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Institutions · Mesure 1.14

Mesure 1.14 — Publier les rémunérations publiques avec une transparence utile et légale

Le droit impose déjà à certains employeurs publics de publier chaque année la somme des dix plus hautes rémunérations, avec une ventilation entre femmes et hommes. Le chapitre reconstruit la mesure sans confondre cible politique et économie nette démontrée.

La transparence existe déjà, mais sous forme limitée

Le droit impose déjà à certains employeurs publics de publier chaque année la somme des dix plus hautes rémunérations, avec une ventilation entre femmes et hommes. Cette obligation est un socle de transparence, mais elle n’équivaut pas à une base nominative exhaustive de toutes les rémunérations publiques. [1]

Statut du chiffrage. Le Plan n’associe pas ici un gain annuel certifié. Le rendement doit être observé après mise en œuvre.

Rendre visible sans publier inutilement des personnes

Une plateforme plus détaillée doit respecter minimisation, exactitude, sécurité et proportionnalité des données. La transparence peut être très fine sur les postes, grades, employeurs et composantes de rémunération sans publier inutilement l’identité de chaque agent. Les seuils de publication doivent être justifiés par l’intérêt public. [2]

Transparence des rémunérations : de la paie brute à une donnée publique utile
  1. Définir la donnée et sa finalité
  2. Agrégér par fonction et tranche
  3. Appliquer minimisation et contrôle de réidentification
  4. Publier un format réutilisable et versionné

Construire une plateforme à partir des systèmes de paie

Le modèle robuste publie les grilles, composantes indemnitaires, postes de direction au-dessus de seuils définis, agrégats des dix plus hautes rémunérations selon le droit existant et distributions statistiques par employeur. Une API ouverte permettrait d’analyser les écarts, tandis qu’un mécanisme de rectification traiterait les erreurs. [1][2]

Le coût vient avant l’économie

Cette mesure n’a pas d’économie directe certifiable au démarrage : elle crée d’abord des coûts de collecte, normalisation, contrôle qualité, sécurité et publication. Son rendement est indirect, par la détection d’anomalies, la comparabilité des politiques indemnitaires et la pression de justification. Les gains doivent être mesurés ex post, dossier par dossier. [3]

Économie nette récurrente = coûts réellement supprimés − coûts recréés − charges transférées − coût annuel résiduel Le coût de transition de l’année 1 est publié séparément.

Protection des données et droit à rectification

Une transparence mal calibrée peut exposer des personnes, faciliter le harcèlement ou propager des données inexactes. À l’inverse, des agrégats trop larges rendent l’outil inutile. Le compromis associe seuils, pseudonymisation ou publication par poste, contrôle des données et droit rapide à rectification. [2]

Ce qu’il faut démontrer avant de retenir la cible de effet structurel

Transparence des rémunérations publiques : données comparables, vérifiables et rectifiables selon le niveau de responsabilité.
Repère visuel — Transparence totale des rémunérations publiques sur plateforme dédiée. Les nombres et règles sont détaillés et sourcés dans le chapitre.

Publier des rémunérations utiles sans fabriquer un registre nominatif inutile

La transparence des rémunérations publiques doit partir de la finalité : permettre de comprendre la structure de la dépense, de comparer des employeurs publics et de repérer des écarts inhabituels. Le Code général de la fonction publique contient déjà des obligations de publication dans certains périmètres. [1] La réforme doit donc compléter ce qui existe plutôt que créer une base parallèle : référentiel commun des rémunérations, composantes de paye, effectifs par tranche, coût employeur et règles d’exception. Le niveau de granularité doit être assez fin pour auditer la dépense sans publier par défaut l’identité de chaque agent. [source]

La CNIL rappelle que l’open data doit respecter nécessité, proportionnalité et protection des données personnelles. [2] Une plateforme robuste peut publier des distributions par tranche, décile, fonction ou organisme, et réserver l’identification individuelle aux cas où le droit la prévoit ou où l’intérêt public le justifie clairement. Elle doit également documenter les règles de pseudonymisation, les durées de conservation et les risques de réidentification dans les petits effectifs. La transparence n’est crédible que si elle est juridiquement soutenable et si les données peuvent rester en ligne durablement. [source]

Cette mesure est aussi l’infrastructure de contrôle de 1.15 et 1.20. Les mêmes données agrégées peuvent montrer combien de rémunérations dépassent six SMIC, quelles primes expliquent les écarts et comment évoluent les régimes indemnitaires. Le dictionnaire de données doit donc être conçu une seule fois et versionné. La réussite ne se mesure pas au nombre de noms publiés, mais au nombre de calculs reproductibles : masse salariale par catégorie, distribution, composantes, évolution et exceptions. Le rapport annuel de la DGAFP fournit un cadre statistique de comparaison et de définition des populations. [3] [source]

Une plateforme de transparence doit produire des comparaisons, pas seulement des listes

La valeur d’une plateforme de rémunérations publiques dépend d’abord de son dictionnaire de données. Si chaque employeur publie ses propres catégories, le citoyen ne peut ni comparer les fonctions ni comprendre les écarts. Il faut donc définir les composantes de rémunération, le coût employeur, le temps de travail de référence, les avantages valorisés, les primes exceptionnelles et les populations couvertes. Les données peuvent ensuite être agrégées par fonction, organisme, décile ou tranche de rémunération. Cette architecture permet de répondre à des questions concrètes — dispersion des rémunérations, poids des primes, évolution annuelle — tout en évitant de transformer la transparence budgétaire en exposition inutile de personnes identifiables.

La qualité doit être auditable. Chaque jeu de données devrait porter une date d’extraction, un périmètre, une définition des variables et un taux de couverture. Une série corrigée doit conserver son historique afin que les journalistes, chercheurs ou citoyens puissent reproduire une analyse réalisée l’année précédente. Les petits effectifs exigent des règles spécifiques pour éviter la réidentification ; les exceptions doivent être documentées plutôt que laissées à l’appréciation de chaque organisme. Cette plateforme peut alors devenir l’infrastructure commune de plusieurs mesures du Plan, notamment le plafond de six SMIC et l’analyse des primes de la haute fonction publique, sans multiplier les bases redondantes.

Publier les rémunérations sans fabriquer une base de données trompeuse

Une plateforme de transparence doit d’abord résoudre un problème de définition. Rémunération brute, traitement indiciaire, primes, avantages en nature, indemnités de fonction, remboursements et éléments exceptionnels ne peuvent pas être mélangés dans une colonne unique. Le projet devrait imposer un dictionnaire de données commun aux administrations : définition de chaque champ, période de référence, organisme payeur, traitement des temps partiels et date de mise à jour. Sans cette normalisation, deux montants apparemment comparables peuvent recouvrir des périmètres différents et produire des classements trompeurs.

La protection des personnes impose en parallèle une politique de minimisation. Le niveau de détail doit être proportionné à la responsabilité publique et à la finalité de contrôle. Pour certains postes, une publication individualisée peut être justifiée ; pour d’autres, des bandes de rémunération ou des agrégats sont plus adaptés. La réforme doit aussi prévoir correction, traçabilité et historique des modifications afin qu’une erreur ne reste pas indéfiniment indexée. L’outil n’est crédible que si un lecteur peut comprendre ce que contient un montant, savoir quand il a été actualisé et distinguer donnée officielle, estimation et rémunération exceptionnelle.

Conclusion de la mesure 1.14. La cible historique de effet structurel reste un objectif à auditer. La réforme ne doit être créditée que de l’économie nette réellement constatée après transition, charges transférées et éventuels coûts recréés. La décision politique peut être tranchée avant que tous les montants soient connus ; le site, lui, ne doit jamais présenter une hypothèse comme un compte exécuté.
Ouvrir l’annexe technique : données à exiger avant de valider le chiffrage

Comment juger la réforme dans les faits

La transparence des rémunérations publiques doit éclairer l'usage de l'argent public sans transformer la publication en exposition inutile de données personnelles. La réussite repose donc sur un équilibre : périmètre clair, agrégation lorsque nécessaire, comparabilité entre organismes et capacité à identifier les rémunérations exceptionnelles ou les cumuls qui justifient un contrôle.

Le suivi doit mesurer la couverture des organismes, la fraîcheur des données, les écarts de rémunération et la qualité des explications publiées. Il doit aussi comptabiliser les corrections imposées après contrôle de la protection des données. Une transparence réussie permet à un citoyen de comprendre la structure salariale d'un organisme sans publier des informations qui n'apportent aucune valeur au débat public.

Une nomenclature commune est indispensable pour rendre les publications réellement comparables. Le même intitulé doit distinguer traitement indiciaire, part variable, avantages valorisés et rémunérations exceptionnelles. Sans ce dictionnaire, deux organismes peuvent tous deux se dire transparents tout en publiant des données incompatibles. L'objectif est donc aussi documentaire : rendre possible une comparaison historique et inter-organismes sans forcer le lecteur à reconstruire chaque année des définitions différentes.

Indicateurs publics spécifiques à la mesure 1.14
IndicateurCe qu’il permet de vérifierUnité / lecture
CouverturePart des organismes entrant dans le périmètre et publiant à temps%
FraîcheurÂge moyen des données de rémunération mises à dispositionmois
Rémunérations atypiquesNombre de situations au-dessus des seuils publics définiscas/an
ComparabilitéOrganismes utilisant la nomenclature et les unités communes%
Corrections RGPDPublications corrigées pour exposition excessive ou erreurnombre/an

Cette comparabilité doit aussi couvrir les changements de périmètre afin qu’une fusion ou un transfert d’agents ne crée pas artificiellement une amélioration.

Plans A / B / C — voie principale, repli et minimum exécutable

Les trois scénarios ci-dessous ne sont pas trois slogans : chacun fixe une voie juridiquement et opérationnellement distincte, avec un rendement recalculé selon ce qui est réellement adopté.

Plan A — voie principale

Adopter un cadre légal de transparence définissant précisément quelles rémunérations publiques doivent être publiées nominativement, par fonction ou sous forme agrégée. La règle repose sur la proportionnalité : plus la responsabilité et la maîtrise de fonds publics sont élevées, plus le niveau de transparence peut être important. Les systèmes de paie alimentent une plateforme avec contrôles automatiques, date de mise à jour et procédure de rectification. Les données sensibles non nécessaires sont exclues. La CNIL et les services juridiques sont associés à la conception. Le coût de la plateforme, de la qualité des données et du support est publié ; cette mesure est d’abord un outil de gouvernance, pas une économie automatique.

Plan B — repli exécutable

Si une publication nominative large est jugée disproportionnée, limiter le dispositif aux plus hauts responsables et publier pour les autres postes des fourchettes, médianes et rémunérations complètes par fonction. Les entités conservent l’obligation de transmettre les données brutes à un organisme de contrôle, mais le public accède à une version minimisant les risques pour la vie privée. Les comparaisons restent possibles entre ministères, opérateurs et fonctions similaires. Ce repli préserve l’objectif de contrôle des écarts tout en réduisant l’exposition individuelle.

Plan C — minimum ou statu quo contrôlé

Si aucun nouveau régime de publicité n’est voté, consolider les données déjà publiques et créer un référentiel commun des rémunérations par poste, catégorie et organisme. Aucun nom supplémentaire n’est exposé. L’effort porte sur la qualité, la comparabilité et l’accès aux données existantes, avec dates et définitions homogènes. Le coût de mise en œuvre est assumé comme dépense de transparence ; aucune économie n’est intégrée tant qu’une décision distincte de rémunération n’a pas effectivement réduit la dépense. Le dispositif est évalué sur le taux de couverture, la fréquence des corrections et l’usage réel des données, pas sur le seul volume d’informations mises en ligne.

Approfondissement : publier une rémunération publique compréhensible plutôt qu’un fichier illisible

La transparence doit porter sur le coût complet

Une publication limitée au traitement indiciaire ou au salaire de base peut donner une image incomplète. Une transparence utile agrège rémunération principale, primes, indemnités, avantages en nature valorisables et éventuelles fonctions complémentaires lorsqu’elles sont financées par des organismes publics. Les remboursements de frais réels doivent rester séparés. Cette architecture permet de comparer des situations qui utilisent des mécanismes de paie différents sans confondre rémunération et dépenses professionnelles.

Définir une donnée de référence

Le coût annuel de rémunération peut être présenté par Rtotale = S + P + I + A. Rtotale désigne la rémunération totale brute publiée, S le salaire ou traitement principal, P les primes, I les indemnités de fonction et A les avantages en nature valorisés. Le symbole + signifie « additionner ». Le fichier doit indiquer le millésime et la période couverte afin qu’une somme annuelle ne soit pas comparée à un montant mensuel.

Protéger les personnes qui n’exercent pas de responsabilité justifiant une exposition nominative

La transparence n’exige pas de publier nominativement tous les salaires de tous les agents. Le dispositif doit articuler responsabilité, niveau de rémunération et protection de la vie privée. Les fonctions dirigeantes ou rémunérations dépassant un seuil peuvent être publiées nominativement lorsque le cadre juridique le permet ; les autres données peuvent être présentées par emploi, tranche ou distribution statistique. L’objectif est de rendre les choix publics contrôlables, non de constituer un annuaire salarial général.

Créer un format exploitable et stable

Chaque entrée devrait utiliser les mêmes champs : organisme payeur, fonction, période, composantes de rémunération, avantages, cumul éventuel et base juridique. Un identifiant d’organisme stable permettrait de consolider les données entre années. Les fichiers doivent être téléchargeables et accompagnés d’une page de lecture destinée au grand public, afin que la transparence ne soit pas réduite à un tableur incompréhensible.

Mesurer la qualité de la publication

Les indicateurs suivront la couverture des organismes, le délai de publication, le taux de données complètes, les corrections, la détection de cumuls et l’usage des données. Une forte quantité de lignes publiées n’est pas en elle-même un succès. La réforme est réussie lorsque le citoyen peut comprendre rapidement le coût d’une fonction publique importante, comparer les organismes et identifier les exceptions sans devoir reconstituer la rémunération à partir de plusieurs documents.

Analyse opérationnelle : Définir une donnée de rémunération comparable

La transparence varie selon les catégories d’agents, les responsabilités et les données personnelles ; la publication doit reposer sur une base juridique explicite et proportionnée. C’est le cadre dans lequel doit être évalué la publication des rémunérations publiques. L’objectif reste de rendre les rémunérations réellement comparables tout en respectant les règles de protection des données et les nécessités de sécurité.

Transparence graduée selon la responsabilité publique

Le format doit distinguer rémunération fixe, primes, avantages, indemnités et éventuellement fourchettes lorsque la publication nominative n’est pas justifiée.

Publier des données brutes sans contexte peut exposer inutilement des personnes, mélanger rémunération annuelle et coût employeur ou créer des comparaisons trompeuses.

La transparence utile n’est pas l’exposition maximale : le niveau de détail doit augmenter avec la responsabilité publique et l’enjeu financier.

Ne pas confondre information publique et économie budgétaire

la mesure produit surtout un gain de gouvernance et de contrôle ; elle ne doit pas être comptée comme économie budgétaire automatique.

Le standard doit préciser période, brut/net, avantages, organisme payeur, temps plein et règles d’anonymisation, afin que deux chiffres publiés soient réellement comparables.

Un dictionnaire de données commun doit être défini avant publication, puis appliqué aux organismes centraux avant extension aux opérateurs et collectivités.

Décision de fond — La transparence utile n’est pas l’exposition maximale : le niveau de détail doit augmenter avec la responsabilité publique et l’enjeu financier.

Contrôle après entrée en vigueur — Le standard doit préciser période, brut/net, avantages, organisme payeur, temps plein et règles d’anonymisation, afin que deux chiffres publiés soient réellement comparables.

Scénario de repli — Publier des données brutes sans contexte peut exposer inutilement des personnes, mélanger rémunération annuelle et coût employeur ou créer des comparaisons trompeuses.

Notes et sources

  1. Code général de la fonction publique, article L.716-1.
  2. CNIL — recommandations open data.
  3. DGAFP — rapport annuel 2025.

En clair — ce que change la mesure

Cette mesure se lit en trois questions simples : quel problème concret « Mesure 1.14 — Publier les rémunérations publiques avec une transparence utile et légale » cherche-t-elle à corriger, quelle règle ou organisation doit changer, et comment vérifier ensuite que le résultat annoncé est réellement obtenu ?

Le lecteur doit distinguer l’objectif politique du mécanisme d’exécution : une réforme peut être pertinente dans son intention tout en nécessitant un calendrier, des responsables et des garde-fous précis pour produire l’effet attendu.

Règle anti-double-compte

Un même poste supprimé, une même recette ou un même achat évité ne peut apparaître que sur une seule ligne de consolidation. Si plusieurs réformes concourent au résultat, l’une porte le montant et les autres enregistrent une interaction non additive.

Cette règle vaut également pour les coûts : un coût de transition mutualisé doit être attribué une seule fois et référencé par les autres lignes concernées.

Statut financier de la mesure

Le grand livre des économies et la réalité budgétaire ne sont pas la même chose. Une mesure peut ne revendiquer aucune économie autonome tout en créant une dépense, une perte de recettes, un transfert ou un coût de transition. Le tableau ci-dessous sépare explicitement ces notions.

Économie autonome
aucune économie autonome revendiquée
Type d’impact budgétaire
dépense ou coût de mise en œuvre
Propriétaire budgétaire
À identifier avant fermeture financière
Ligne financière liée
Aucune ligne financière autonome attribuée à ce stade
Mesures liées
Aucune relation anti-double-compte codée à ce stade
Quantification de l’impact
À chiffrer / documenter
Coûts de transition
À documenter
Impact budgétaire net
ouvert — le coût, la recette, les transferts ou les interactions ne sont pas complètement fermés
Statut de consolidation
Hors addition autonome tant que la ligne porteuse, le propriétaire et les interactions ne sont pas fermés.

Classification prudente : aucun effet budgétaire n’est déclaré non applicable par défaut.

Pourquoi cette classification ?

Adopter un cadre légal de transparence définissant précisément quelles rémunérations publiques doivent être publiées nominativement, par fonction ou sous forme agrégée. La règle repose sur la proportionnalité : plus la responsabilité et la maîtrise de fonds publics sont élevées, plus le niveau de transparence peut être important. Les systèmes de paie alimentent une plateforme avec contrôles automatiques, date de mise à jour et procédure de rectification. Les données sensibles non nécessaires sont exclues. La CNIL et les services juridiques sont associés à la conception. Le coût de la plateforme, de la qualité des données et du support est publié ; cette mesure est d’abord un outil de gouvernance, pas une économie automatique.