les situations indéfinies. Pour les moyens administratifs, une durée, un plafond et une extinction progressive peuvent être prévus, avec inventaire des locaux et personnels concernés. Les missions que l’État demande explicitement à un ancien président devraient être distinguées des activités privées ou partisanes. Le bon contrôle consiste à publier chaque année le coût par grandes catégories, la base juridique et les éventuelles missions publiques justifiant une dépense. L’économie recherchée devient alors la conséquence d’un cadre clair, non d’une réduction arbitraire de la protection.

Conclusion de la mesure 1.16. La cible historique de 5 millions d’euros par an reste un objectif à auditer. La réforme ne doit être créditée que de l’économie nette réellement constatée après transition, charges transférées et éventuels coûts recréés. La décision politique peut être tranchée avant que tous les montants soient connus ; le site, lui, ne doit jamais présenter une hypothèse comme un compte exécuté.
Ouvrir l’annexe technique : données à exiger avant de valider le chiffrage

Comment juger la réforme dans les faits

La protection des anciens présidents doit être dimensionnée par le risque et les missions, non par un forfait symbolique. Les besoins peuvent évoluer fortement selon la menace, les déplacements et l'exposition publique. Le suivi doit donc être capable de justifier le niveau de protection sans dévoiler des informations opérationnelles susceptibles d'affaiblir la sécurité.

La dépense publiée doit être agrégée et distinguée entre protection rapprochée, moyens logistiques et autres avantages. Les réexamens périodiques doivent montrer que le dispositif peut être renforcé ou allégé lorsque l'évaluation du risque change. Le critère de réussite n'est pas une baisse automatique : c'est une proportionnalité documentée entre moyens publics et risque réel.

Indicateurs publics spécifiques à la mesure 1.16
IndicateurCe qu’il permet de vérifierUnité / lecture
Coût agrégé de protectionDépense annuelle par grande catégorie sans détail opérationnel sensibleeuros/an
Réexamens de risqueÉvaluations formelles du niveau de menacenombre/an
Moyens non sécuritairesAvantages distincts de la protection proprement diteeuros/an
Évolution du dispositifRenforcements ou allègements motivés après réexamennombre/an
Écart au scénario de référenceVariation de coût expliquée par la situation de risqueeuros/an

Plans A / B / C — voie principale, repli et minimum exécutable

Les trois scénarios ci-dessous ne sont pas trois slogans : chacun fixe une voie juridiquement et opérationnellement distincte, avec un rendement recalculé selon ce qui est réellement adopté.

Plan A — voie principale

Remplacer les avantages automatiques non liés à la sécurité par une décision fondée sur les besoins réels, tout en maintenant sans compromis les mesures de protection justifiées par l’évaluation de menace. Le cadre réglementaire fixe les avantages matériels attachés à l’ancien mandat, leur durée et la procédure de réexamen. Les services compétents de sécurité conservent une appréciation opérationnelle non publique ; seules des données agrégées sur le coût peuvent être diffusées. Le chiffrage distingue sécurité, personnels, locaux, véhicule et autres moyens. Une économie n’est retenue que sur les éléments supprimés sans déplacement de coût vers un autre service.

Plan B — repli exécutable

Si une refonte réglementaire globale n’est pas retenue, cibler d’abord les avantages matériels sans lien direct avec la protection : moyens permanents, locaux ou services de convenance dont la nécessité n’est plus démontrée. La sécurité reste hors plafond et continue d’être adaptée au risque. Un bilan annuel confidentiel pour la partie opérationnelle et public pour les agrégats financiers permet de suivre la dépense. Ce scénario réduit les privilèges résiduels sans prendre le risque de rigidifier une doctrine de protection qui doit pouvoir évoluer avec la menace.

Plan C — minimum ou statu quo contrôlé

Si aucun avantage n’est supprimé, améliorer au minimum la transparence agrégée : coût total par grande catégorie, règles d’attribution et fréquence de réexamen, sans publier d’informations qui faciliteraient une atteinte à la sécurité. L’économie supplémentaire est nulle. Ce plan C a pour seul objectif d’éviter qu’un statut historique reste hors de tout contrôle financier et de distinguer clairement ce qui relève de la sûreté nationale de ce qui relève d’un avantage de convenance. La fréquence de réexamen est elle-même publiée sous forme générale, ce qui permet de vérifier que l’aide n’est pas reconduite mécaniquement lorsque la situation a changé.

Approfondissement : protéger les anciens présidents selon une évaluation du risque

Passer d’un avantage de statut à une mesure de sécurité

La protection d’un ancien chef de l’État doit être justifiée par le risque concret et non par un automatisme illimité. La réforme proposée consiste à distinguer les moyens nécessaires pour prévenir une menace réelle des facilités de confort ou de représentation qui ne relèvent pas de la sécurité. Cette approche protège à la fois la personne et l’argent public : une menace élevée peut justifier des moyens importants, tandis qu’une situation faible et stable peut permettre un dispositif plus léger.

Formaliser une matrice de risque

Un score interne peut être représenté par R = M × P × I. R désigne le niveau de risque, M la gravité de la menace identifiée, P sa probabilité estimée et I l’impact potentiel. Le symbole × signifie « multiplié par ». Les valeurs exactes n’ont pas vocation à être publiées lorsqu’elles révèlent des informations de sécurité, mais la méthode, la fréquence de réévaluation et l’autorité responsable peuvent l’être.

Séparer sécurité, secrétariat et représentation

Un véhicule blindé, une escorte ou un dispositif de surveillance peut relever de la protection ; un secrétariat permanent, des locaux de représentation ou des déplacements privés relèvent d’autres catégories. Chaque dépense doit être rattachée à sa finalité afin d’éviter qu’un budget de sécurité absorbe des avantages de nature différente. Cette séparation permet également de comparer le coût d’une protection avec celui d’autres personnes exposées à des risques comparables.

Réévaluer à intervalles réguliers

Le niveau de menace peut évoluer. Une revue périodique doit donc décider du maintien, de la réduction ou du renforcement des moyens, avec possibilité de révision immédiate en cas d’événement grave. Les moyens retirés restent mobilisables en cas de remontée du risque. La protection cesse ainsi d’être une dotation personnelle figée et devient une prestation publique proportionnée à une évaluation.

Publier le coût sans publier le dispositif

La transparence peut porter sur le coût annuel agrégé, les catégories de dépenses et la méthode de décision, tout en protégeant les effectifs, itinéraires et techniques. Le tableau de bord suivra le coût par catégorie, l’évolution du niveau de protection et les réexamens effectués. La réforme doit réduire les avantages non justifiés sans créer une vulnérabilité de sécurité par excès de publicité.

Analyse opérationnelle : Sécurité : raisonner par niveau de risque

Comment adapter les moyens de sécurité au risque réel plutôt qu’appliquer un dispositif uniforme et permanent ? La protection relève de décisions de sécurité et de moyens publics ; les critères précis ne peuvent pas tous être publics, mais la règle générale et le coût agrégé peuvent être contrôlés.

Contrôler le coût sans publier le dispositif opérationnel

Un réexamen périodique doit apprécier menace, exposition, déplacements et besoins matériels sans publier les informations qui faciliteraient une atteinte à la sécurité.

Une logique purement budgétaire pourrait sous-estimer un risque sérieux ; à l’inverse, l’absence de réexamen peut pérenniser des moyens sans justification actualisée.

La transparence doit donc être asymétrique : forte sur la règle et les montants globaux, limitée sur les dispositifs précis de protection.

Le cas suivant est révélateur : Le dispositif d’un ancien président très exposé internationalement peut rester important alors que celui d’une personnalité retirée de la vie publique peut évoluer ; la règle doit permettre cette différenciation.

Une révision périodique plutôt qu’un droit figé

L’économie potentielle dépend des moyens effectivement réduits ; elle ne doit jamais être calculée en supposant la disparition de toute protection.

le contrôle parlementaire peut porter sur le coût agrégé, la fréquence des revues de risque et la conformité aux critères sans révéler le détail opérationnel.

La mesure peut être mise en œuvre par une procédure annuelle ou semestrielle de revue, avec maintien automatique en cas d’alerte élevée et réexamen quand le risque baisse.

Décision de fond — La transparence doit donc être asymétrique : forte sur la règle et les montants globaux, limitée sur les dispositifs précis de protection.

Contrôle après entrée en vigueur — Le contrôle parlementaire peut porter sur le coût agrégé, la fréquence des revues de risque et la conformité aux critères sans révéler le détail opérationnel.

Scénario de repli — Une logique purement budgétaire pourrait sous-estimer un risque sérieux ; à l’inverse, l’absence de réexamen peut pérenniser des moyens sans justification actualisée.

Notes et sources

  1. Décret n°2016-1302 — anciens Présidents.
  2. Assemblée nationale — question écrite n°17115.
  3. Assemblée nationale — réponse à la question n°10715 sur les moyens des anciens présidents
  4. Sénat — amendement au PLF 2026 sur les moyens des anciens présidents

En clair — ce que change la mesure

Cette mesure se lit en trois questions simples : quel problème concret « Mesure 1.16 — Réexaminer la protection des anciens présidents selon le risque » cherche-t-elle à corriger, quelle règle ou organisation doit changer, et comment vérifier ensuite que le résultat annoncé est réellement obtenu ?

Le lecteur doit distinguer l’objectif politique du mécanisme d’exécution : une réforme peut être pertinente dans son intention tout en nécessitant un calendrier, des responsables et des garde-fous précis pour produire l’effet attendu.

Données publiques de référence · millésime 2026

Institutions : 925 sièges parlementaires à distinguer avant toute réforme

Avant de discuter la mesure 1.16, on fixe un ordre de grandeur national provenant d'une source publique. Il ne s'agit ni du coût ni de l'économie annoncée par la mesure : c'est une baseline indépendante à partir de laquelle le lecteur peut contrôler les ordres de grandeur.

Assemblée nationale577 députésXVIIe législature, sièges pourvus
Sénat348 sénateursmandat de six ans, renouvellement par moitié

Calcul de contrôle : 577 + 348 = 925 sièges dans les deux chambres du Parlement.

Ce que ce chiffre ne permet pas de conclure : Ce total ne signifie pas 925 fonctions interchangeables : les deux chambres n’ont ni le même mode d’élection ni exactement les mêmes pouvoirs. Une réforme institutionnelle doit donc chiffrer séparément Assemblée, Sénat et éventuels organes consultatifs.

Application à « Mesure 1.16 — Réexaminer la protection des anciens présidents selon le risque » : utiliser ce repère pour vérifier le dénominateur, le calendrier et l'ordre de grandeur de la proposition. Toute estimation propre à cette mesure doit ensuite être sourcée séparément et ne doit jamais être remplacée par la statistique nationale ci-dessus.

Règle de mise à jour : conserver le millésime et la date de publication. Lorsqu'une nouvelle édition officielle paraît, mettre à jour la donnée sans réécrire rétroactivement ce qui était connu au millésime précédent.

Atelier citoyen de vérification · mesure 1.16

Passer de la proposition à la preuve : comment auditer cette mesure soi-même

La question n'est pas seulement de savoir si « Mesure 1.16 — Réexaminer la protection des anciens présidents selon le risque » paraît souhaitable. Il faut pouvoir montrer, chiffres et droit à l'appui, ce qui change réellement entre la situation de départ et la situation après mise en œuvre. Cette grille transforme la page en exercice de contrôle : le lecteur doit être capable de retrouver le dénominateur, le calendrier, le coût net, le véhicule juridique et le critère qui permettrait de conclure que la mesure fonctionne réellement.

1. Établir la situation de départ

Domaine : Institutions et responsabilité. Relever avant toute réforme les données portant sur représentation, capacité de contrôle, responsabilité identifiable et coût institutionnel. Pour chaque chiffre, noter l'année, l'unité, le périmètre, la source primaire et la fréquence de mise à jour. Un chiffre sans dénominateur ou sans date ne permet pas de mesurer un progrès.

Ne pas réduire une institution à son coût : vérifier aussi la représentativité, la capacité de contrôle, la continuité juridique et les contre-pouvoirs.

2. Refaire le calcul ou le test principal

Effet net = résultat observé après réforme − trajectoire de référence comparable

Définir une situation de référence, une date de départ, un périmètre et un indicateur vérifiable. Sans contrefactuel ou comparaison crédible, une évolution après réforme ne prouve pas à elle seule la causalité.

Exercice : reprendre le dernier chiffre officiel cité dans cette page, retrouver sa source d'origine et recalculer le résultat avec les mêmes unités. Si le résultat ne peut pas être reproduit, classer l'affirmation « à documenter » plutôt que « acquise ».

3. Séparer promesse, mise en œuvre et résultat

Construire trois lignes distinctes : ce qui est décidé, ce qui est effectivement déployé et ce qui est observé. Pour « Mesure 1.16 — Réexaminer la protection des anciens présidents selon le risque », une loi votée, un décret publié ou un budget ouvert ne constituent pas encore le résultat final. Ajouter une date cible, un responsable et un indicateur avant/après.

Exiger aussi un scénario d'échec : retard juridique, résistance opérationnelle, coût de transition supérieur aux prévisions, effet de report vers une autre administration ou comportement d'évitement.

4. Prononcer un verdict révisable

  • PASS : mécanisme documenté, données reproductibles, véhicule juridique crédible, financement et responsable identifiés.
  • À RÉVISER : objectif plausible mais hypothèse, calendrier, coût ou indicateur encore insuffisamment démontré.
  • FAIL : double compte, causalité non démontrée, coût déplacé plutôt que supprimé, ou impossibilité juridique/opérationnelle non traitée.

Le verdict doit pouvoir changer avec une nouvelle donnée : une bonne politique publique est auditable, pas seulement défendable.

Question de maîtrise : si un décideur annonçait demain que cette mesure est « réalisée », quelles trois pièces demanderiez-vous pour vérifier qu'il ne confond pas décision, activité et résultat ? Répondre à cette question sans relire la page constitue le niveau attendu.

Plan d'exécution et de contrôle · mesure 1.16

Qui décide, qui applique et comment prouver que « Mesure 1.16 — Réexaminer la protection des anciens présidents selon le risque » fonctionne réellement ?

Une mesure n'est pas terminée lorsqu'elle est annoncée, votée ou financée. Pour Mesure 1.16 — Réexaminer la protection des anciens présidents selon le risque, il faut pouvoir suivre une chaîne complète : base juridique → responsable → déploiement → indicateur → contrôle indépendant → réexamen. Le plan ci-dessous constitue une grille d'exécution à adapter au texte juridique final ; il ne remplace pas l'expertise légistique article par article.

1. Acte à préparer

Selon l'objet précis : révision constitutionnelle, loi organique, loi ordinaire ou modification du règlement d'une assemblée. Le dossier d'exécution doit identifier le niveau normatif exact avant le vote.

2. Responsable identifiable

Parlement, Gouvernement, assemblée concernée et, lorsque la Constitution l'impose, Conseil constitutionnel.

3. Preuve de déploiement

Texte adopté et publié, règles internes mises à jour, responsabilités nominativement attribuées et date d'entrée en vigueur connue.

4. Preuve de résultat

Le contrôle doit privilégier fonctionnement institutionnel effectivement modifié : participation, délais, transparence, coût ou responsabilité mesurés après l'entrée en vigueur. Une activité administrative ou un budget consommé n'est qu'un moyen : le résultat doit être observable sur le périmètre annoncé.

Calendrier de preuve : quatre rendez-vous obligatoires

J0 — référenceArchiver la situation avant réforme : texte applicable, coût, effectifs, volume traité, délai et qualité lorsque ces données existent. Sans état initial, aucun avant/après n'est sérieux.
6 mois — déploiementVérifier que les actes nécessaires sont publiés, que les responsables sont nommés, que les outils et crédits existent réellement et que l'ancien dispositif n'est pas maintenu en doublon sans justification.
18 mois — premiers effetsComparer l'indicateur principal avec la baseline, isoler les coûts de transition et publier les écarts entre la trajectoire annoncée et la réalisation.
36 mois — réexamenDécider de maintenir, corriger, amplifier ou arrêter le dispositif. Une mesure qui ne produit pas l'effet documenté doit pouvoir être révisée sans attendre la fin d'un quinquennat.

Test anti-illusion

Confondre vote d'un texte et changement réel des pratiques ; ignorer les règles organiques, constitutionnelles ou les effets de contournement. Pour cette mesure, le dossier de contrôle doit donc publier au minimum la donnée de départ, la date d'effet, le coût de transition, le résultat observé et l'explication de l'écart.

Grille d'audit en 8 questions
  1. Quel texte précis autorise ou impose la réforme ?
  2. Quelle autorité est responsable de chaque étape et à quelle date ?
  3. Quelle valeur de référence est figée avant la mise en œuvre ?
  4. Quel indicateur mesure le résultat plutôt que l'activité ?
  5. Quels coûts nouveaux, coûts de transition ou transferts doivent être déduits du gain brut ?
  6. Quelle donnée permet de détecter un effet indésirable ou un contournement ?
  7. Qui vérifie les chiffres indépendamment du service qui met en œuvre la mesure ?
  8. Quelle clause permet de corriger ou d'arrêter la mesure si les résultats ne sont pas au rendez-vous ?

Contrat de mesure · mesure 1.16

Comment savoir objectivement si cette mesure fonctionne ?

Le résultat doit être défini avant l’entrée en vigueur. Le principe est simple : un même indicateur, une même unité, un même périmètre et une même méthode doivent être conservés entre la baseline et les contrôles ultérieurs. Si la méthode change, la rupture de série doit être publiée.

Indicateur principal

Coût consolidé et qualité institutionnelle

Unité : € constants/an + indicateur de qualité.

Fréquence

annuelle.

La périodicité ne doit pas être modifiée simplement parce qu’un résultat devient défavorable.

Producteur / preuve

institution concernée / comptabilité publique.

Le fichier source, sa date et sa version doivent rester auditables.

Calcul à figer

coût complet après réforme comparé à la baseline sur périmètre constant

Le numérateur, le dénominateur et les exclusions doivent être documentés avant J0. Une série recalculée après coup doit conserver l’ancienne version ou expliciter la rupture.

Objectif vérifiable

À figer avant J0 dans le texte d’application ou la décision de pilotage ; il est interdit de modifier la cible après observation des résultats.

Règle de gouvernance : la cible, la tolérance et le calendrier sont enregistrés avant le lancement. Ils ne sont pas réécrits a posteriori pour transformer un échec en réussite.

Indicateur garde-fou

représentation, qualité, délais, contournements. Une amélioration du KPI principal ne suffit pas si elle est obtenue au prix d’une dégradation majeure de ce garde-fou.

Règle de verdict PASS / À RÉVISER / FAIL
  • PASS : objectif préenregistré atteint dans le délai prévu et garde-fou respecté.
  • À RÉVISER : progression réelle mais cible non atteinte, coût de transition supérieur à l’hypothèse ou effet indésirable corrigeable.
  • FAIL : absence d’amélioration démontrable, résultat obtenu par déplacement du coût/problème, rupture méthodologique non documentée ou dégradation majeure du garde-fou.