Cet article analyse un phénomène politique, historique et psychologique. Il ne constitue ni un appel à l’insurrection, ni une invitation à la violence, ni une justification d’une intervention militaire contre les institutions françaises. Il défend au contraire une action civique, démocratique, organisée et non violente.

Une prophétie répétée depuis des décennies

Ce sujet me poursuit depuis longtemps. En 2002 déjà, j’en discutais avec des militants, des patriotes et Roger Holeindre. Depuis cette époque, j’ai entendu des centaines de fois la même annonce : « Ça va péter. »

Elle revient après chaque élection décevante, chaque crise politique, chaque scandale, chaque nouvelle taxe, chaque usine fermée, chaque émeute et chaque décision perçue comme une humiliation nationale. Cette fois, assure-t-on, la limite aurait été franchie. Cette fois, le peuple ne supporterait pas davantage. Cette fois, l’explosion serait inévitable.

Pourtant, les années passent et l’explosion annoncée n’arrive jamais.

Ce constat ne signifie pas que la colère soit imaginaire. Le déclassement économique, la désindustrialisation, l’endettement public, l’affaiblissement des services essentiels, la perte de confiance envers les institutions et le sentiment d’impuissance politique produisent des mécontentements réels. Mais une erreur consiste à confondre l’intensité d’une colère avec la capacité d’une population à la transformer en action collective.

Dire « ça va péter » ressemble à une prévision. La phrase exprime pourtant souvent un espoir beaucoup plus personnel : celui que quelqu’un d’autre accomplisse ce que l’on ne peut pas, ce que l’on ne sait pas ou ce que l’on ne veut pas accomplir soi-même.

L’attente secrète d’un autre

Celui qui annonce l’explosion prochaine ne dit presque jamais qu’il sera lui-même à son origine. Il espère qu’un meneur apparaîtra, qu’un général sortira du rang, qu’une personnalité providentielle rassemblera les mécontents ou qu’un événement imprévisible transformera une exaspération diffuse en mouvement national.

Mais il souhaite généralement qu’un autre prenne le premier risque.

Ce sera un autre qui se montrera, qui exposera son emploi, qui affrontera les tribunaux, qui compromettra sa situation professionnelle, qui placera sa famille sous pression et qui supportera les conséquences d’un éventuel échec. Chacun attend l’étincelle, à condition de ne pas devenir lui-même le combustible.

Cette attitude n’est pas nécessairement méprisable. Elle correspond souvent à un calcul rationnel. Le coût individuel de l’engagement est immédiat, concret et parfois considérable, tandis que le bénéfice collectif reste hypothétique. Celui qui agit peut perdre son revenu, sa réputation ou sa liberté sans avoir la moindre certitude que son sacrifice changera le cours des événements.

Cependant, lorsque des millions de personnes effectuent simultanément ce calcul, la colère générale produit une immense immobilité.

Pourquoi la société ne bascule pas

La formule romaine « du pain et des jeux » n’est pas de César. Elle vient de la dixième Satire de Juvénal, qui dénonçait une population ayant abandonné une partie de son pouvoir politique en échange de satisfactions matérielles et de divertissements, résumés par les mots latins panem et circenses, c’est-à-dire « du pain et des jeux ».

Notre époque a considérablement perfectionné ce mécanisme. Elle ne repose plus seulement sur la nourriture et le spectacle, mais sur un système extrêmement dense d’attaches matérielles, sociales et affectives. Les citoyens possèdent un logement ou espèrent le conserver, remboursent des emprunts, élèvent des enfants, dépendent d’un salaire, dirigent une entreprise, attendent une retraite, bénéficient d’une assurance, utilisent des services publics et construisent leur existence autour d’une relative stabilité.

Même lorsqu’il considère que son pays décline, un citoyen possède presque toujours quelque chose qu’il craint légitimement de perdre.

Il peut dénoncer quotidiennement le Gouvernement tout en refusant de sacrifier son emploi. Il peut juger les institutions profondément défaillantes tout en redoutant un casier judiciaire. Il peut souhaiter un changement radical tout en voulant protéger son logement, son entreprise et sa famille. Cette prudence n’est pas nécessairement de la lâcheté. Elle traduit une réalité humaine fondamentale : le désordre collectif menace d’abord les existences individuelles.

C’est pourquoi les sociétés ne se soulèvent pas automatiquement lorsque les difficultés s’accumulent. Elles peuvent s’habituer à une lente dégradation bien plus facilement qu’à une rupture brutale dont personne ne maîtrise les conséquences.

La colère ne constitue pas encore une force politique

Une population peut être profondément mécontente sans devenir révolutionnaire. Des millions de personnes peuvent partager les mêmes vidéos, dénoncer les mêmes dirigeants et exprimer les mêmes inquiétudes sans former pour autant un mouvement capable d’agir.

La colère produit des paroles, des commentaires, des publications et parfois des rassemblements. La capacité politique exige davantage. Elle suppose une organisation durable, une stratégie, des responsables identifiés, des compétences, des moyens matériels, une doctrine suffisamment cohérente et surtout une vision crédible de ce qui devra remplacer l’ordre contesté.

Une foule peut renverser une barrière ou occuper un bâtiment. Elle ne sait pas nécessairement élaborer un budget national, assurer l’approvisionnement des hôpitaux, maintenir l’électricité, payer les pensions, garantir l’ordre public, administrer les territoires, négocier avec des puissances étrangères et reconstruire des institutions reconnues comme légitimes.

La question essentielle n’est donc pas seulement de savoir comment un système pourrait tomber. Elle est de savoir ce qui se produirait le lendemain.

Détruire une autorité peut demander quelques heures. Construire une légitimité exige souvent plusieurs années.

Ceux qui rêvent d’un embrasement imaginent généralement que l’incendie détruira leurs adversaires tout en préservant ce qu’ils aiment. L’histoire montre pourtant qu’une explosion politique distingue rarement l’institution corrompue du service indispensable, le véritable responsable de l’agent ordinaire, la colère légitime de la vengeance et la réforme nécessaire de la destruction irréversible.

Le feu ne possède pas la précision que lui attribuent ceux qui le contemplent de loin.

Le sacrifice suppose encore une communauté

Une autre difficulté doit être regardée en face. Le sacrifice collectif suppose l’existence d’une communauté morale suffisamment forte pour que chacun accepte de risquer quelque chose pour les autres.

Or de nombreux citoyens ont aujourd’hui le sentiment que la France ne partage plus une définition commune de son histoire, de son avenir et de ce qui mérite d’être transmis. Certains considèrent que le patriotisme est devenu suspect. D’autres estiment que l’histoire nationale est systématiquement réduite à ses fautes. D’autres encore ne se reconnaissent plus dans les institutions ou doutent que leurs compatriotes souhaitent préserver le même héritage.

Ce sentiment peut être exagéré, instrumentalisé ou amplifié par les réseaux sociaux. Il n’en produit pas moins des effets politiques réels. Celui qui ne croit plus appartenir à une communauté de destin accepte difficilement de se sacrifier pour elle.

Une nation n’est pas seulement un territoire délimité par des frontières. Elle repose aussi sur un accord minimal concernant ce qui doit être protégé, continué et transmis. Lorsque cet accord se fragmente, le patriotisme cesse d’être une force collective et devient une conviction solitaire.

Cela explique en partie pourquoi l’exaspération patriotique ne se transforme pas mécaniquement en mobilisation générale. Le citoyen ne se demande plus seulement ce qu’il devrait défendre. Il se demande pour qui il devrait le défendre, avec qui et dans quel but.

Pourquoi l’armée ne peut pas devenir l’arbitre de la vie politique

Les militaires peuvent ressentir ce dilemme avec une intensité particulière. Ils sont formés pour servir la France, accepter le risque et obéir dans des circonstances où une erreur peut coûter la vie. Ils peuvent aimer profondément la Nation tout en désapprouvant un gouvernement, une orientation diplomatique, une réforme militaire, une politique industrielle ou l’abandon de certaines capacités stratégiques.

Mais dans une démocratie, cette désapprobation ne leur confère pas le droit de choisir les gouvernants.

La Constitution française établit une répartition précise des responsabilités. Le président de la République est le chef des armées. Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation et dispose de la force armée. Le Premier ministre dirige l’action du Gouvernement et demeure responsable de la Défense nationale. Les forces armées ne constituent donc pas un pouvoir autonome placé au-dessus des institutions civiles.

Le militaire n’est pourtant pas soumis à une obéissance aveugle. Le Code de la défense lui impose d’exécuter loyalement les ordres reçus, mais lui interdit d’accomplir un acte manifestement illégal ou contraire au droit international applicable. Dans le même temps, l’état militaire exige discipline, disponibilité, loyalisme et neutralité.

Cette distinction est fondamentale.

Un militaire doit refuser un ordre manifestement illégal. En revanche, il ne peut pas décider de sa propre autorité qu’un gouvernement légal serait devenu un ennemi à renverser parce qu’il juge sa politique désastreuse. Une politique contestable, inefficace ou même profondément préjudiciable ne constitue pas automatiquement un ordre manifestement illégal.

Si chaque officier pouvait déterminer selon sa conscience personnelle quel gouvernement mérite encore d’être obéi, l’armée cesserait d’être celle de la Nation. Elle deviendrait celle des convictions politiques de ses chefs.

Le courage de posséder la force sans s’en servir politiquement

Le courage militaire est souvent représenté comme la capacité d’agir. Il existe pourtant une autre forme de courage, moins spectaculaire mais essentielle à la démocratie : posséder la force sans se croire autorisé à décider à la place du peuple.

Un officier peut commander des hommes, disposer d’armes, bénéficier d’une organisation efficace et jouir d’une forte légitimité sociale. Cette puissance ne lui accorde pas davantage de droits politiques qu’aux autres citoyens. Elle lui impose au contraire une retenue supérieure.

L’honneur militaire ne réside donc pas seulement dans le fait de combattre lorsqu’un ordre légal l’exige. Il réside également dans le refus de transformer les armes de la République en instruments d’arbitrage politique.

Ce principe doit demeurer valable même lorsque le militaire partage les inquiétudes d’une partie de la population. Il doit également rester valable lorsque l’intervention envisagée serait présentée comme provisoire, raisonnable ou destinée à sauver les institutions. Tous les coups de force commencent par la promesse qu’ils seront temporaires. Rien ne garantit que ceux qui prennent le pouvoir accepteront ensuite de le rendre.

Massu et la crise de 1958 : un précédent qui n’est pas un modèle

La référence au général Jacques Massu revient régulièrement dans certaines conversations patriotiques. Le 13 mai 1958, une manifestation à Alger conduisit à la création d’un Comité de salut public présidé par Massu, dans un contexte de guerre d’Algérie, d’effondrement de la Quatrième République et de crainte d’une guerre civile. Ce comité réclama le maintien de l’Algérie française et favorisa le retour au pouvoir du général de Gaulle.

Ce précédent ne peut cependant pas être détaché de son contexte historique. Il ne démontre pas que l’intervention militaire constituerait une méthode normale ou souhaitable de résolution des crises démocratiques.

Le fait qu’une rupture ait contribué à la naissance d’un nouveau régime ne rend pas cette méthode légitime en toutes circonstances. Une intervention militaire approuvée aujourd’hui parce qu’elle correspondrait à nos convictions pourrait servir demain de justification à une intervention menée au nom de convictions exactement opposées.

La véritable question n’est donc pas de savoir si nous approuvons les intentions supposées d’un officier. Elle est de savoir si nous acceptons que la possession des armes détermine désormais qui a le droit de gouverner.

Dès que l’on reconnaît ce principe à un camp, on ne peut plus le refuser au suivant.

L’Espagne et le Portugal : deux leçons différentes

Le 23 février 1981, des gardes civils armés conduits par Antonio Tejero envahirent le Congrès des députés espagnol au cours de la séance d’investiture de Leopoldo Calvo-Sotelo. Cette tentative de coup d’État échoua et demeure commémorée par les institutions espagnoles comme l’échec de ceux qui prétendaient interrompre la démocratie par les armes.

Cet épisode rappelle que le devoir d’un militaire patriote peut précisément consister à ne pas suivre ceux qui prétendent sauver le pays par la force.

La Révolution des Œillets portugaise constitue un cas différent. Le 25 avril 1974, le Mouvement des forces armées mit fin à la dictature de l’Estado Novo et ouvrit la voie à la démocratisation. Cette rupture militaire ne fut pas entièrement exempte de sang : quatre personnes furent tuées par les tirs de la police politique. Elle conduisit néanmoins à un processus constituant, à des élections et au rétablissement d’institutions civiles.

La leçon portugaise n’est donc pas que l’armée devrait gouverner lorsqu’elle estime le pouvoir illégitime. Elle est qu’une intervention militaire dirigée contre une dictature ne peut acquérir une légitimité démocratique qu’en rendant effectivement le pouvoir aux citoyens.

Une armée qui ouvre la voie à la souveraineté populaire n’a pas la même fonction qu’une armée qui prétend exercer durablement cette souveraineté à sa place.

L’homme providentiel comme dispense d’organisation

L’homme providentiel est une solution psychologiquement confortable. Il permet d’espérer qu’un individu exceptionnel résoudra en quelques semaines ce que des millions de citoyens n’ont pas voulu organiser pendant vingt ans.

Attendre cet homme dispense de construire un mouvement, de rédiger un programme, de former des responsables, d’établir des réseaux locaux, de réunir des moyens financiers, de vérifier les faits, de convaincre les indécis et de conquérir une majorité.

Mais les hommes providentiels présentent deux dangers. Le premier est qu’ils apparaissent rarement. Le second est que ceux qui prétendent incarner seuls la Nation ne consentent pas toujours à quitter le pouvoir.

Celui qui se considère comme l’unique sauveur finit facilement par regarder toute opposition comme une trahison. Puisqu’il identifie sa personne au salut national, contester son autorité revient nécessairement, dans son esprit, à combattre la Nation elle-même.

Une démocratie ne peut donc pas reposer sur l’espérance qu’un homme supérieur corrigera miraculeusement les erreurs collectives. Elle doit produire des institutions capables de contrôler même les dirigeants qu’une majorité admire.

La non-violence n’est ni la passivité ni l’impuissance

Refuser la violence ne signifie pas accepter l’inaction.

Une étude comparative célèbre menée par Maria Stephan et Erica Chenoweth sur 323 grandes campagnes conduites entre 1900 et 2006 a constaté que les campagnes principalement non violentes avaient atteint leurs objectifs dans 53 % des cas, contre 26 % pour les campagnes violentes. Leur avantage provenait notamment de leur capacité à rassembler une population plus large, à préserver leur légitimité et à provoquer des changements de loyauté au sein des institutions.

Ces chiffres ne constituent pas une formule magique. Les recherches ultérieures ont montré que l’efficacité des campagnes non violentes avait diminué lorsque les mouvements se limitaient à des manifestations symboliques, négligeaient l’organisation de terrain ou dépendaient excessivement des réseaux sociaux.

La véritable non-violence politique est exigeante. Elle suppose de documenter les abus, de saisir les juridictions, de créer des médias, de former des militants, de mener des campagnes électorales, d’organiser des grèves licites, de construire des associations, de soutenir des recours, de développer des alternatives économiques et d’inscrire l’action dans la durée.

Elle peut également prendre la forme d’une désobéissance civile publique et non violente. Mais celle-ci ne doit pas être confondue avec la simple légalité : désobéir civilement consiste précisément à transgresser une règle tenue pour injuste, sans dissimulation et en acceptant d’en répondre devant le juge.

La non-violence n’est donc pas une absence de conflit. Elle est une manière de mener le conflit sans remettre à des hommes armés le pouvoir de décider qui mérite de vivre, de parler ou de gouverner.

Le courage commence lorsque l’on cesse d’attendre

Il est facile de répéter que quelqu’un devrait faire quelque chose. Cette phrase évite de répondre à une question plus inconfortable : que puis-je moi-même construire, légalement, pacifiquement et durablement ?

Celui qui attend un général peut déjà écrire, enquêter, former, convaincre, rejoindre une association, soutenir un média indépendant, défendre une cause devant la justice, contribuer à un projet de réforme, participer à une campagne ou créer une activité utile à son territoire.

Ces actions paraissent minuscules lorsqu’on les compare au fantasme d’un grand embrasement national. Pourtant, elles produisent ce que l’explosion ne peut pas produire : des compétences, des réseaux, une confiance collective, des responsables éprouvés et une légitimité durable.

Une alternative politique ne naît pas le jour où le pouvoir vacille. Elle doit avoir été préparée longtemps auparavant.

Sans ce travail patient, ceux qui renversent un ordre ancien découvrent qu’ils ne disposent ni des hommes, ni des institutions, ni des connaissances nécessaires pour le remplacer. Le vide qui en résulte bénéficie alors rarement aux citoyens les plus raisonnables. Il profite généralement aux groupes les mieux armés, les plus disciplinés ou les moins scrupuleux.

La responsabilité ne se trouve pas uniquement au sommet

Les gouvernants portent une responsabilité immense. Ils disposent de l’autorité, de l’administration, du budget et de la capacité d’engager l’avenir du pays. Leurs erreurs peuvent affecter plusieurs générations.

Mais les citoyens ne peuvent pas leur attribuer l’intégralité de la situation nationale tout en se considérant comme totalement étrangers aux décisions collectives.

Une démocratie se dégrade lorsque ses dirigeants deviennent médiocres. Elle se dégrade également lorsque les citoyens renoncent à s’informer sérieusement, préfèrent relayer une indignation plutôt que vérifier un fait, réclament simultanément davantage de services et moins de contributions, ou attendent d’un sauveur qu’il assume seul le prix des réformes.

La responsabilité nationale ne commence pas seulement au palais présidentiel. Elle commence dans les choix quotidiens de millions de personnes.

Elle commence lorsque l’on décide de voter ou de s’abstenir, de construire ou de commenter, de rejoindre une organisation ou de demeurer isolé. Elle commence surtout lorsque l’on accepte que les transformations durables exigent du temps, de la compétence et des efforts personnels.

Cesser d’attendre l’explosion

Depuis plus de vingt ans, j’entends annoncer que « ça va péter ».

Mais rien ne pète, parce que beaucoup de ceux qui prononcent cette phrase n’attendent pas véritablement un événement. Ils attendent quelqu’un : un homme, un officier, un chef qui risquera tout à leur place.

Or une démocratie ne se redresse ni en espérant un incendie ni en demandant à l’armée de se substituer au peuple. Elle se redresse lorsque des citoyens organisés construisent une majorité, élaborent un programme cohérent, font émerger des responsables compétents et contraignent les institutions à corriger leurs erreurs.

Le devoir du soldat n’est pas de prendre le pouvoir au motif qu’il aimerait davantage la France que ses gouvernants. Son honneur consiste à défendre la Nation dans le cadre de la loi, à refuser les ordres manifestement illégaux et à empêcher que la force dont il dispose devienne une opinion politique armée.

Le devoir du citoyen n’est pas d’attendre que les militaires le délivrent des conséquences de ses propres renoncements. Il est de reconstruire une alternative assez sérieuse pour devenir un jour majoritaire.

Tout le monde attend l’étincelle.

Mais une nation ne se relève pas grâce à celui qui allume le feu. Elle se relève grâce à ceux qui ont patiemment préparé ce qui devra survivre à la crise.

C’est peut-être pour cette raison que, depuis tant d’années, « ça doit péter » et que rien ne pète jamais.