DELTA-SIERRAMARSEXPLORER · COMPRENDRE · COLONISER
Soutenir mon travail

Bible Mars — Personnalités

Buzz Aldrin

Le pilote de chasse devenu docteur du MIT, qui fit du rendez-vous orbital sa spécialité, résolut le problème des sorties dans l’espace sur Gemini XII, fut le deuxième homme à marcher sur la Lune, puis dessina une route régulière entre la Terre et Mars.

né en 1930

Portrait illustré de Buzz Aldrin
Illustration éditoriale, non photographie d’archive.
Naissance
20 janvier 1930, Glen Ridge (New Jersey)
Rôle
Pilote de chasse, astronaute de la NASA (1963-1971), ingénieur
Formation
West Point (1951) ; doctorat d’astronautique du MIT (1963)
Missions
Gemini XII (1966) ; Apollo 11 (1969), deuxième homme sur la Lune
Lien avec Mars
Cycleur Aldrin entre la Terre et Mars (1985) ; plaidoyer pour l’installation humaine sur Mars

14 chapitres et 4 annexes : environ 7 200 mots, soit 30 minutes de lecture. Chaque fait vient de sources vérifiées, indiquées à la fin de chaque chapitre.

Première partie

Le pilote

1930 – 1963

Chapitre 1 · 1930 – 1947 Le fils de l’aviateur

Edwin Eugene Aldrin Jr. est né le 20 janvier 1930 à l’hôpital Mountainside de Glen Ridge, dans le New Jersey ; ses parents habitent la ville voisine de Montclair, à l’ouest de New York. L’aviation est déjà dans la famille. Son père, Edwin Eugene Aldrin Sr., a été aviateur de l’armée pendant la Première Guerre mondiale, puis commandant adjoint de l’école des pilotes d’essai de l’armée à McCook Field, dans l’Ohio, de 1919 à 1922. Il a quitté l’armée en 1928 pour devenir cadre de la compagnie pétrolière Standard Oil. Sa mère s’appelle Marion Moon. Moon, la Lune : le hasard des noms fait bien les choses.

« Buzz »

Le garçon a deux sœurs aînées, Madeleine et Fay Ann. C’est Fay Ann, d’un an et demi plus âgée, qui lui donne son surnom : petite, elle n’arrive pas à prononcer « brother », « frère », et dit « buzzer », vite raccourci en « Buzz ». Le surnom lui restera ; en 1988, il en fera son prénom officiel.

Il est bon élève, avec une moyenne de A. Il joue au football américain ; en 1946, il est le centre titulaire de l’équipe du lycée de Montclair, invaincue et championne de l’État.

La marine ou l’armée

Son père voudrait qu’il entre à l’Académie navale d’Annapolis, l’école des officiers de marine. Il l’inscrit dans une école préparatoire voisine, la Severn School, et obtient même pour lui une nomination à l’Académie de la part d’un sénateur du New Jersey. Mais le garçon a d’autres idées. Il a le mal de mer, et il voit dans les navires une distraction qui l’éloignerait des avions. Il tient tête à son père et lui demande de faire changer la nomination pour l’Académie militaire de West Point, l’école des officiers de l’armée de terre, dans l’État de New York. Il y entre en 1947.

Sources : article « Buzz Aldrin » de Wikipédia en anglais (naissance, hôpital, parents, carrière du père, sœurs, origine du surnom et prénom légal en 1988, résultats scolaires, football en 1946, Severn School, mal de mer, choix de West Point, entrée en 1947 ; source tertiaire, qui s’appuie notamment sur les autobiographies d’Aldrin). Le rapprochement entre le nom de sa mère et la Lune est une remarque de l’auteur de ce livre.

Chapitre 2 · 1947 – 1953 West Point et la Corée

À West Point, Buzz Aldrin réussit brillamment. Il termine premier de sa promotion en première année. C’est aussi un excellent athlète, sauteur à la perche dans l’équipe d’athlétisme de l’académie. En 1950, il part avec un groupe de cadets étudier au Japon et aux Philippines la politique du gouvernement militaire du général MacArthur. C’est pendant ce voyage qu’éclate la guerre de Corée. Le 5 juin 1951, il obtient son diplôme d’ingénieur en mécanique ; il sort troisième de sa promotion.

Chasseur plutôt que bombardier

Les mieux classés peuvent choisir leur affectation. Il choisit l’armée de l’air, devenue une armée à part entière en 1947 et qui n’a pas encore sa propre école. Il apprend à piloter sur T-6 en Floride. Un jour, en tentant une figure acrobatique, il subit un « voile gris », une perte partielle de la vision due à l’accélération, et ne reprend le contrôle qu’à environ six cents mètres du sol. Son père lui conseille de piloter des bombardiers : commander un équipage apprend à diriger des hommes et ouvre de meilleures perspectives de carrière. Le fils choisit les chasseurs. À la base de Nellis, près de Las Vegas, il apprend à piloter le F-80 puis le F-86 Sabre, qu’il préfère, comme la plupart des pilotes de chasse de l’époque.

Soixante-six missions

En décembre 1952, il est affecté au 16e escadron de chasseurs-intercepteurs, basé à Suwon, au sud de Séoul. Il effectue soixante-six missions de combat sur F-86 Sabre. Le 14 mai 1953, à quelques kilomètres au sud du fleuve Yalu, il abat un premier MiG-15 ; l’hebdomadaire Life publie, le 8 juin, les images de sa caméra de tir montrant le pilote ennemi s’éjecter. Le 4 juin 1953, il en abat un second au terme d’une série de manœuvres en ciseaux, en visant à la main parce que son viseur s’est bloqué. Il voit le pilote s’éjecter, sans savoir si son parachute a eu le temps de s’ouvrir. Pour son service en Corée, il reçoit deux Distinguished Flying Cross et trois Air Medals.

Son année en Corée se termine en décembre 1953 ; les combats ont cessé. Le futur astronaute a vingt-trois ans. Il a appris, dans le cockpit d’un chasseur, ce que c’est que de rejoindre un autre appareil en vol et de se placer derrière lui. Dix ans plus tard, ce sera son sujet de thèse.

Sources : article « Buzz Aldrin » de Wikipédia en anglais (premier en première année, perche, voyage de 1950, diplôme du 5 juin 1951 et rang, choix de l’armée de l’air, formation sur T-6, voile gris, conseil du père, Nellis, F-80 et F-86, 16e escadron à Suwon, 66 missions, MiG abattus le 14 mai et le 4 juin 1953, Life du 8 juin 1953, décorations, fin de la période de combat ; source tertiaire). Le lien entre le combat aérien et le rendez-vous orbital est une remarque de l’auteur de ce livre.

Chapitre 3 · 1954 – 1963 La thèse du rendez-vous

Après la Corée, Buzz Aldrin est instructeur de tir aérien à Nellis, puis, en décembre 1954, aide de camp du doyen de la toute nouvelle Académie de l’armée de l’air. Le 29 décembre 1954, il épouse Joan Archer, diplômée des universités Rutgers et Columbia ; ils auront trois enfants. De 1956 à 1959, il est chef de patrouille sur F-100 Super Sabre, des avions armés de bombes nucléaires, à la base de Bitburg, en Allemagne de l’Ouest.

Un camarade qui écrit

Dans son escadron se trouve Ed White, sorti de West Point un an après lui. White part étudier l’aéronautique à l’université du Michigan et lui écrit pour l’encourager à faire de même. En 1959, par l’intermédiaire de l’Institut de technologie de l’armée de l’air, Aldrin entre au Massachusetts Institute of Technology, le MIT, pour y préparer une maîtrise. Son professeur d’astrodynamique, la science du mouvement des engins spatiaux, est Richard Battin, l’un des futurs concepteurs du système de navigation des vaisseaux Apollo.

Les cours le passionnent ; il décide de préparer un doctorat. Il choisit un sujet en pensant à son avenir : il espère qu’il l’aidera à être choisi comme astronaute, même s’il doit pour cela renoncer à l’école des pilotes d’essai, alors exigée. Sa thèse s’intitule Techniques de guidage à vue pour le rendez-vous orbital piloté. Elle étudie comment un pilote, à bord d’un vaisseau, peut rejoindre un autre engin en orbite en se fiant à ce qu’il voit et à des calculs simples. Il obtient son doctorat de sciences en astronautique en janvier 1963, selon Wikipédia ; l’histoire officielle de Gemini date la thèse de 1964.

La dédicace dit son espoir : il dédie son travail aux équipages présents et futurs des programmes spatiaux habités des États-Unis, en souhaitant qu’il contribue à leur exploration, et regrette de ne pouvoir les rejoindre dans leur aventure.

Au service de Gemini

Après son doctorat, l’armée de l’air l’affecte au bureau chargé de la cible du programme Gemini, à Los Angeles. Il y travaille avec la société Lockheed pour améliorer les capacités de manœuvre de l’Agena, l’étage-cible que les vaisseaux Gemini devront rejoindre et auquel ils devront s’amarrer en orbite. Il est ensuite détaché au centre des vols habités de la NASA, à Houston, pour intégrer des expériences militaires aux vols Gemini.

Sources : article « Buzz Aldrin » de Wikipédia en anglais (Nellis, aide de camp de Don Zimmerman, mariage du 29 décembre 1954, Bitburg 1956-1959, Ed White, MIT en 1959, Richard Battin, choix du doctorat, titre de la thèse, janvier 1963, dédicace, bureau de la cible Gemini, Lockheed, Houston ; source tertiaire) ; B. C. Hacker et J. M. Grimwood, On the Shoulders of Titans: A History of Project Gemini, NASA SP-4203, 1977, notes du chapitre XII (thèse datée de 1964). Le rôle de Battin dans la navigation d’Apollo relève de l’histoire générale. La dédicace est résumée.

Deuxième partie

Dr. Rendezvous

1963 – 1966

Chapitre 4 · 1962 – 1966 « Dr. Rendezvous »

En 1962, Buzz Aldrin pose sa candidature au deuxième groupe d’astronautes de la NASA. Elle est rejetée : il n’est pas pilote d’essai. Il demande une dérogation, qu’on lui refuse. Le 15 mai 1963, la NASA lance une nouvelle sélection, cette fois ouverte aux candidats qui ont soit une expérience de pilote d’essai, soit mille heures de vol sur avion à réaction. Aldrin en a plus de deux mille cinq cents, dont deux mille deux cents sur jet. Le 18 octobre 1963, il fait partie des quatorze astronautes du troisième groupe.

Le premier docteur

Il est le premier astronaute titulaire d’un doctorat. Avec son savoir en mécanique orbitale, cela lui vaut de ses camarades le surnom de « Dr. Rendezvous ». Wikipédia note qu’il savait que le surnom n’était pas toujours un compliment. Après la formation initiale, chaque nouvel astronaute reçoit un domaine de spécialité ; pour lui, ce sont la planification des missions, l’analyse des trajectoires et les plans de vol.

Vendre le rendez-vous concentrique

En 1963 et 1964, raconte l’histoire officielle du programme Gemini, Aldrin travaille dur pour convaincre le bureau du projet et les responsables des opérations d’adopter une méthode de rendez-vous qu’on appelle « concentrique ». La cible est lancée sur une orbite circulaire à 298 kilomètres d’altitude ; le vaisseau, sur une orbite plus basse et allongée. Plus proche de la Terre, il fait le tour du globe plus vite, et peut ainsi rattraper sa cible. Au printemps 1965, avec Dean Grimm, de la division de soutien des équipages du centre de Houston, il prépare les procédures que les pilotes suivront pour les dernières manœuvres du rendez-vous. L’équipage de Gemini VI fait cinquante simulations complètes de rendez-vous ; ses remarques, discutées avec Aldrin et les autres, sont intégrées dans des cartes que les pilotes emporteront en vol. Avec d’autres ingénieurs, Aldrin cosignera la synthèse officielle sur les opérations de rendez-vous menées à bord des vaisseaux Gemini.

Une idée sur une table à coussin d’air

Il pense aussi au déplacement des astronautes hors du vaisseau. Pour le vol Gemini IX, l’armée de l’air prépare une unité de manœuvre individuelle, un sac à dos propulsé. Ses petits moteurs fonctionnent par paires, vers l’avant et l’arrière, vers le haut et le bas, mais pas sur les côtés, ce qui inquiète les ingénieurs. En déplacement en Californie, Aldrin a une idée ; il la teste lors de sa visite suivante à l’usine de Dallas qui construit l’engin. Monté sur l’appareil d’entraînement posé sur une table à coussin d’air, il montre qu’en tournant d’abord sur le côté avec de petites impulsions, on peut ensuite se déplacer latéralement avec les moteurs avant et arrière.

Sources : article « Buzz Aldrin » de Wikipédia en anglais (refus de 1962, critères du 15 mai 1963, heures de vol, sélection du 18 octobre 1963, premier docteur, surnom et sa réception, spécialité ; source tertiaire) ; B. C. Hacker et J. M. Grimwood, On the Shoulders of Titans, NASA SP-4203, 1977, chapitres XI, XII et XIII (rendez-vous concentrique en 1963-1964, orbite de 298 km, collaboration avec Dean Grimm au printemps 1965, 50 simulations de Gemini VI, cartes, idée testée à Dallas sur la table à coussin d’air ; dans les notes, article de Kramer, Aldrin et Hayes, « Onboard Operations for Rendezvous », Gemini Summary Conference, NASA SP-138, 1967).

Chapitre 5 · 1966 La piscine de McDonogh

Le 28 février 1966, les astronautes Elliot See et Charles Bassett, désignés pour piloter Gemini IX, se tuent dans un accident d’avion. Leurs remplaçants prennent leur place, et Jim Lovell et Buzz Aldrin, qui devaient être doublures de Gemini X, deviennent le 21 mars doublures de Gemini IX. Par le jeu des rotations, cela les place en position pour le dernier vol du programme. Le 17 juin 1966, la NASA annonce que Lovell et Aldrin voleront sur Gemini XII.

Le problème des sorties

Gemini a démontré le rendez-vous et l’amarrage en orbite. Mais les sorties dans l’espace posent un problème que personne ne comprend bien. Eugene Cernan, sur Gemini IX, et Richard Gordon, sur Gemini XI, ont été épuisés par leurs tâches à l’extérieur. Michael Collins, sur Gemini X, s’en est mieux sorti, peut-être grâce à l’ordre dans lequel il avait fait les choses. Le dernier vol doit apporter une réponse : un comité étudie les sorties et recommande de consacrer la dernière à une recherche sur les fondamentaux, par la répétition de tâches simples, faciles à observer et à mesurer.

L’unité de manœuvre de l’armée de l’air, qui devait voler sur Gemini XII, est retirée le 23 septembre. Aldrin, qui avait travaillé autrefois au bureau des expériences de l’armée de l’air à Houston, en est déçu, et inquiet de ce qui la remplacera. On décide qu’il commencera par une sortie debout, dans l’écoutille ouverte, avant de passer à des activités plus fatigantes.

Sous l’eau

Pour l’entraînement, la NASA change de méthode. Jusque-là, on simulait l’apesanteur en avion, par des vols paraboliques : quelques secondes de flottement à chaque fois, puis un long repos, ce qui poussait à travailler vite alors que dans l’espace il faut aller lentement. Dans l’eau, au contraire, le corps flotte durablement, et se déplacer dans un liquide visqueux ressemble beaucoup à se déplacer dans un scaphandre pressurisé. Le 12 septembre 1966, dans la piscine de l’école McDonogh, près de Baltimore, où l’on a immergé des maquettes du vaisseau Gemini et de l’Agena, Aldrin devient le premier astronaute à s’entraîner en flottabilité neutre pour une sortie dans l’espace. Il y revient en octobre, moins d’un mois avant le vol.

On ajoute aussi des prises. Le vaisseau de Gemini IX avait neuf points d’appui pour les mains et les pieds ; celui de Gemini XII en aura quarante-quatre. À l’arrière du vaisseau, des cale-pieds en forme de chaussons, qu’on appelle les « pantoufles dorées », doivent permettre à l’astronaute de travailler sans dériver.

Sources : B. C. Hacker et J. M. Grimwood, On the Shoulders of Titans, NASA SP-4203, 1977, chapitres XIII et XIV (mort de See et Bassett, Lovell et Aldrin doublures de Gemini IX le 21 mars 1966, annonce du 17 juin, fatigue de Cernan et Gordon, succès de Collins, recommandation du comité, retrait de l’unité de manœuvre le 23 septembre et réaction d’Aldrin, sortie debout en premier, limites des vols paraboliques, avantages de l’entraînement sous l’eau, prises supplémentaires, « golden slippers ») ; J. Uri, « 55 Years Ago: Gemini XII Closes Out a Successful Program, Paves the Way for Apollo », NASA, 2021 (piscine McDonogh, premier entraînement en flottabilité neutre le 12 septembre 1966, retour en octobre) ; article « Buzz Aldrin » de Wikipédia en anglais (date du 28 février, 9 puis 44 prises ; source tertiaire). Les citations du comité sont résumées.

Chapitre 6 · 11 – 15 novembre 1966 « The End »

Le 11 novembre 1966, Jim Lovell et Buzz Aldrin marchent vers l’ascenseur de l’aire de lancement 19 de cap Kennedy en scaphandre. Sur leur dos, deux pancartes : « The » et « End ». C’est le dernier vol du programme Gemini. Une heure et demie après l’Agena, leur fusée Titan décolle.

Un rendez-vous à la main

En approchant de la cible, le radar du vaisseau se dérègle. Ses mesures deviennent si intermittentes que l’ordinateur de bord refuse de les accepter. Le rendez-vous devra se faire avec les cartes de secours, ces mêmes cartes qu’Aldrin avait contribué à mettre au point. L’histoire officielle de Gemini le dit ainsi : celui qu’on appelait parfois « Dr. Rendezvous » avait enfin l’occasion de vérifier si ses études de doctorat au MIT et son entraînement au simulateur étaient vraiment utilisables dans l’espace. Il sort un sextant manuel expérimental pour viser la cible et fait les calculs ; Lovell pilote. Ils s’amarrent à l’Agena à la troisième révolution.

Le moteur principal de l’Agena a montré une baisse de pression peu après son lancement ; le contrôle de mission renonce à l’utiliser pour monter plus haut. On en profite pour modifier légèrement l’orbite : le lendemain matin, le 12 novembre, la trajectoire du vaisseau croise la bande de totalité d’une éclipse de Soleil au-dessus de l’Amérique du Sud, que l’équipage photographie par les hublots.

« Man! Look at that! »

Puis Aldrin ouvre l’écoutille. Il reste debout dans l’ouverture, émerveillé : « Man! Look at that! » Il travaille lentement, posément, avec des pauses. Il installe une rampe vers l’Agena pour le lendemain et photographie des étoiles chaudes dans l’ultraviolet. À un moment, il croit voir des étoiles en plein jour, avant de comprendre qu’il regarde un sac de déchets qu’il vient de lâcher. Il fixe une caméra au bord de l’écoutille, tournée vers lui, et prend des photos de lui-même : selon l’historien de la NASA John Uri, ce sont les premiers autoportraits jamais pris pendant une sortie dans l’espace.

Le lendemain vient l’essentiel : la sortie au bout d’un cordon ombilical, pour savoir si un homme peut faire un travail utile dans le vide. Il suit la rampe jusqu’à l’Agena et y fixe un câble de trente mètres. Il glisse ses pieds dans les « pantoufles dorées » à l’arrière du vaisseau et constate qu’elles le maintiennent assez pour lui permettre de se détendre complètement. Il serre des boulons, coupe du métal, connecte et déconnecte des câbles. Une fois, un boulon et une rondelle lui échappent ; il les rattrape, un dans chaque main. Lovell lui demande par l’interphone s’il joue à la mécanique orbitale. « Oui, répond Aldrin, j’ai dû faire un petit rendez-vous. » Une douzaine de pauses de deux minutes l’empêchent de se fatiguer. En revenant vers l’écoutille, il essuie le hublot du commandant. Lovell lui demande s’il peut aussi faire la vidange.

Une troisième sortie, debout, sert à d’autres photographies et à jeter le matériel inutile. Au total, Aldrin a passé dehors plus de cinq heures, cinq heures et quarante-huit minutes selon John Uri, un record. Les durées de chaque sortie varient d’ailleurs selon les sources.

« Une performance sans faute »

Le 15 novembre, après cinquante-neuf révolutions, le vaisseau rentre en pilotage automatique et amerrit dans l’Atlantique, à quelques kilomètres du porte-avions Wasp. Le vol a eu ses pannes, mais, conclut l’histoire officielle, ce dont on se souviendrait, c’était de la performance sans faute d’Aldrin pendant des sorties bien préparées. Lui attribuera son succès à l’entraînement sous l’eau, une méthode toujours employée aujourd’hui, et à de bons systèmes de maintien. Le problème des sorties était résolu, juste à temps pour Apollo.

Sources : B. C. Hacker et J. M. Grimwood, On the Shoulders of Titans, NASA SP-4203, 1977, chapitre XIV (pancartes « The » et « End », radar, cartes de secours et phrase sur « Dr. Rendezvous », sextant, problème de l’Agena, « Man! Look at that! », étoiles en plein jour, « golden slippers », boulon et rondelle, dialogues avec Lovell, hublot, troisième sortie, rentrée automatique, « flawless performance ») ; J. Uri, « 55 Years Ago: Gemini XII… », NASA, 2021 (amarrage à la troisième révolution, éclipse, photographies ultraviolettes, premiers autoportraits, câble de 100 pieds, durées et total de 5 h 48, amerrissage près du Wasp, attribution du succès à l’entraînement sous l’eau) ; article « Buzz Aldrin » de Wikipédia en anglais (douze pauses de deux minutes ; source tertiaire). Les paroles enregistrées sont traduites par nous ; les durées divergentes sont présentées dans l’annexe « Sources et méthode ».

Troisième partie

La Lune

1967 – 1969

Chapitre 7 · 1967 – 1969 Qui sortira le premier ?

Le 20 novembre 1967, la NASA annonce de nouveaux équipages. Neil Armstrong, Jim Lovell et Buzz Aldrin sont désignés comme doublures d’une mission Apollo en orbite terrestre. L’année 1968 bouleverse tout : on décide d’envoyer le deuxième vol habité d’Apollo autour de la Lune, et l’équipe d’Armstrong devient doublure de cette mission, Apollo 8.

Le jeu des chaises musicales

À l’été 1968, Michael Collins, de l’équipage principal d’Apollo 8, doit être opéré d’une excroissance osseuse sur la colonne vertébrale. Lovell prend sa place. Aldrin passe, dans l’équipe de réserve, de pilote du module lunaire à pilote du module de commande. L’histoire officielle parle d’une série de « chaises musicales ». Fin 1968, Collins guéri, le chef des astronautes Donald Slayton recompose l’équipe : Armstrong commandant, Collins pilote du module de commande, Aldrin pilote du module lunaire. Le 9 janvier 1969, la NASA annonce officiellement l’équipage d’Apollo 11, le premier à tenter l’atterrissage sur la Lune si les deux vols précédents réussissent.

Selon Wikipédia, Slayton avait d’abord proposé à Armstrong de remplacer Aldrin par Lovell, certains jugeant Aldrin difficile à vivre. Armstrong réfléchit un jour, puis refuse : il n’avait aucun problème à travailler avec Aldrin, et pensait que Lovell méritait son propre commandement.

L’ordre de sortie

Reste une question que le public posera bientôt : qui posera le pied le premier sur la Lune ? Quand Houston commence à planifier la sortie à deux, en 1968, les ingénieurs partent d’un concept de 1964 où le pilote du module lunaire sort le premier. Mais le 20 décembre 1968, un document de procédure désigne le commandant. Sur un tableau de janvier 1969, les fonctions sont barrées et remplacées au crayon par les lettres A et B. Le 14 février 1969, à la quinzième réunion de planification des opérations lunaires, le responsable Raymond Zedekar annonce qu’Aldrin suivra le commandant sur le sol, moins d’une heure après lui, pour l’aider dans ses tâches, et qu’il remontera le premier. La raison donnée est pratique : les sacs à dos de survie sont rangés derrière le poste du pilote du module lunaire, et cet ordre facilite les mouvements dans la cabine exiguë. Ce n’est que le 14 avril qu’un journaliste demande au responsable du programme, George Low, qui sortira le premier ; Low répond que, selon la façon dont on travaille actuellement, ce sera le commandant.

Le 27 juin, en pleine nuit, une agence de presse réveille Low : elle a une information selon laquelle Armstrong aurait fait valoir son grade sur Aldrin. Or, note l’histoire officielle, Armstrong était un civil et Aldrin un colonel de l’armée de l’air. Wikipédia rapporte qu’Aldrin avait fait pression au sein de la NASA pour que la procédure d’origine soit conservée, sans trouver beaucoup d’appui chez les astronautes appelés à commander les missions suivantes, et cite un mot de Michael Collins selon lequel Aldrin regrettait de ne pas avoir été le premier davantage qu’il n’appréciait d’être le second.

Sources : C. G. Brooks, J. M. Grimwood et L. S. Swenson, Chariots for Apollo: A History of Manned Lunar Spacecraft, NASA SP-4205, 1979, chapitres XI et XIII (annonce du 20 novembre 1967, opération de Collins et « musical chairs », recomposition fin 1968, concept de 1964, document du 20 décembre 1968, tableau de janvier 1969, réunion du 14 février 1969 et explication de Zedekar, réponse de Low du 14 avril, appel de l’AP du 27 juin et remarque sur les grades) ; K. Mars, « 50 Years Ago: NASA Names Apollo 11 Crew », NASA, 2019 (annonce du 9 janvier 1969) ; article « Buzz Aldrin » de Wikipédia en anglais (proposition de Slayton et refus d’Armstrong, démarches d’Aldrin, mot de Collins ; source tertiaire). Le mot de Collins est résumé.

Chapitre 8 · 16 – 20 juillet 1969 « Contact light »

Le 16 juillet 1969, à 9 h 32 heure de Floride, une fusée Saturn V emporte Neil Armstrong, Michael Collins et Buzz Aldrin vers la Lune. Les trois hommes ont décidé de passer le début du voyage à se reposer, manger et rester détendus, pour ménager leurs forces. Le 19 juillet, quand ils ouvrent le tunnel entre le vaisseau Columbia et le module lunaire Eagle, Aldrin s’y glisse, vérifie les systèmes du module et essuie l’humidité accumulée sur ses hublots, pendant que la télévision montre la scène au monde entier.

Seuls

Le 20 juillet, Armstrong et Aldrin passent dans Eagle. Collins reste seul en orbite à bord de Columbia. « The Eagle has wings », annonce Armstrong au moment de la séparation. Aldrin met en marche le radar d’atterrissage, qui fonctionne. Pendant toute la descente, c’est lui qui lit les données de navigation à Armstrong, occupé à piloter.

À environ 1 800 mètres d’altitude, l’ordinateur de guidage déclenche des alarmes inattendues, numérotées 1202 et 1201 : il indique qu’il ne peut pas accomplir toutes ses tâches en temps réel et doit en reporter certaines. Le site visé se révèle couvert de gros blocs de rocher. Armstrong prend la main, survole le champ de pierres et cherche un endroit plat. Il demande à Aldrin où en est le carburant ; Aldrin, trop occupé à surveiller l’ordinateur, ne répond pas. À trente mètres du sol, la poussière soulevée par le moteur forme un voile qui masque presque la surface. Aldrin annonce les altitudes presque mètre par mètre ; les chiffres qu’il égrène disent à Armstrong qu’ils sont presque à court de carburant.

Concentré sur son pilotage, Armstrong ne sent pas le premier contact avec la Lune et n’entend pas Aldrin annoncer « contact light », le voyant qui s’allume quand les sondes placées sous les pieds du module touchent le sol. Le module se pose doucement, comme un hélicoptère. Il est 20 h 17 min 40 s en temps universel, le 20 juillet 1969 ; il reste environ vingt-cinq secondes de carburant. « Houston, ici la base de la Tranquillité. L’Aigle s’est posé. »

La communion

Peu après, Aldrin s’adresse par radio à tous ceux qui écoutent, où qu’ils soient, pour leur demander de s’arrêter un instant, de réfléchir aux événements des dernières heures et de rendre grâce chacun à sa manière. Ancien de l’Église presbytérienne, il prend alors en privé la communion, avec un nécessaire que lui a remis son pasteur, et lit un verset de l’Évangile de Jean. Il garde cette cérémonie secrète, parce qu’un procès venait d’être intenté à la NASA après la lecture de la Genèse par l’équipage d’Apollo 8. Il remarquera plus tard que le premier liquide versé sur la Lune et la première nourriture qu’on y mangea furent les éléments de la communion. En 2009, il écrira que, s’il devait le refaire, il ne choisirait peut-être pas ce rite chrétien, puisque l’équipage était venu au nom de toute l’humanité.

Sources : C. G. Brooks, J. M. Grimwood et L. S. Swenson, Chariots for Apollo, NASA SP-4205, 1979, chapitre XIV (décision de se reposer, ouverture du tunnel et hublots essuyés, « The Eagle has wings », radar d’atterrissage, champ de rochers, question sur le carburant, poussière à trente mètres, altitudes annoncées par Aldrin, « contact light », atterrissage, « Tranquility Base here. The Eagle has landed ») ; article « Buzz Aldrin » de Wikipédia en anglais (heure du lancement, altitude des alarmes, alarmes 1202 et 1201, heure d’atterrissage et 25 secondes de carburant, message radio, communion, verset de Jean, procès d’Apollo 8, remarque de 1970, réflexion de 2009 ; source tertiaire). Les paroles sont traduites ou résumées par nous.

Chapitre 9 · 20 – 21 juillet 1969 Magnifique désolation

Six heures et vingt et une minutes après l’atterrissage, l’écoutille d’Eagle s’ouvre. Buzz Aldrin guide Neil Armstrong, qui recule avec son volumineux sac à dos : un peu à droite, maintenant à gauche, jusqu’à ce qu’il atteigne la petite plateforme au-dessus de l’échelle. Puis Armstrong descend. Depuis le hublot, Aldrin explique aux téléspectateurs ce que fait son commandant.

Le deuxième homme

Puis Aldrin demande : « Es-tu prêt à ce que je sorte ? » Armstrong répond oui. Sur la plateforme, Aldrin remarque qu’elle est spacieuse et qu’il n’y a aucun risque de tomber ; il prend soin de ne pas verrouiller l’écoutille derrière lui. Il pose le pied sur la Lune dix-neuf minutes après Armstrong, à 3 h 15 min 16 s en temps universel, le 21 juillet 1969. « Belle vue », dit-il. Armstrong répond que c’est un spectacle magnifique. Aldrin a ce mot : « Magnifique désolation. »

Les deux hommes essaient différentes façons de se déplacer : un bond de kangourou, puis une marche plus classique, un pied devant l’autre. Aldrin le fait volontairement devant la caméra, pour aider ceux qui viendront après eux. Ils constatent qu’il faut prévoir cinq ou six pas à l’avance, et non un ou deux comme sur Terre, et que le sol rocheux est glissant. Ils plantent le drapeau ; la hampe télescopique coince, le sol est dur, ils ne l’enfoncent que de quinze à vingt centimètres. Aldrin salue le drapeau pendant qu’Armstrong le photographie. Le président Nixon les appelle depuis la Maison-Blanche.

Le travail

Aldrin déploie les expériences scientifiques. Il cherche des endroits plats pour les poser, et découvre qu’il est difficile, sur la Lune, de juger à l’œil si le sol est horizontal. Il n’arrive pas à centrer la bulle de niveau du réflecteur laser et passe à autre chose ; quand Armstrong vient plus tard le photographier, la bulle est parfaitement au centre. Personne n’a d’explication. Il déploie un sismomètre et une expérience sur le vent solaire. Puis il enfonce les tubes de prélèvement : le premier entre d’une dizaine de centimètres, puis résiste ; il frappe au marteau jusqu’à en cabosser le haut, sans gagner plus de cinq centimètres. Le sismomètre transmet à la Terre les vibrations de ses coups de marteau.

Comme Armstrong a l’appareil photo presque tout le temps, la plupart des photographies d’un astronaute sur la Lune montrent Aldrin. Il expliquera qu’ils ne s’en sont aperçus qu’au retour, en regardant les images, et que cette situation n’avait jamais été simulée à l’entraînement.

« Remonte, Buzz »

Après une heure trois quarts dehors, il entend le contrôleur de Houston, Bruce McCandless : « Head on up the ladder, Buzz. » Le premier échelon est haut, la poussière collée à ses bottes rend les barreaux glissants, mais il y arrive. Les deux hommes hissent les boîtes d’échantillons, près de vingt-deux kilos de matériaux lunaires. Armstrong rappelle à Aldrin un petit sac dans sa poche : Aldrin le jette au sol. Il contient un écusson de la mission Apollo 1, dont l’équipage, avec son ami Ed White, est mort dans l’incendie de sa cabine, des médailles en hommage à Youri Gagarine et à Vladimir Komarov, et un disque de silicium portant des messages de bonne volonté de soixante-treize pays.

La nuit est pénible. La cabine est sale, bruyante, trop éclairée ; Aldrin dort sur le plancher, Armstrong sur le capot du moteur de remontée. Ils ont froid. Ils conseilleront aux équipages suivants de régler la température avant de se reposer. Le 21 juillet, vingt et une heures trente-six minutes après l’atterrissage, l’étage de remontée d’Eagle décolle et rejoint Collins.

Sources : C. G. Brooks, J. M. Grimwood et L. S. Swenson, Chariots for Apollo, NASA SP-4205, 1979, chapitre XIV (ouverture 6 h 21 après l’atterrissage, guidage d’Armstrong par Aldrin, commentaires depuis le hublot, « Are you ready for me to come out? », plateforme et écoutille, « magnificent desolation », modes de déplacement, cinq ou six pas d’avance, drapeau enfoncé de 15 à 20 cm, appel de Nixon, recherche d’endroits plats, bulle du réflecteur, expérience sur le vent solaire, carottages, vibrations transmises, une heure trois quarts, « Head on up the ladder, Buzz », échelle, cabine, sommeil, froid, conseils, 21 h 36) ; article « Buzz Aldrin » de Wikipédia en anglais (heure de 03:15:16 UTC, dix-neuf minutes, « Beautiful view », salut au drapeau, sismomètre, photographies et explication d’Aldrin, 21,55 kg d’échantillons, contenu du sac commémoratif ; source tertiaire). Les paroles sont traduites par nous.

Chapitre 10 · Juillet – novembre 1969 Le retour des héros

Le 24 juillet 1969, la capsule Columbia amerrit dans le Pacifique. On craint, même si c’est peu probable, que les astronautes rapportent de la Lune des germes inconnus. Des plongeurs leur passent des combinaisons d’isolement biologique avant de les aider à monter dans un canot. Sur le porte-avions Hornet, ils commencent une quarantaine de vingt et un jours.

Six millions de personnes

Le 13 août, des défilés sont organisés en leur honneur à New York et à Chicago ; on estime à six millions le nombre de personnes venues les voir. Le président Nixon leur remet la médaille présidentielle de la Liberté, la plus haute distinction civile américaine. Le 6 septembre, chacun est fêté dans sa ville : pour Aldrin, c’est un défilé à Montclair, dans le New Jersey.

Devant le Congrès

Le 16 septembre 1969, les trois astronautes s’adressent aux deux chambres du Congrès réunies, dans la salle même où le président Kennedy avait lancé, en mai 1961, le défi d’envoyer un homme sur la Lune avant la fin de la décennie. Chacun parle de la signification de la mission. Aldrin résume ce qu’il en retient : la leçon d’Apollo, dit-il, est que les objectifs nationaux peuvent être atteints quand il existe une volonté suffisamment forte de le faire. Les astronautes remercient les représentants de leur soutien et les pressent de continuer à financer l’effort spatial.

Le tour du monde

À la demande du président Nixon, les astronautes et leurs épouses partent ensuite pour une tournée de bonne volonté de trente-huit jours, dans vingt-deux pays selon Wikipédia, vingt-quatre pays et territoires selon l’historien de la NASA John Uri. Il s’agit de montrer que l’exploit d’Apollo 11 profite à toute l’humanité et que les États-Unis sont prêts à partager leur savoir spatial. Ils rentrent le 5 novembre 1969.

Au total, Aldrin a passé dans l’espace près de deux cent quatre-vingt-dix heures, dont près de huit heures en sorties. Il est devenu, pour le monde entier, le deuxième homme sur la Lune.

Sources : article « Buzz Aldrin » de Wikipédia en anglais (amerrissage du 24 juillet, combinaisons d’isolement, Hornet, 21 jours de quarantaine, défilés du 13 août et six millions de personnes, médaille de la Liberté, tournée de 38 jours dans 22 pays, retour le 5 novembre ; source tertiaire) ; J. Uri, « 50 Years Ago: Apollo 11 Astronauts Address Congress », NASA, 2019 (défilé de Montclair le 6 septembre, séance du 16 septembre, salle du discours de Kennedy, citation d’Aldrin, 24 pays et territoires, objectifs de la tournée) ; page NASA « Former Astronaut Edwin “Buzz” Aldrin » (près de 290 heures dans l’espace, près de 8 heures de sorties). La citation d’Aldrin est traduite par nous.

Quatrième partie

Vers Mars

1970 – 2026

Chapitre 11 · 1970 – 1978 Retour sur Terre

Après Apollo 11, Buzz Aldrin passe son temps en discours et en apparitions publiques. En octobre 1970, il accompagne deux cosmonautes soviétiques, Andrian Nikolaïev et Vitali Sevastianov, dans leur visite des centres de la NASA. Il participe aussi aux réflexions sur la conception de la navette spatiale. Mais le programme Apollo touche à sa fin, et il ne voit plus d’avenir pour lui à la NASA. Le 1er juillet 1971, il retourne dans l’armée de l’air.

Edwards

Il espérait commander les cadets de l’Académie de l’armée de l’air ; le poste va à un camarade de West Point. On le nomme à la tête de l’école des pilotes de recherche aérospatiale de la base d’Edwards, en Californie, dont un tiers de la formation est alors consacré à l’entraînement d’astronautes. Il n’a pourtant ni expérience de direction, ni formation de pilote d’essai. Les relations avec son supérieur sont mauvaises ; deux avions sont détruits dans des accidents, sans victimes, et on reproche à l’école un manque de supervision. Le poste qu’il espérait agréable devient très éprouvant.

Ce dont on ne parlait pas

Aldrin a raconté lui-même la suite, dans deux autobiographies publiées en 1973 et en 2009 : une dépression clinique, pour laquelle il est hospitalisé, puis des années de lutte contre l’alcoolisme. À l’époque, rappelle Wikipédia, la maladie mentale était un tel sujet de honte qu’elle pouvait briser une carrière et isoler socialement. En février 1972, l’armée de l’air supprime la formation d’astronautes à Edwards ; Aldrin prend sa retraite le 1er mars 1972, après vingt et un ans de service, avec le grade de colonel. En octobre 1978, il cesse définitivement de boire. Il essaiera ensuite d’aider d’autres personnes à lutter contre l’alcool.

Ce chapitre de sa vie a une portée qui dépasse la sienne. En le racontant publiquement, l’un des hommes les plus admirés du monde a montré que le retour d’un grand voyage peut être plus difficile que le voyage lui-même, et que l’esprit d’un astronaute n’est pas moins exposé que son corps.

Sources : article « Buzz Aldrin » de Wikipédia en anglais (activités après Apollo 11, cosmonautes en octobre 1970, navette, retour à l’armée de l’air le 1er juillet 1971, poste espéré, école d’Edwards, accidents, relations avec son supérieur, dépression et hospitalisation, stigmatisation, suppression de la formation en février 1972, retraite du 1er mars 1972, autobiographies Return to Earth (1973) et Magnificent Desolation (2009), sobriété depuis octobre 1978 ; source tertiaire). Pour une personne vivante, nous nous en tenons à ce qu’Aldrin a lui-même rendu public. Le dernier paragraphe est une réflexion de l’auteur de ce livre.

Chapitre 12 · 1985 – 1996 Un autobus entre deux planètes

En 1985, l’université du Dakota du Nord invite Buzz Aldrin à rejoindre sa faculté des sciences aérospatiales. Il y aide à créer un programme d’études spatiales. La même année, le « Dr. Rendezvous » revient à sa spécialité, la mécanique des orbites, et propose une idée qui porte aujourd’hui son nom : le cycleur Aldrin.

Le principe

Un cycleur est une trajectoire qui ramène régulièrement un vaisseau près de deux planètes, sans presque consommer de carburant, parce que ce sont les passages près des planètes qui la redressent à chaque tour. L’idée avait été étudiée en 1969 par Walter Hollister pour la Terre et Vénus. En 1985, Aldrin étend à Mars un travail qu’il avait déjà mené pour la Lune. Son cycleur décrit une boucle allongée autour du Soleil : il va de la Terre à Mars en environ cinq mois, passe ensuite seize mois au-delà de l’orbite de Mars, puis revient vers l’orbite terrestre. La même année, des chercheurs du laboratoire JPL de la NASA calculent et confirment l’existence de cette trajectoire.

L’intérêt pratique est simple. Un grand vaisseau, une fois placé sur cette orbite, n’aurait plus besoin d’être freiné ni relancé : il passerait près de la Terre et de Mars à intervalles réguliers, comme un autobus sur une ligne. Les équipages n’auraient qu’à le rejoindre et à le quitter avec de petits engins. Il pourrait emporter un blindage lourd contre les rayons cosmiques et les éruptions solaires, puisqu’on ne paierait le prix de sa masse qu’une seule fois. Avec deux cycleurs jumeaux, l’un servirait à l’aller, l’autre au retour.

Les sources ne donnent pas exactement la même durée de traversée : cent quarante-six jours, soit environ quatre mois et vingt jours, selon l’article de Wikipédia consacré aux cycleurs martiens ; cinq mois et demi selon celui consacré à Aldrin. Aldrin poursuivra ces recherches avec des ingénieurs de l’université Purdue.

Construire

En 1996, il fonde une entreprise, Starcraft Boosters, pour concevoir des lanceurs réutilisables. Il crée aussi une fondation à but non lucratif, ShareSpace, et rejoint le comité directeur de la Mars Society, l’association qui milite pour l’exploration humaine de Mars.

Sources : article « Buzz Aldrin » de Wikipédia en anglais (Université du Dakota du Nord en 1985, programme d’études spatiales, cycleur proposé en 1985, durée de cinq mois et demi, cycleur jumeau pour le retour, recherches avec Purdue, Starcraft Boosters en 1996, ShareSpace, comité directeur de la Mars Society ; source tertiaire) ; article « Mars cycler » de Wikipédia en anglais (définition, Hollister en 1969, extension du travail lunaire, boucle autour du Soleil, 146 jours, 16 mois au-delà de Mars, confirmation par JPL la même année, blindage contre les radiations ; source tertiaire). La comparaison avec un autobus est de nous.

Chapitre 13 · 2003 – 2026 « Une espèce de deux planètes »

Buzz Aldrin n’a jamais cessé de plaider pour l’exploration spatiale. Mais à partir des années 2000, sa position devient de plus en plus nette : la Lune, qu’il a foulée, ne doit pas être une fin en soi. Le but, c’est Mars.

Ne pas regarder en arrière

En décembre 2003, dans une tribune du New York Times, il critique les objectifs de la NASA. Il s’inquiète du projet d’un vaisseau limité à quatre astronautes, avec peu ou pas de capacité de transport de fret, et juge que l’idée de renvoyer des astronautes sur la Lune ressemble davantage à la recherche d’une gloire passée qu’à la conquête de nouveaux succès.

En juin 2013, dans une autre tribune du même journal, il soutient une mission habitée vers Mars. La Lune y est vue non comme une destination, mais comme un point de départ, qui placerait l’humanité sur une trajectoire pour s’établir sur Mars et devenir une espèce de deux planètes. La même année paraît un livre, Mission to Mars, où il expose sa vision.

Un plan pour 2040

En août 2015, avec l’Institut de technologie de Floride, il présente à la NASA un plan d’ensemble : des astronautes, engagés pour des missions de dix ans, établiraient une colonie sur Mars avant 2040. La même année, il est nommé chancelier de l’Université internationale de l’espace, une école qui forme des spécialistes de l’espace du monde entier.

Le dernier d’Apollo 11

Neil Armstrong est mort en 2012, Michael Collins en 2021. Buzz Aldrin est le dernier survivant de l’équipage d’Apollo 11, et le plus âgé des astronautes vivants. En mai 2023, l’armée de l’air l’a élevé, à titre honorifique, au grade de général de brigade. Un cratère de la Lune, près du site d’Apollo 11, et l’astéroïde n° 6470 portent son nom.

À la date où ce livre est écrit, en octobre 2026, aucun être humain n’est encore allé sur Mars.

Sources : article « Buzz Aldrin » de Wikipédia en anglais, consulté en octobre 2026 (tribune du New York Times de décembre 2003 et ses critiques, tribune de juin 2013 et ses idées, Mission to Mars en 2013, plan d’août 2015 avec le Florida Institute of Technology et colonie avant 2040, chancelier de l’ISU en 2015, morts d’Armstrong en 2012 et de Collins en 2021, dernier survivant et doyen des astronautes, général de brigade honoraire en mai 2023, cratère Aldrin et astéroïde 6470 ; source tertiaire). Les tribunes du New York Times, protégées par le droit d’auteur, sont résumées.

Épilogue

Aldrin et Mars

Chapitre 14 · La leçon Ce qu’Aldrin laisse à Mars

Buzz Aldrin est à la fois l’un des rares humains à avoir marché sur un autre monde et l’un des premiers à avoir dessiné une route régulière vers Mars. Son parcours laisse aux futurs voyageurs quelques leçons concrètes.

La théorie au service du pilote

Sa thèse sur le rendez-vous orbital semblait un travail d’universitaire. En novembre 1966, quand le radar de Gemini XII tombe en panne, ce sont ses cartes et ses calculs à la main qui permettent l’amarrage. Pour une mission vers Mars, à des minutes-lumière de toute aide, la leçon est claire : l’équipage doit comprendre assez profondément la mécanique de son vol pour se passer, s’il le faut, de ses instruments.

S’entraîner dans des conditions vraies

Le problème des sorties dans l’espace n’a été résolu que lorsqu’on a cessé de s’entraîner en avion, par à-coups de quelques secondes, pour travailler sous l’eau, longtemps, lentement, comme dans le vide. Aldrin a été le premier à le faire. Tout ce qu’un équipage martien devra accomplir, il faudra l’avoir répété dans des conditions aussi proches que possible de la réalité.

Penser le transport, pas seulement le voyage

Avec son cycleur, Aldrin a déplacé la question. Il ne s’agit plus seulement d’envoyer une mission, mais d’organiser un va-et-vient régulier entre deux planètes, avec un grand vaisseau qui resterait sur sa route et protégerait ses passagers. Que cette solution soit retenue ou non, elle rappelle qu’on ne s’installe pas sur un monde avec un seul voyage.

Le retour compte autant que l’aller

Enfin, Aldrin a eu le courage de raconter ce que fut, pour lui, le retour : la dépression, l’alcool, la difficulté de vivre après le plus grand moment d’une vie. Les premiers humains qui reviendront de Mars, après des années d’isolement et une célébrité soudaine, auront besoin qu’on ait pensé à eux aussi.

Cette leçon est une réflexion de l’auteur de ce livre, appuyée sur les faits rapportés dans les chapitres précédents, où leurs sources sont indiquées.

Annexes

Pour aller plus loin

Annexe Comprendre le métier d’Aldrin

Quelques notions, expliquées simplement, pour suivre ce livre.

Le rendez-vous orbital

Amener deux engins en orbite au même endroit, au même moment et à la même vitesse, pour qu’ils puissent s’amarrer. C’est contre-intuitif : pour rattraper un engin qui vous précède sur la même orbite, il ne faut pas accélérer, ce qui vous ferait monter et donc ralentir, mais descendre sur une orbite plus basse, plus courte, et remonter au bon moment. Sans rendez-vous, pas de module lunaire, et pas d’assemblage en orbite d’un vaisseau martien.

L’amarrage

La jonction mécanique de deux engins, une fois le rendez-vous réussi. Sur Gemini, le vaisseau venait s’emboîter dans le cône d’amarrage de l’étage-cible Agena.

La sortie dans l’espace

En anglais, extravehicular activity, ou EVA : toute activité d’un astronaute hors de son vaisseau. Une sortie « debout » se fait dans l’écoutille ouverte ; une sortie « ombilicale » se fait au bout d’un cordon qui apporte l’oxygène et la communication.

La flottabilité neutre

Un astronaute en scaphandre, lesté de façon à ne ni couler ni remonter, flotte dans l’eau comme dans l’espace. Il peut ainsi répéter longuement ses tâches. C’est la méthode qu’Aldrin a inaugurée en 1966 et qu’on utilise toujours.

Le module lunaire

Le petit vaisseau d’Apollo conçu pour se poser sur la Lune et en repartir. Il se compose d’un étage de descente, qui reste sur la Lune et sert de rampe de lancement, et d’un étage de remontée, qui ramène l’équipage vers le module de commande resté en orbite.

Le cycleur

Une trajectoire autour du Soleil qui ramène régulièrement un vaisseau près de deux planètes, presque sans carburant, grâce aux passages près de ces planètes. Le cycleur Aldrin relie la Terre et Mars, avec un passage près de chaque planète à peu près tous les deux ans et deux mois.

Ces explications sont des notions générales d’astronautique. Les faits propres à Aldrin sont sourcés dans les chapitres correspondants.

Annexe Chronologie

Les dates de la vie de Buzz Aldrin, dans l’ordre. Quand les sources se contredisent, les deux versions sont données.

20 janvier 1930. Naissance à Glen Ridge (New Jersey).

1947. Entre à West Point.

5 juin 1951. Diplômé de West Point, troisième de sa promotion ; entre dans l’armée de l’air.

Décembre 1952 – décembre 1953. Pilote de chasse en Corée : 66 missions, deux MiG-15 abattus (14 mai et 4 juin 1953).

29 décembre 1954. Épouse Joan Archer.

1956 – 1959. Pilote de F-100 en Allemagne de l’Ouest.

1959. Entre au MIT.

Janvier 1963 (1964 selon l’histoire officielle de Gemini). Doctorat sur le rendez-vous orbital.

18 octobre 1963. Sélectionné astronaute de la NASA (troisième groupe).

1963 – 1965. Travaille aux procédures de rendez-vous de Gemini.

17 juin 1966. Désigné pilote de Gemini XII.

12 septembre 1966. Premier entraînement d’astronaute en flottabilité neutre.

11 – 15 novembre 1966. Gemini XII : rendez-vous manuel, trois sorties, plus de cinq heures dehors.

9 janvier 1969. Annonce de l’équipage d’Apollo 11.

14 février 1969. Il est décidé qu’il sortira après le commandant.

16 juillet 1969. Lancement d’Apollo 11.

20 juillet 1969. Atterrissage d’Eagle à 20 h 17 min 40 s (temps universel).

21 juillet 1969. Pose le pied sur la Lune à 3 h 15 min 16 s (temps universel).

24 juillet 1969. Retour sur Terre.

16 septembre 1969. Discours devant le Congrès.

Septembre – novembre 1969. Tournée mondiale de 38 jours.

1er juillet 1971. Quitte la NASA pour l’armée de l’air ; commande l’école d’Edwards.

1er mars 1972. Prend sa retraite de l’armée de l’air.

1973. Autobiographie Return to Earth.

Octobre 1978. Cesse définitivement de boire.

1985. Université du Dakota du Nord ; propose le cycleur Terre-Mars.

1988. « Buzz » devient son prénom officiel.

1996. Fonde Starcraft Boosters.

Décembre 2003. Tribune critique sur les objectifs de la NASA.

2009. Autobiographie Magnificent Desolation.

2013. Tribune sur Mars ; livre Mission to Mars.

Août 2015. Plan pour une colonie martienne avant 2040. Chancelier de l’Université internationale de l’espace.

2021. Mort de Michael Collins : Aldrin est le dernier survivant d’Apollo 11.

Mai 2023. Général de brigade à titre honorifique.

Annexe Les personnages

Les personnes rencontrées dans ce livre, par ordre alphabétique.

Aldrin, Edwin Eugene, Sr. Son père ; aviateur de l’armée, puis cadre de Standard Oil.

Archer, Joan. Sa première épouse (1954).

Armstrong, Neil. Commandant d’Apollo 11, premier homme sur la Lune ; mort en 2012.

Battin, Richard. Professeur d’astrodynamique au MIT.

Cernan, Eugene. Astronaute de Gemini IX ; doublure de Gemini XII.

Collins, Michael. Pilote du module de commande d’Apollo 11 ; mort en 2021.

Grimm, Dean. Ingénieur de la NASA ; prépare avec Aldrin les procédures de rendez-vous.

Hollister, Walter. Auteur en 1969 d’une étude sur les cycleurs Terre-Vénus.

Lovell, James. Commandant de Gemini XII.

Low, George. Responsable du programme Apollo à Houston.

McCandless, Bruce. Astronaute, communicateur de Houston pendant la sortie lunaire.

Moon, Marion. Sa mère.

Slayton, Donald. Chef des astronautes ; compose les équipages.

White, Edward. Camarade de West Point et de Bitburg ; mort dans l’incendie d’Apollo 1.

Zedekar, Raymond. Responsable du plan des opérations sur la surface lunaire.

Annexe Sources et méthode

Ce livre ne contient aucun dialogue imaginé, ni aucune pensée prêtée à quelqu’un sans texte pour l’appuyer. Les paroles prononcées en vol viennent des enregistrements cités par les histoires officielles de la NASA. Cette annexe indique d’où viennent les faits et les points où les sources se contredisent.

Une personne vivante

Buzz Aldrin est vivant au moment où ce livre est écrit. Nous nous en sommes tenus à sa vie publique et à ce qu’il a lui-même rendu public, notamment dans ses autobiographies. Nous n’avons pas repris les détails de sa vie privée, de ses procès ou de ses engagements politiques rapportés par la presse, qui ne concernent pas son rôle dans l’exploration spatiale.

Les sources principales

Pour Gemini, l’histoire officielle de la NASA, On the Shoulders of Titans: A History of Project Gemini (NASA SP-4203, 1977), de Barton Hacker et James Grimwood, qui s’appuie sur les rapports de mission, les transcriptions et des entretiens, dont un avec Aldrin en avril 1967. Pour Apollo 11, l’histoire officielle Chariots for Apollo (NASA SP-4205, 1979), de Courtney Brooks, James Grimwood et Loyd Swenson. Ces deux livres sont dans le domaine public. S’y ajoutent deux articles de l’historien de la NASA John Uri sur Gemini XII et sur le discours de l’équipage devant le Congrès, et la notice biographique de la NASA.

Pour l’enfance, la carrière militaire, la vie après la NASA et le cycleur, nous avons utilisé les articles « Buzz Aldrin » et « Mars cycler » de Wikipédia en anglais, source tertiaire, qui s’appuient notamment sur les autobiographies d’Aldrin. Ses livres et ses tribunes, protégés par le droit d’auteur, sont résumés. Les citations de textes anglais sont traduites par nos soins.

Les points où les sources se contredisent

La date de la thèse. Janvier 1963 selon Wikipédia ; 1964 dans les notes de l’histoire officielle de Gemini, qui donne aussi un titre légèrement différent.

Les sorties de Gemini XII. 2 h 20, 2 h 06 et 55 minutes selon l’histoire officielle et Wikipédia ; 2 h 28, 2 h 09 et 1 h 11, soit 5 h 48 au total, selon John Uri.

La sortie lunaire. 2 h 15 selon la notice de la NASA, qui parle aussi, sur la même page, de deux heures et demie d’exploration ; selon l’histoire officielle, Aldrin est rappelé vers l’échelle après une heure trois quarts dehors.

La tournée mondiale. 22 pays selon Wikipédia ; 24 pays et territoires selon John Uri.

La durée du trajet sur le cycleur. 146 jours selon l’article « Mars cycler » ; cinq mois et demi selon l’article « Buzz Aldrin ».

La longueur

Ce livre compte environ sept mille trois cents mots. L’objectif fixé pour cette collection était de cent mille. Nous ne l’avons pas atteint, et nous préférons le dire. Les autobiographies d’Aldrin, ses archives et de nombreux entretiens ne sont pas librement accessibles ; en l’état, le texte ne contient que des faits que nous avons pu rattacher à une source.

Le portrait

L’image en tête de ce livre est une illustration, et non une photographie d’archive.

Sources en ligne

Faits vérifiés auprès de ces sources le 10 octobre 2026.

Pour aller plus loin

Bibliothèque Mars

Ce livre prolonge la page par une architecture complète de colonie martienne. Le dossier ci-dessus reste volontairement autonome : Arcadia est un approfondissement facultatif, pas un préalable à la compréhension.

Arcadia — Manuel de la première cité martienneArcadia — Manuel de la première cité martienne