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Institutions · Mesure 1.10

Mesure 1.10 — Plafonner les indemnités cumulées à 150 % du mandat principal

Le droit actuel comporte déjà des mécanismes d’écrêtement. Le chapitre reconstruit la mesure sans confondre cible politique et économie nette démontrée.

Un écrêtement existe déjà

Le droit actuel comporte déjà des mécanismes d’écrêtement. Pour certains titulaires de mandats locaux, le cumul d’indemnités est plafonné par référence à une fois et demie l’indemnité parlementaire, après déduction de certaines cotisations. La proposition de 150 % du mandat principal change donc la référence plutôt qu’elle n’invente le principe d’un plafond. [1]

Statut du chiffrage. Le Plan associe historiquement à cette mesure 80 millions d’euros par an. Ce montant est conservé comme cible à auditer, jamais comme économie acquise.
Propriétaire budgétaire. Personne publique versant l’indemnité soumise au plafonnement. Cette identification ferme uniquement le critère « qui porte le flux ? » ; elle ne transforme ni la cible historique ni l’économie nette en montant acquis. Référence DGCL sur les indemnités et budgets des élus locaux.

Le point décisif : définir le mandat principal

Le texte doit définir le « mandat principal » : celui choisi par l’élu, le mieux indemnisé, celui qui comporte une fonction exécutive ou celui obtenu au suffrage direct. Sans cette définition, le plafond serait facile à contourner et produirait des résultats incohérents entre situations comparables. [1]

Plafonnement : droit existant versus réforme proposée
RepèreDonnée actuelleLecture pour la réforme
Règle actuelle1,5 × indemnité parlementaire de basedéjà applicable à plusieurs cumuls
Projet150 % du mandat principalréférence à définir précisément
Contrôleécrêtement / régularisationautomatisation possible
Économiedépassements réelspas un forfait théorique

Construire une assiette impossible à contourner

Le mécanisme le plus robuste agrège dans un référentiel unique les indemnités couvertes, identifie automatiquement le mandat principal selon une règle légale, puis écrête le total au-delà de 150 %. Les remboursements de frais réels et justifiés doivent rester hors assiette afin de ne pas transformer une dépense professionnelle en rémunération. [1]

Les 80 millions exigent une microsimulation

Les 80 millions d’euros ne peuvent être validés qu’après une microsimulation des cumuls réellement observés. Il faut connaître les montants bruts, les écrêtements déjà appliqués et les fonctions concernées. L’économie est la différence entre le nouvel écrêtement et l’écrêtement existant, non le total des indemnités cumulées. [1]

Économie nette récurrente = coûts réellement supprimés − coûts recréés − charges transférées − coût annuel résiduel Le coût de transition de l’année 1 est publié séparément.

Préserver les remboursements de frais réels

Un plafond mal conçu peut désinciter certaines responsabilités difficiles ou pousser à reclasser des indemnités sous d’autres catégories. Il faut donc une assiette exhaustive, une publication agrégée des effets, un contrôle automatisé et une procédure de rescrit pour les situations atypiques. [1][2][3]

Ce qu’il faut démontrer avant de retenir la cible de 80 millions d’euros par an

1.10 — Plafonnement des indemnités cumulées à 150 pour cent du mandat principal : comparaison visuelle du point de départ et de la cible
Repère visuel — Plafonnement des indemnités cumulées à 150 pour cent du mandat principal. Les nombres et règles sont détaillés et sourcés dans le chapitre.

Avant de plafonner, reconnaître le plafond qui existe déjà

Le droit local prévoit déjà qu’un élu détenant plusieurs mandats ou fonctions ne peut recevoir, pour l’ensemble de ses rémunérations et indemnités de fonction visées, plus d’une fois et demie l’indemnité parlementaire de base, après cotisations sociales obligatoires. [1] La documentation DGCL rappelle en outre que l’écrêtement doit être régularisé lorsque le plafond est dépassé. [3] Une réforme intitulée « plafonner à 150 % » risque donc d’être redondante si elle ne précise pas clairement ce qu’elle change : la référence utilisée, le périmètre des fonctions, l’automaticité du contrôle ou la destination des sommes écrêtées. [source]

Le point le plus intéressant peut être l’automatisation. Aujourd’hui, plusieurs collectivités ou organismes peuvent verser des indemnités à la même personne. Un registre de contrôle peut agréger les montants déclarés sans rendre publiques des données personnelles inutiles, détecter le dépassement et indiquer à l’ordonnateur concerné la somme à reverser. Le rapport doit toutefois distinguer indemnité de fonction, remboursement de frais et rémunération professionnelle : les mélanger produirait des faux positifs et un dispositif juridiquement fragile. [source]

Le chiffrage de 80 millions d’euros ne peut être établi qu’à partir des dépassements réellement observés. Il faut donc connaître la distribution des cumuls avant écrêtement, les montants effectivement reversés, les régularisations tardives et le nombre de situations concernées. Si le plafond actuel est déjà respecté, la réforme peut produire surtout un gain de contrôle et de transparence, pas une économie massive. Cette conclusion ne diminuerait pas l’intérêt institutionnel de la mesure ; elle empêcherait simplement de créditer le Plan d’une recette qui n’existe pas dans les comptes exécutés.

Mesurer l’écrêtement réel avant de promettre une économie

Avant de modifier le plafond des indemnités cumulées, il faut connaître la distribution des situations actuelles. Combien d’élus atteignent déjà le plafond ? Quel montant est écrêté ? Quels versements sont concernés et à quel moment les régularisations interviennent-elles ? Sans cette base, une réforme à “150 %” peut être soit plus stricte, soit identique, soit même moins stricte selon la référence retenue. La réforme devrait donc publier une table de correspondance entre la règle existante et la règle proposée : assiette, plafond nominal, fonctions incluses, remboursements exclus, mécanisme de reversement et organisme chargé du contrôle. Cette comparaison dira immédiatement si le texte ajoute une contrainte réelle ou seulement une nouvelle formulation.

Un contrôle automatisé peut réduire les erreurs sans créer un fichier public nominatif. Les organismes payeurs peuvent transmettre les montants nécessaires à un registre sécurisé qui calcule le cumul, notifie les dépassements et conserve la trace des corrections. Pour éviter les faux positifs, la nomenclature doit distinguer indemnité de fonction, remboursement de frais, rémunération professionnelle et compensation exceptionnelle. Les résultats publics peuvent rester agrégés : nombre de situations contrôlées, montant écrêté, délai de régularisation et incidents. C’est cette série qui permettra, après un exercice complet, de savoir si la mesure produit réellement des économies supplémentaires par rapport au système déjà en vigueur.

Plafonner les indemnités avec une chaîne d’écrêtement vérifiable

Le plafonnement ne devient effectif que si toutes les indemnités entrant dans l’assiette sont identifiées et additionnées de la même manière. Les mandats locaux, présidences, vice-présidences, syndicats, établissements publics et autres fonctions peuvent relever de payeurs distincts. Le dispositif d’exécution doit donc définir une déclaration normalisée et un mécanisme d’échange entre organismes payeurs afin qu’un plafond global soit calculé sans demander au public de reconstituer lui-même des dizaines de versements. La règle doit préciser l’ordre d’écrêtement : quel organisme réduit son versement, à quel moment et comment une régularisation est opérée lorsqu’un mandat commence ou s’achève en cours de mois.

Il faut également distinguer indemnité, remboursement de frais et moyens nécessaires à l’exercice du mandat. Un plafond mal conçu pourrait inciter à transformer une partie de la rémunération en avantages ou remboursements moins visibles. Le contrôle doit donc inclure une doctrine anti-contournement et des catégories homogènes de publication. L’économie budgétaire n’est pas l’unique objectif : le mécanisme doit surtout rendre compréhensible la rémunération globale issue de fonctions publiques électives. Une publication annuelle agrégée, accompagnée du montant écrêté, permettrait de vérifier que la règle fonctionne sans publier des détails personnels sans rapport avec l’argent public.

Conclusion de la mesure 1.10. La cible historique de 80 millions d’euros par an reste un objectif à auditer. La réforme ne doit être créditée que de l’économie nette réellement constatée après transition, charges transférées et éventuels coûts recréés. La décision politique peut être tranchée avant que tous les montants soient connus ; le site, lui, ne doit jamais présenter une hypothèse comme un compte exécuté.
Ouvrir l’annexe technique : données à exiger avant de valider le chiffrage

Comment juger la réforme dans les faits

Un plafonnement des indemnités cumulées n'est crédible que s'il est calculé sur une base homogène et contrôlable. La difficulté réside dans l'empilement de régimes indemnitaires, d'écrêtements et d'avantages qui ne se présentent pas tous de la même manière. Le tableau public doit donc partir du mandat principal et montrer, pour chaque situation, ce qui est ajouté, ce qui est déjà écrêté et ce que la nouvelle règle change réellement.

Le rendement budgétaire ne doit jamais être obtenu en appliquant 150 % à une moyenne nationale. Il dépend de la distribution réelle des cumuls au-dessus du plafond. Le suivi doit publier le nombre de personnes concernées, le montant avant et après écrêtement, les régularisations et les éventuels contentieux. C'est cette distribution qui permet de transformer une règle simple en économie vérifiable.

La transparence du calcul est essentielle pour éviter qu'un même revenu soit compté deux fois ou qu'un avantage distinct soit intégré sans base juridique. Le relevé individuel peut rester protégé, mais le système doit produire des statistiques agrégées par type de cumul et tranche de dépassement. Cette distribution permet de savoir si la règle concerne quelques situations très élevées ou un ensemble plus large de cumuls modestes, ce qui change profondément l'estimation budgétaire et l'analyse d'équité. [source]

Indicateurs publics spécifiques à la mesure 1.10
IndicateurCe qu’il permet de vérifierUnité / lecture
Mandats concernésNombre de titulaires dépassant le plafond avant écrêtementpersonnes
Base de référenceIndemnité du mandat principal retenue pour le calculeuros/mois
Montant écrêtéSomme effectivement non versée du fait du plafondeuros/an
RégularisationsCorrections après déclaration ou changement de situationnombre et euros
ContentieuxRecours liés au calcul ou au périmètre des indemnitésnombre/an

Plans A / B / C — voie principale, repli et minimum exécutable

Les trois scénarios ci-dessous ne sont pas trois slogans : chacun fixe une voie juridiquement et opérationnellement distincte, avec un rendement recalculé selon ce qui est réellement adopté.

Plan A — voie principale

Construire un plafond commun sur une assiette explicitement définie : indemnité du mandat principal, indemnités de fonctions et autres rémunérations électives entrant dans le champ, tout en excluant les remboursements de frais réels justifiés. Les textes doivent être adaptés selon la catégorie de mandat : règles locales dans la loi et le CGCT, règles parlementaires ou organiques lorsqu’elles relèvent de ce niveau. Un système d’écrêtement centralisé empêche qu’une personne dépasse 150 % de l’indemnité de référence. Avant toute économie annoncée, une microsimulation sur les cumuls actuels mesure le montant réellement écrêté et le montant éventuellement versé à un autre titulaire.

Plan B — repli exécutable

Si un plafond uniforme de 150 % crée des anomalies entre mandats très différents, conserver le principe mais appliquer des plafonds par famille de fonctions, avec un plafond global absolu. Les règles et exceptions sont publiques et les remboursements de frais restent séparés. Le calcul budgétaire est refait sur données réelles de cumul ; aucune cible ancienne n’est maintenue si l’écrêtement existant absorbe déjà une partie du gain. Ce scénario de repli privilégie la cohérence entre responsabilités plutôt qu’une règle unique difficile à appliquer.

Plan C — minimum ou statu quo contrôlé

Si le plafond supplémentaire n’est pas adopté, conserver les règles d’écrêtement actuelles et publier de manière agrégée leur rendement, les montants écrêtés et les principaux cas de cumul. Aucun gain nouveau n’est intégré au plan budgétaire. La réforme minimale consiste à rendre l’assiette et le circuit d’écrêtement auditables entre collectivités et assemblées, afin de détecter les doubles versements ou interprétations divergentes. Elle améliore le contrôle sans prétendre produire l’économie du Plan A. Un contrôle croisé annuel entre organismes payeurs permet en outre de vérifier que l’écrêtement est effectivement appliqué et qu’aucun versement périphérique n’en neutralise l’effet.

Approfondissement : plafonner les indemnités sans confondre rémunération et remboursement

Définir précisément ce qui entre dans le plafond

Un plafond fixé à 150 % de l’indemnité du mandat principal n’est compréhensible que si son assiette est définie. Les indemnités de fonction liées à des mandats ou responsabilités publiques doivent être consolidées ; les remboursements de frais réels et justifiés n’ont pas la même nature. À l’inverse, une indemnité forfaitaire présentée comme un remboursement mais versée indépendamment de toute dépense doit être examinée comme un avantage financier. Cette distinction évite à la fois de sous-estimer le cumul et de pénaliser un élu qui engage réellement des frais pour sa fonction.

Une formule simple pour rendre la règle lisible

Si Ip est l’indemnité brute du mandat principal, le plafond peut être écrit P = 1,5 × Ip. P représente le montant maximal des indemnités de fonction cumulées ; 1,5 signifie « une fois et demie » et le symbole × signifie « multiplié par ». Les remboursements de frais sur justificatifs sont comptabilisés séparément et publiés dans une catégorie distincte. Une telle formule permet à tout citoyen de comprendre la règle sans connaître l’ensemble des barèmes locaux.

Éviter les contournements par changement de dénomination

Le texte doit intégrer les jetons de présence, indemnités de présidence, vice-présidence, représentation et avantages monétisables lorsqu’ils rémunèrent une fonction publique. Les structures satellites contrôlées par une collectivité ne doivent pas devenir un canal permettant de dépasser le plafond. La consolidation doit donc suivre la personne bénéficiaire et non chaque organisme séparément, avec un identifiant administratif permettant de détecter plusieurs versements.

Traiter les responsabilités supplémentaires

Le plafond ne signifie pas qu’aucune mission supplémentaire ne peut être indemnisée. Il signifie que la somme totale reste limitée. Une collectivité peut donc choisir de rémunérer davantage une responsabilité particulièrement lourde, mais cette décision réduit mécaniquement la marge disponible pour d’autres indemnités. Cette contrainte rend le coût politique du cumul visible et incite à répartir les fonctions plutôt qu’à les concentrer.

Publier un tableau consolidé par bénéficiaire

Le contrôle public doit présenter le mandat principal, les fonctions secondaires, les indemnités brutes, les remboursements distincts et le total retenu pour le plafond. Les indicateurs suivront le nombre de dépassements détectés, les régularisations, les montants restitués et la concentration des fonctions. La réforme sera considérée comme effective lorsque le plafonnement s’appliquera automatiquement au moment du versement, sans dépendre d’un contrôle tardif ou d’une reconstitution manuelle.

Analyse opérationnelle : Un seul plafond calculé sur tous les versements

Le système doit articuler les règles d’écrêtement existantes, les indemnités de fonction et les éventuelles exceptions prévues par la loi. C’est le cadre dans lequel doit être évalué un plafond des indemnités cumulées à 150 % du mandat principal. L’objectif reste de faire respecter un plafond intelligible sur l’ensemble des indemnités publiques liées aux mandats et fonctions.

Fermer la frontière entre indemnité et avantage annexe

Le calcul doit s’appuyer sur une déclaration consolidée par élu et sur un mécanisme de versement qui applique automatiquement l’écrêtement avant paiement.

Des avantages annexes ou remboursements mal qualifiés peuvent contourner un plafond limité aux seules indemnités nominales.

Un plafond trop bas peut être contesté pour certaines fonctions exécutives lourdes ; l’important est de rendre la règle générale, transparente et impossible à contourner par empilement.

Séparer économie d’écrêtement et économie de non-cumul

L’économie correspond uniquement aux montants effectivement écrêtés ; elle ne doit pas être additionnée une seconde fois aux économies issues du non-cumul si les mêmes indemnités sont concernées.

Le contrôle doit rapprocher indemnité principale, indemnités secondaires, écrêtement appliqué et avantages en nature rattachés aux fonctions.

La mise en œuvre peut être rapide si les systèmes de paie et les déclarations sont interopérables, mais une phase de rapprochement des bases est indispensable.

Décision de fond — Un plafond trop bas peut être contesté pour certaines fonctions exécutives lourdes ; l’important est de rendre la règle générale, transparente et impossible à contourner par empilement.

Contrôle après entrée en vigueur — Le contrôle doit rapprocher indemnité principale, indemnités secondaires, écrêtement appliqué et avantages en nature rattachés aux fonctions.

Scénario de repli — Des avantages annexes ou remboursements mal qualifiés peuvent contourner un plafond limité aux seules indemnités nominales.

Notes et sources

  1. CGCT, article L.2123-20 — écrêtement.
  2. Loi organique n°2014-125 — non-cumul.
  3. DGCL — Les collectivités locales en chiffres 2026.

En clair — ce que change la mesure

Cette mesure se lit en trois questions simples : quel problème concret « Mesure 1.10 — Plafonner les indemnités cumulées à 150 % du mandat principal » cherche-t-elle à corriger, quelle règle ou organisation doit changer, et comment vérifier ensuite que le résultat annoncé est réellement obtenu ?

Le lecteur doit distinguer l’objectif politique du mécanisme d’exécution : une réforme peut être pertinente dans son intention tout en nécessitant un calendrier, des responsables et des garde-fous précis pour produire l’effet attendu.

Risques et objections — ce qui peut faire échouer la réforme

Le risque principal est de confondre une décision juridique avec son résultat opérationnel. Une réforme peut être adoptée mais produire un déplacement de charge, un coût de transition sous-estimé, une perte de qualité de service ou un contournement du dispositif.

Le contrôle doit donc publier les effets inattendus, les coûts transférés et les indicateurs de qualité en même temps que les économies éventuelles. Une objection documentée doit pouvoir conduire à corriger le calendrier ou le mécanisme sans effacer l’objectif initial.