Exaspération d'une partie de la population ; réponse aux appels à la révolution

Permettez-moi de vous remettre un extrait d'une réponse que j'avais donné à ces accusations de lâcheté pour l'absence d'action violente ou de non incitation au soulèvement :

 

La révolution ?

 

Excédés par la situation, nombre de Français réagissent (à tort) à chaud en s'exclamant ; il faut une révolution... Que de paroles mais néanmoins, permettez-moi une réponse à ce genre de réactions.

 

La révolution en tant que telle, hormis si elle découle d'évènements nationaux préalables et inopinés, n'est pas envisageable pour la simple et bonne raison que sous l'étendard de la liberté et de la démocratie, les services de renseignements ont une toile d'informateurs telle qu'il est extrêmement difficile voire impossible ne serait-ce que d'envisager la révolution sous peine de finir derrière les barreaux. Et quand bien même on peut en mener une, qui dit révolution, dit usage certain de la violence, des pertes humaines inévitables, des dégâts considérables pour l’économie du pays. A quelle(s) fin(s) ? Dans quel(s) but(s) ? Une révolution pour faire quoi ? Et surtout, pour mettre qui à la tête de la nation renversée ?

 

Prenons un exemple simple et concret mais néanmoins utopique ; Un meneur émergeant de la masse recrute, ne se fait pas prendre par le renseignement, sème le chaos, et comme par miracle, arrive à renverser le gouvernement.

 

S'en suivent les questions :

 

- Renverser un pouvoir élu démocratiquement ? Est-ce vraiment une bonne idée ? Si l'on défend l'idée d'un pouvoir autocratique, ça peut en valoir la chandelle.

 

- La minorité doit-elle imposer ses vues à la majorité ? Ce n'est plus une démocratie dans ce cas. Mais pourquoi pas ? Si vous n'êtes pas partisan d'un régime démocratique, c'est une opinion pouvant être respectée pour peu qu’elle soit argumentée.

 

- Une fois au pouvoir que faire ? Les dettes sont là, les créanciers attendent les remboursements. Se mettre à dos la communauté internationale en refusant de rembourser les crédits ? Et quand bien même on continuerait à se décharger des dettes légalement, quelles réactions adopter face aux violences d'une partie de la population qui sera inévitablement hostile aux mesures fortes qui devront être prises ? Accepter un bain de sang comme dans certains pays arabes, des cadavres à perte de vue ? Est-ce cela que vous voulez ? Se mettre à dos la communauté internationale ? Voir son économie anéantie, les exportations bloquées, le pays se renfermer comme la Corée du nord par le refus des autres d'avoir des relations avec une nation comme la nôtre qui exterminerait une partie de sa population ?

 

La révolution comme source même de la résolution de ces problèmes est tout sauf un bon choix de mon point de vue et ce pour plusieurs raisons que je vous expose ci-après. Exception faite évidemment si l'on part du principe que le peuple n'est plus à même de décider et qu'il faut le faire pour lui avec ou sans son accord et ce, pour son propre bien ; on parlera alors de coup d'état ou de putsch et d’un régime autocratique. Pourquoi pas, ce peut-être un point de vue défendable. Après tout, des siècles se sont écoulés dans l'histoire de l'humanité avec des régimes autoritaires, des dictatures, des empires, certes tout n'était pas rose, mais pas à jeter non plus et ce type de régime aurait l’avantage de permettre des prises de décision et l’application de ces dernières de manière accélérée. Cela peut s'argumenter même si de nos jours le mot dictature a une connotation fortement négative.

 

La révolte en cas de reprise en main de la nation ?

 

Pour arriver aux objectifs de réduction du matraquage fiscal que beaucoup appellent de leurs vœux, il n'y a pas 36 solutions ; réduire les dépenses, faire des économies où cela est possible, revenir aux missions régaliennes d’un réel pouvoir Étatique et mettre de côté le superflu. Avec des buts tels la reprise d’une souveraineté permettant une liberté décisionnelle indispensable pour mener à bien ces réformes historiques, cela impliquerait un retrait de l'Union Européenne qui condamnerait assurément les évènements et prendrait fort probablement des sanctions. Revenir à l'équilibre budgétaire (combien d'années pour ce faire ?) en commençant déjà par inscrire dans la constitution (qu'il faudrait au passage revoir en profondeur) l'interdiction des budgets déficitaires, éliminer le statut de politicien en tant que "profession" allant avec ses rémunérations délirantes (vous n'allez pas vous faire des amis), et quand les caisses pourront se remplir (est-ce possible ? ...) diminuer le montant des impôts et taxes aussi innombrables soient-elles, selon les marges de manœuvre (sans craindre la réaction des marchés ? Vous seriez surpris de leur capacité de nuisance si vous ne le saviez pas déjà).

 

En cas de concrétisation de ce genre de projets, oui, la révolution ou un semblant de révolution pourrait bien avoir lieu, mais pas dans le sens auquel vous, qui prônez la révolution pour changer le système en ce sens, pourriez penser ; Elle serait encouragée à votre encontre, soutenue avec la bénédiction des "élites" politiques défaites et de tous ceux qui profitaient telles des sangsues de l’argent du contribuable. Inévitablement face aux mesures fortes qui seraient prises pour changer la donne, on assisterait à un déferlement de mécontentement se concrétisant par une descente massive dans les rues, inspiré et encouragé par les « profiteurs » du système renversé, aux beaux titres et belles fonctions, et où les saccages iraient de pair avec la folie des casseurs. On aurait dès lors l’entrée en action de ceux qui ont pris l'habitude de s'exprimer par la violence, les incendies et méprisant toute autorité ; anarchistes, groupuscules d'extrême gauche et plus largement la "plèbe mouton"... Allez leur faire comprendre que vous faites cela pour leur bien…(…) Il faudrait de fait faire preuve de fermeté exemplaire et restaurer l'ordre et l'autorité en réprimant les « rebelles » avec le maximum de forces afin de lancer un signal fort ; L'État, le vrai, centralisé, est de retour. En parallèle cela exige de nouvelles places de prisons pour la détention de tous les éléments menaçants car nous sommes déjà en surpopulation carcérale. Que ferez-vous des milliers de personnes arrêtées ? De nouvelles unités d'incarcération ne se construisent pas en un jour. En êtes-vous conscient et jusqu'où irait votre acceptabilité de l'usage de la violence pour réprimer la violence ? Voire de votre acceptabilité des « pertes humaines » ... En outre, le remplacement de population pour lequel les nouveaux arrivants n'ont rien à gagner d'un tel changement radical et dont nombre de ceux déjà établis se battront jusqu'au bout pour garantir leurs "droits" et leurs "intérêts", n'est pas à prendre à la légère. Ce type de conflit a un nom : une guerre civile.

 

Cela impliquerait de ne plus donner consignes aux forces de l'ordre de ne pas aller au contact et à l'interpellation, mais de répondre avec le maximum de force, de ne plus prendre de gants. On a déjà vu ce que ça donnait dans d'autres pays, cela laisse des traces et il y aura inévitablement des dégâts. C’est sans compter sur la forte probabilité des défections tant dans les rangs des policiers et gendarmes que dans les forces armées, pour peu qu’elles acceptent le nouveau pouvoir ce qui est déjà en soi loin d’être acquis. Ce serait de fait en soi un problème majeur à régler, d’autant que nombre de ces personnels pourraient devenir des taupes, des sources d’information pour le gouvernement renversé ou ses soutiens et qui manipuleraient une partie de la plèbe. Pire, ils pourraient être source de soutien logistique et de l’équipement en armes d’une partie des manifestants. On perçoit ici toute la problématique de ce genre de projet, et l’importance d’une préparation minutieuse afin de pouvoir être à même de faire face à toutes situations. Hors plus un projet est important, plus il y a des personnes d’impliquées, plus important est le risque de se faire prendre avant même le début des évènements.

 

Mais étant donné l'ampleur des mesures qu'il faudrait prendre et qui seront assurément historiques, et en prenant en compte les inévitables violences et dégâts collatéraux qui en découleraient, aucun politicien, à ma connaissance, n'accepterait d'en prendre le risque, du moins si on délaisse ce que certains appellent les extrêmes et encore, pas avec ceux qu’on connait aujourd’hui dans notre pays. Hors, croire qu’une partie du peuple qui entrerait dans une révolution violente et armée avec pour but final la prise du pouvoir serait à même de s’autogouverner est assez utopique. Certes l’histoire nous a montré de par le monde que quelques individus « meneurs » et compétents ont pu réussir et gérer la situation en prenant le contrôle total de leur pays. Mais ils n’étaient pas le boucher du coin ou le balayeur de rue, mais plutôt dans la majorité des cas, des officiers de l’armée ayant déjà une certaine expérience du conflit.

 

Pour l'heure, nous avons à faire face à des problèmes parallèles, émanant du peuple lui-même dans sa majorité :

- La passivité

- L'immobilisme

- L’égocentrisme

- La croyance qu’on ne peut changer la donne

- Une perte progressive du patriotisme et des valeurs

- Une dépendance au système qui est loin d'être négligeable

- La réfraction au changement quand bien même il est voulu...

- La complaisance de la situation exprimée par une inaction des masses

- La volonté de conserver des acquis quand bien même ces derniers contribuent à couler le pays

 

On ne conduit le peuple qu'en lui montrant un avenir : un chef est un marchand d'espérance.

Napoléon Bonaparte

 

Une vidéo dont la subversivité m’a fait sourire mais est très bien pensée :